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D’un "front républicain" à l’autre
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Révolution : Tendance marxiste internationale
Selon des journalistes du Monde, Macron mijoterait un « rendez-vous avec la nation », courant janvier. Il aurait précisé avoir l’intention de « rappeler la France à elle-même » et « à ce qu’elle est ». Ce charabia nationaliste annonce peut-être une nouvelle et officielle flambée de propagande raciste.
Une chose est sûre : en décembre dernier, Macron avait « rendez-vous » avec le programme de Marine Le Pen, qui a atterri dans la « loi immigration » votée par une grande majorité des députés macronistes.
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Tromperie
Le vote de cette loi raciste et xénophobe a suscité de pathétiques lamentations chez les dirigeants du PS, du PCF et des Verts qui avaient exhorté l’électorat de gauche à voter Macron, le 24 avril 2022, au nom d’un « front républicain contre le RN ». Par exemple, le sénateur Patrick Kanner (PS) déclarait, le 19 décembre : « Je ne comprends pas comment des collègues républicains ont fait tomber la digue d’un front républicain anti-RN ».
C’est pourtant simple : la « digue » en question n’existe pas et n’a jamais existé. Le « front républicain anti-RN » est une tromperie. Il consiste à demander aux travailleurs de soutenir un parti bourgeois (Renaissance) contre un autre parti bourgeois (le RN), alors que les deux défendent fermement les intérêts de la même classe sociale : le grand patronat.
Pour convaincre les travailleurs de soutenir Macron « contre Le Pen », les Kanner, Roussel et compagnie inventent des différences « fondamentales » – de « valeurs », de « principes », etc. – entre Renaissance et le RN. Pendant ce temps, dans le monde réel, la profonde crise du capitalisme pousse la classe dirigeante et tous les partis bourgeois à intensifier leur propagande raciste et islamophobe, dans l’objectif de diviser la classe ouvrière et de détourner ses regards des véritables responsables de la misère croissante : les capitalistes et leur système.
La « loi immigration » n’est qu’une expression législative de cette vaste machinerie raciste qui tourne de plus en plus vite, en France. Dans les grands médias, les politiciens, journalistes et autres « experts » nous jouent sans cesse des variations sur un même thème : « tous les problèmes viennent des immigrés et des musulmans ». Nous suggérons à monsieur Kanner d’allumer sa télévision et d’écouter les débats sur CNews et BFMTV : il pourra constater que l’ambiance n’y est pas au « front républicain contre le RN » !
Le « front » anti-Mélenchon
Cependant, un autre « front républicain » est en train de se constituer, ou plutôt de s’intensifier. Il est dirigé contre Jean-Luc Mélenchon et ses camarades. C’est désormais la FI – et non plus le RN – qui constituerait le plus grave « danger pour la République ».
Qu’est-ce qui est reproché au fondateur de la FI ? Son refus de rallier la meute qui soutient le massacre des Gazaouis. A la différence de Fabien Roussel, Mélenchon refuse aussi – chose impardonnable ! – de mettre sur le même plan l’attaque du Hamas, le 7 octobre dernier, et la réponse de l’Etat israélien. Bref : Mélenchon est coupable de soutenir le peuple palestinien contre son oppresseur. En conséquence, la bonne société le proclame « antisémite ». Sur les plateaux de télévision, « l’antisémitisme de Mélenchon » est une évidence du même ordre que la rotation de la Terre autour du Soleil.
Un député macroniste, Karl Olive, propose même que Mélenchon soit « fiché S ». A notre avis c’est un peu superflu, car en un sens Mélenchon est déjà « fiché S » – le « S » signifiant, pour rappel, que l’individu concerné représente un danger potentiel pour la « Sûreté de l’Etat ». Or n’est-ce pas ce dont Mélenchon est accusé, en permanence, par le gouvernement et les diverses composantes de ce nouveau « front républicain » ?
Pour un front de classe !
Révolution est une organisation marxiste, c’est-à-dire communiste et révolutionnaire. Nous critiquons régulièrement les illusions réformistes de Mélenchon et de ses camarades. Mais dans le contexte que nous venons de décrire, notre devoir est aussi de défendre la FI contre la horde réactionnaire qui, à travers Mélenchon et ses camarades, visent l’ensemble du mouvement ouvrier.
Scandaleusement, les dirigeants du reste de « la gauche » ont pris place, à leur manière, dans le « front républicain » contre Mélenchon. Au lieu de le soutenir face à la droite et l’extrême droite, les dirigeants du PCF, du PS et des Verts hurlent avec les loups. Même Sophie Binet, de la CGT, a cru bon de défendre l’archi-macroniste Ruth Elkrief contre un « tweet » de Mélenchon. C’était sa façon à elle d’envoyer un clin d’œil complice à la classe dirigeante.
Les militants de l’ensemble de la gauche et du mouvement syndical doivent réagir ! L’heure est à la mobilisation – avec la France insoumise – contre la politique réactionnaire du gouvernement, et notamment contre la scandaleuse « loi immigration ». Un « front » de classe doit se constituer pour mobiliser la jeunesse et les travailleurs contre cette loi.
A l’heure où les immigrés sont accusés de tous les maux, il est grand temps de rappeler que sans eux, sans leur travail quotidien dans des conditions souvent très pénibles, l’économie française serait immédiatement paralysée. En octobre dernier, les travailleurs sans-papiers qui ont fait grève sur un chantier des Jeux Olympiques, en région parisienne, l’ont magnifiquement rappelé – et ont eu gain de cause en 24 heures.
Ces travailleurs ont montré la voie à suivre à l’échelle nationale. Toutes les organisations politiques, syndicales et associatives de notre classe doivent mettre à l’ordre du jour un puissant mouvement de grèves impliquant des travailleurs français et immigrés dans une lutte commune contre la « loi immigration » et pour la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers.
Pour commencer, des secteurs clés pourraient être ciblés – et notamment les chantiers des Jeux Olympiques, compte tenu de l’énorme enjeu qu’ils constituent pour les grandes multinationales françaises. En matérialisant dans une lutte commune la solidarité de classe de tous les travailleurs de notre pays, un tel mouvement constituerait un énorme pas en avant dans la lutte pour en finir avec le gouvernement Macron et l’extrême droite.




