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Madagascar : une élection sous tension
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Madagascar : une élection sous tension | L’Anticapitaliste (lanticapitaliste.org)

Une élection avec des offres politiques identiques et un climat répressif empêche tout débat sur le bilan désastreux du pouvoir sortant.
L’élection présidentielle doit se dérouler le 16 novembre 2023 pour le premier tour et éventuellement le 20 décembre s’il y a un second tour. Andry Rajoelina, le président sortant, fait partie des treize candidats.
Turpitude du pouvoir
Aucun des candidats n’est issu des luttes populaires ou des nombreuses organisations militantes de la société civile. Si cette élection se déroule dans un entre-soi de l’élite malgache, l’ambiance reste cependant particulièrement tendue par plusieurs affaires.
Parmi elles, on peut évoquer la remise en cause de la nationalité de Rajoelina. La loi prévoit la perte de la nationalité malgache pour tout ressortissant qui en obtient une autre à sa demande. C’est le cas de Rajoelina qui a bénéficié de la nationalité française en 2014. D’autant plus gênant pour lui qu’il se pare d’une image nationaliste dans le différend avec la France. Il a exigé — à juste titre — la restitution des îles Éparses sans mener pour autant une vraie bataille politique et diplomatique. L’acquisition d’un logiciel de surveillance français le « Predator », vendu à l’époque par la société Nexa, a été utilisé contre les opposantEs. Il a permis d’emprisonner journalistes, lanceurs d’alerte ou opposantEs. Autre affaire, la démission forcée du président du Sénat l’empêchant de remplacer le président de la République pendant la période électorale. Cette fonction a été confiée au gouvernement, accentuant la crainte d’organisation de fraudes électorales massives.
Corruption et libéralisme
Onze candidats ont décidé de refuser de mener la campagne électorale en signe de protestation contre les atteintes aux libertés. En effet, les manifestations et les rassemblements autres que ceux de Rajoelina sont interdits et férocement réprimés.
Le régime est aussi éclaboussé par les affaires de corruption. Ainsi Romy Voos Andrianarisoa, directrice du cabinet de Rajoelina, a été arrêtée à Londres alors qu’elle s’apprêtait à négocier des pots-de-vin d’un montant de 260 000 euros et une participation de 5 % dans la société Gemfields, spécialisée dans l’extraction des pierres précieuses. Son proche collaborateur, un Français, a lui aussi été incarcéré. Il n’est d’ailleurs pas le seul de l’hexagone à grenouiller dans le cercle du pouvoir. Certains sont en charge de la communication de la présidence ou du « Plan Émergence Madagascar » qui consiste essentiellement en de grands travaux dont l’utilité est discutable, comme la création de villes nouvelles.
En 2018, Rajoelina promettait l’éducation pour tous les enfants, l’accès aux soins pour les populations et des emplois décents. Le bilan de son mandat est accablant. D’après les statistiques de la Banque mondiale, la pauvreté a progressé de 81 % en 2022, et les inégalités sociales se sont fortement accentuées. Les populations connaissent des coupures d’eau et d’électricité qui sont plus nombreuses et qui durent plus longtemps.




