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Casse de l’hôpital public : le cas d’école du CHAC, en Ariège
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Centre Hospitalier Ariège Couserans (CHAC) regroupe des services généralistes et psychiatriques. Les premiers sont assurés à Saint-Girons et couvrent environ le tiers du département. Pour ce qui est de la psychiatrie, le CHAC (à Saint-Lizier) et quelques Centres médico-psychologiques (CMP) sont censés couvrir les besoins de l’ensemble du département (155 000 habitants).
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Faisons un tour d’horizon. Les bâtiments du CHAC sont vétustes ; certains prennent l’eau et ne sont pas isolés : il peut faire moins de 10°C dans certains services. Le matériel médical est trop souvent obsolète. Il y a près d’un an, la CGT de l’établissement soulignait que le personnel n’avait plus confiance dans sa direction, dont les méthodes de management étaient très contestées. La CGT concluait que les conditions de travail, de manière générale, poussaient les soignants vers la sortie.
Les remaniements, à la tête de l’hôpital, ne semblent pas avoir amélioré la situation. En ce qui concerne sa direction, l’hôpital fait désormais dans le minimalisme : après avoir été placé sous la tutelle d’une administration provisoire, il est aujourd’hui doté d’une directrice intérimaire, qui n’est présente qu’un jour par semaine.
Pénuries
Le CHAC a subi de plein fouet toutes les politiques de casse sociale des précédents gouvernements. En avril dernier, la mise en œuvre de la « loi Rist » a planté un nouveau clou dans le cercueil de l’hôpital. Cette loi plafonne les indemnités des médecins intérimaires qui interviennent dans le secteur public. Résultat : des médecins quittent leur hôpital, où ils estiment n’être pas assez payés. Un communiqué récent de la CGT précise : « avant cette catastrophe annoncée, la situation n’était guère meilleure... ». Au CHAC, la loi Rist ne fait qu’aggraver une pénurie de soignants déjà ancienne – et donc une diminution de l’offre de soin.
Ces dernières années, plusieurs dizaines de lits ont été fermés pendant plusieurs mois, voire plusieurs années : un tiers des lits en réanimation, un quart des lits en neurologie… La capacité d’accueil, dans ces services, a diminué d’autant. Les urgences sont périodiquement fermées – on dit pudiquement qu’elles sont « filtrées » – de manière aléatoire, sans en informer correctement la population. La maternité ne tient qu’à un fil, pour la simple raison qu’elle n’accueille en moyenne que 180 accouchements par an. Or, officiellement, pour qu’une maternité soit « rentable » (mais oui !), elle doit enregistrer un millier d’accouchements annuels.
Trois fois moins de psychiatres
On pourrait malheureusement continuer pendant longtemps d’énumérer les problèmes auxquels sont confrontés les soignants – et donc les patients – du CHAC. Nous évoquerons seulement le service de psychiatrie. Dans toute la santé publique en Ariège, il n’y a plus que sept psychiatres et pédopsychiatres ! On en comptait trois fois plus jusqu’en avril dernier : leur départ est une conséquence directe de la loi Rist.
Seul hôpital psychiatrique du département, le CHAC doit assurer un service continu. Mais avec seulement sept psychiatres dans tout le département, pour habiller le CHAC, il faut souvent dépouiller un des Centres médico-psychologiques.
L’offre de soin a été revue à la baisse, forcément. Les urgences psychiatriques sont fermées définitivement depuis le 23 juin dernier. Au CHAC, la mission de la psychiatrie est réduite à l’objectif de « sécuriser » le patient, et non de le soigner ou de travailler à sa réinsertion… Enfin, alors qu’un nombre croissant de jeunes souffrent de troubles psychiques, les jeunes Ariégeois qui sont confrontés à ces troubles sont souvent envoyés à Toulouse – où la psychiatrie se porte à peine mieux.
La situation du CHAC n’a rien d’un cas isolé, et on imagine bien les conséquences dramatiques d’une psychiatrie en tension. Le 22 mai dernier, une infirmière du CHU de Reims était mortellement poignardée par un patient du service psychiatrique de l’hôpital. Pendant que la presse bourgeoise, toujours avide de sensations fortes, nous jouait la partition des « fous en cavale », les soignants savaient bien que ces drames découlent en premier lieu du manque de moyens alloués à la psychiatrie. Pour preuve, la réaction de ces centaines de soignants qui, le matin du 23 mai, se rassemblaient devant l’ARS de Nantes pour demander l’embauche de personnel et l’ouverture de lits.
En exigeant des politiques d’austérité drastiques, la classe dirigeante mène l’ensemble de la santé publique à la ruine. En attaquant quotidiennement les conditions de vie, d’études et de travail de millions de personnes, elle aggrave aussi la détresse psychologique des plus fragiles, maltraite leur santé mentale. Seul un système de santé libéré des logiques de profit, placé sous le contrôle démocratique de la population, permettra aux patients en psychiatrie d’être véritablement accompagnés à la hauteur de leurs besoins.




