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Menu de 2014: l'austérité sans fin
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Le gouvernement assure qu’il n’a pas oublié ses promesses de campagne, lorsqu’il dénonçait les approches purement comptables et les coupes budgétaires aveugles. « Cet effort portera principalement sur les dépenses hors masse salariale, car nous avons pris l’engagement de stabiliser les effectifs de l’État. Il ne sera pas assuré par des mesures uniformes, mais reposera sur la mise en œuvre d’ambitieuses réformes structurelles sur les dépenses de chaque ministère et de ses agences. Le Premier ministre demande à chaque ministre de veiller personnellement à la mise en place de ces réformes, qui s’appuieront sur la démarche de modernisation de l’action publique lancée fin 2012 », explique Matignon dans un communiqué.
En théorie, il s’agit donc pour le gouvernement d’entreprendre une véritable remise à plat de son fonctionnement et de ses pratiques, afin de dégager des ressources supplémentaires pour financer le social. En pratique, cela risque d’être comme d’habitude : une politique de comptable. En dehors de la masse salariale et des retraites, l’État veut trouver 5 % d’économies sur les 100 milliards de dépenses du budget général. L’effort est historique.
Les économistes, y compris du FMI, ont mis en garde les États européens sur les effets dévastateurs que pouvaient avoir les réductions des dépenses publiques en période de récession. Les effets récessifs seront limités, affirme le gouvernement car la situation économique, selon lui, « devrait être meilleure en 2014 ».
Pressé de donner des gages à la commission européenne, le gouvernement a choisi, de toute façon, d’ignorer les avertissements. À défaut de ne pouvoir respecter le dogme des 3 % en 2013, il promet, contre un allégement partiel de cette règle cette année, de faire disparaître tout déficit à l’horizon 2017. Depuis, c’est la foire aux mesures de rigueur. Bercy sort en vrac de ses tiroirs les vieux projets. Tout y passe, de la hausse de la fiscalité sur le diesel, en passant par la suppression de la demi-part pour les étudiants majeurs. Tout cela donne une impression d’improvisation et de panique, d’absence totale de vision, renforçant la défiance des Français, au risque d’accentuer la récession en cours.
Pilotage automatique
« Je veux rassurer les Français : il n'y a rien qui va les frapper davantage ou demander davantage d'efforts dans le secteur public en 2013 », a déclaré vendredi le ministre des finances Pierre Moscovici, avant de promettre un « budget juste et équilibré » pour 2014. Pourtant, même s’il multiplie les déclarations sur la nécessité de ne pas ajouter « l’austérité à la récession », c’est bien vers l’austérité sans fin que se dirige la France. Sécurité sociale, allocations chômage, retraite, tout est appelé à passer sous la toise de la rigueur, dès cette année. Sans parler d’une inévitable hausse de la fiscalité, le pacte de compétitivité emploi de 20 milliards d’euros n'étant toujours pas financé.
Le chantier des retraites est déjà ouvert. Les partenaires sociaux n’ont pas réussi jeudi 7 mars à trouver un accord sur la réforme des retraites complémentaires – Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés). Les syndicats avaient accepté le principe d’une désindexation des retraites et d’une hausse des cotisations pour renflouer les régimes complémentaires en déficit. Mais le Medef a campé derechef sur son intransigeance. Au lieu d’une désindexation pendant deux ans, il a exigé au moins trois ans. De même, il a refusé que les hausses de cotisations soient accompagnées de nouveaux droits, sauf si l’âge de départ à la retraite était « significativement retardé ». Jugeant ces conditions inacceptables, les syndicats ont refusé d’entériner l’accord.
Même si le principe de la désindexation des retraites n’est pas entériné par les partenaires sociaux, il est déjà quasiment acquis au gouvernement. Officiellement, celui-ci attend le verdict des experts sur la réforme des retraites pour se prononcer. Mais le ministre du budget, Jérôme Cahuzac, a déjà livré son analyse sur le sujet : « Un accord de ce type des partenaires sociaux sur les retraites complémentaires serait un élément d'appréciation très important. On ne pourra pas ne pas en tenir compte », a-t-il estimé dans un entretien aux Échos en janvier.
Le reste des « réformes » viendra plus tard. Car elles viendront et seront de la même mouture qu’en Espagne ou en Italie. Sans discuter, le gouvernement français a en effet opté pour un alignement sans conditions sur « le pilotage automatique », selon la formule de Mario Monti, de la politique budgétaire dessinée par l’Europe, qui impose, quelles que soient la couleur du gouvernement ou les circonstances, les mêmes préceptes. Avec le succès que l’on sait.
Sans surprise, le ministère du budget a ainsi annoncé vendredi que le déficit de l’État s’était creusé de 300 millions d’euros fin janvier, pour s’établir à 12,8 milliards d’euros, par rapport à l'an dernier. Même si les dépenses ont été strictement contrôlées, les rentrées fiscales, elles, n’ont pas été à la hauteur prévue. En dépit de la hausse des prélèvements, celles-ci ont reculé du fait de la baisse de 4,4 % des rentrées de la TVA, liée à la chute de la consommation. Les déboires ne font que commencer. La spirale infernale, trop connue, de la récession et de l’austérité, est enclenchée.




