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Chypre : le Parlement rejette la taxation des dépôts bancaires
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le Parlement chypriote a rejeté mardi soir le projet de loi instituant une taxation des dépôts bancaires par une large majorité de 36 voix et 19 abstentions. Trois jours après l'accord conclu à Bruxelles par les ministres des Finances de la zone euro, supposé sauver l'économie chypriote de la faillite, la situation s'enlise donc et le débat s'envenime entre Nicosie d'un côté, les Européens et les Russes, de l'autre. Le Parlement chypriote s'est réuni mardi en fin d'après-midi pour débattre du projet de loi un peu modifié par rapport aux termes de l'accord conclu à Bruxelles.
Pour calmer la colère de sa population, outrée de se voir « confisquer » sans préavis une partie de son épargne, le gouvernement avait décidé d'exonérer de taxe les dépôts bancaires inférieurs à 20.000 euros. Au-delà et jusqu'à 100.000 euros, les dépôts étaient taxés, comme prévu dans la proposition initiale, à 6,75 %, et à 9,9 % au-delà. Le texte n'avait aucune chance d'être adopté par les députés. Le président Anastasiades lui-même ne se faisait aucune illusion puisque son propre parti, DYSI, avait décidé de s'abstenir.... Officiellement, ce lâchage politique viserait en fait à « renforcer la position de la République de Chypre pendant les négociations », selon un élu de la majorité.
Les partenaires européens de Chypre auraient préféré que les épargnants soient totalement exonérés jusqu'à 100.000 euros, pour afficher plus de cohérence avec leur engagement à garantir cette somme pour les épargnants en cas de faillite.
Ils l'auraient même dit à Nicos Anastasiades dès vendredi soir, à Bruxelles, mais ce dernier ne les aurait pas écoutés. Le président chypriote Anastasiades veut en effet ménager l'avenir de sa place financière et les premières réactions du gouvernement russe lui ont fait réaliser que Moscou est doublement furieux : du traitement infligé aux riches épargnants russes tout d'abord, même si les sommes en jeu -2 à 3 milliards d'euros sont évoqués -restent modestes, mais surtout de ne pas avoir été consultés par l'eurogroupe avant qu'il prenne la décision de taxer les déposants étrangers à Chypre.
Du coup, Nicosie n'a plus rien à attendre désormais de la générosité russe. Les discussions que mène depuis mardi le ministre chypriote des Finances, Michael Sarris, pour rééchelonner le prêt de 2,5 milliards d'euros accordé à Moscou fin 2011 s'annoncent plus compliquées que prévu. D'autant que le ministre Sarris était annoncé démissionnaire, le président chypriote lui reprochant d'avoir mal négocié face à ses partenaires.
Si les élus chypriotes rejettent le projet de taxation des dépôts bancaires destinés à financer la recapitalisation de ces banques, le pays devra trouver une solution alternative pour lever 5,8 milliards d'euros. La directrice du FMI, Christine Lagarde, et le ministre allemand des Finances ont été très nets : il n'y a pas de plan B du côté européen. Sans les ressources exigées, les banques chypriotes en difficulté seront menacées de faillite. Pour bien enfoncer le clou et montrer sa détermination à faire payer ceux qui ont profiter des avantages du système bancaire chypriote, Wolfgang Schäuble a indiqué, dans une interview à la radio Deutchlandfunk, que « quiconque investit son argent dans des pays où il paye moins d'impôts assume le risque quand les banques de ce pays ne sont plus solvables, c'est une évidence. »




