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Pays Bas : alliance gouvernementale entre la droite et l’extrême-droite
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Aux Pays-Bas, un nouveau gouvernement anti-immigration | Les Echos
Un accord de coalition a enfin été annoncé mercredi, près de six mois après la victoire surprise du parti d'extrême droite de Geert Wilders. Immigration, fiscalité, environnement… les principales mesures prévoient un virage à droite.

Les Pays-Bas se dotent du gouvernement le plus à droite de leur histoire. Près de six mois après la victoire surprise du parti d'extrême droite PVV aux législatives, son dirigeant Geert Wilders a annoncé qu'un accord de gouvernement avait été trouvé mercredi soir et finalisé ce jeudi matin.
Les négociations ont été longues et difficiles entre les quatre partis de la droite néerlandaise formant la nouvelle coalition : le PVV (extrême droite) de Wilders, le VVD (centre droit) du Premier ministre sortant Mark Rutte, qui a quitté la vie politique pour briguer le poste de secrétaire général de l'Otan , le NSC (centriste) et le parti pro-agriculteurs BBB.
Une coalition hétéroclite
Une coalition hétéroclite qui a abouti à un accord a minima. « En général, les accords de gouvernement font plus d'une centaine de pages et décrivent en détail les politiques prévues pour les quatre prochaines années, explique Sam van der Staak, directeur du programme Europe pour le think tank International Idea. Mais ce texte de 26 pages est plutôt une liste basique de principes fondamentaux sur lesquels les quatre partis se sont entendus. »
Le premier principe, par lequel le PVV - qui fait pour la première fois partie d'un gouvernement - entend imprimer sa marque : restreindre l'immigration. « Des dispositions concrètes seront prises pour aller vers les règles les plus strictes jamais adoptées en matière d'asile, et un paquet de mesures le plus large jamais pris pour contrôler les migrations », stipule l'accord.
« Nous essaierons d'obtenir ce que l'on appelle une opt-out [dérogation aux règles européennes, NDLR] pour l'asile, comme l'ont fait les Danois », a précisé Geert Wilders à l'AFP, tout en reconnaissant que « cela pourrait prendre des années ».
Retour en arrière sur l'azote
Sur le plan économique, la coalition s'est entendue sur l'annulation d'une taxe de 15 % sur les rachats d'action qui aurait dû entrer en vigueur l'année prochaine. Le nouveau gouvernement prévoit aussi la construction de non plus deux, mais quatre centrales nucléaires supplémentaires.
Sur le sujet sensible des émissions d'azote, qui avait provoqué une fronde des agriculteurs, le parti rural BBB a obtenu un retour en arrière sur les mesures prises par le précédent gouvernement. Celles-ci devaient diminuer la pollution à l'azote par le biais notamment d'une baisse drastique du nombre d'exploitations.
En matière de politique étrangère, les Ukrainiens peuvent être soulagés : le texte les assure d'un soutien « politique, militaire, financier et moral » de La Haye, malgré les réserves de Geert Wilders sur le sujet. La nouvelle coalition se prononce par ailleurs contre un nouvel élargissement de l'Union européenne et prévoit de diminuer la contribution néerlandaise au budget européen de 1,6 milliard d'euros. Enfin, l'accord prévoit la possibilité de transférer l'ambassade néerlandaise en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem.
Ronald Plasterk pressenti comme Premier ministre
L'accord soulève de nombreuses questions, souligne Sam van der Staak. « Comment certaines mesures vont-elles être financées ? Cette coalition mènera-t-elle une politique cohérente ? Combien de temps va-t-elle durer ? Et comment l'Union européenne va-t-elle réagir si les Pays-Bas ferment leurs frontières aux immigrants et renoncent à leur objectif de diminution de la pollution à l'azote ? »
Une autre inconnue subsistait ce jeudi : qui sera le principal visage de ce nouveau gouvernement ? Geert Wilders avait renoncé au poste de Premier ministre en mars dernier pour faire avancer les négociations . D'après les médias néerlandais, il pourrait s'agir de Ronald Plasterk. Ce microbiologiste de 67 ans a occupé les postes de ministre de l'Enseignement entre 2007 et 2010, puis de l'Intérieur de 2012 à 2017. Issu du parti de gauche PvdA, il a exprimé des positions de plus en plus proches de celles de Geert Wilders ces dernières années.




