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Ni Dieu, ni James C. Scott : retours sur une pensée vivante
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Pourquoi certaines sociétés sont-elles devenues "oppressives" alors que d'autres ont cherché à vivre sans l'État, voire à s'opposer à lui ? Ce matin, nous rendons hommage à James C. Scott, l’éminent ethnologue américain qui a remis en question les grands récits dominants de notre époque.
- Jean-Paul Demoule Archéologue, préhistorien français, professeur émérite de protohistoire européenne à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, membre honoraire de l'Institut universitaire de France et ancien président de l'Inrap.
- Sylvaine Bulle Sociologue, chercheuse à l'EHESS et professeure de sociologie à l'ENSA de Paris Cité
Comment comprendre, saisir l'émergence des États, de leurs actions, et de leurs pouvoirs ? Peut-on vivre sans être gouverné par eux et contourner leur influence ? Autant de questions d'actualité que se posait déjà l'anthropologue et ethnologue américain James C. Scott.
Afin de lui rendre hommage, Jean-Paul Demoule, archéologue, préhistorien français, professeur émérite de protohistoire européenne à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, auteur de “Homo migrans : Une histoire globale des migrations”, éd. Payot et Sylvaine Bulle, sociologue, chercheuse à l'EHESS et professeure de sociologie à l'ENSA de Paris Cité, autrice du chapitre “James C. Scott et la théorie politique des sociétés non gouvernées” dans l’ouvrage collectif “Repenser l’État au XXIe siècle. Libertaires et penseurs critiques”, Séminaire Etape, Lyon Atelier de création libertaire, reviennent sur les grandes idées et les grands legs de l'anthropologue.
L'État, une anomalie ?
De la domestication des sols et des animaux découle la création des États. Pour James C. Scott, l'explication ne s'arrêtait pas là. Jean-Paul Demoule explicite sa pensée : "L'agriculture, c'est ce qui a tout changé dans la trajectoire humaine. Elle a parlé de différents points du monde. À la fin de la dernière glaciation ça crée une bombe démographique avec la sédentarité et une nourriture sécurisée. Alors que les chasseurs-cueilleurs ont un enfant, tous les 3-4 ans, les agriculteurs traditionnels ont un enfant tous les ans. Donc c'est cette bombe démographique qui va entraîner ensuite des sociétés plus nombreuses et également de plus en plus conflictuelles."
Cette vision, à contre-courant, remet en question la notion de progrès. Il poursuit :
"On imagine la trajectoire de l'humanité comme une espèce de pente accumulant les progrès, qui était la vision dite évolutionniste qu'on avait au XIXe siècle et qu'on a eue plus jusque dans les années 50. Mais en fait, on s'aperçoit, y compris par l'archéologie, que l'agriculture n'est pas forcément un progrès au début, parce que les humains se sédentarisent, donc on invente le confinement, on n'est plus nomades, on est concentrés dans des villages, à l'intérieur de maisons. Et donc on se rassemble avec les animaux, c'est là qu'apparaissent les maladies, qui ont toujours existé, mais chez des groupes nomades, ça n'avait pas de conséquence."
Une pensée de la résistance
"Scott travaille sur la domination et sur les formes d'insurrection dans le dos de l'État et pas contre l'État," explique Sylvaine Bulle. "C'est ce qu'il appelle l'infrapolitique, ou aussi art de la résistance,
c'est finalement contourner toutes les formes de dénomination d'autorité et d'étatisme en créant ses propres conduites, ses propres normes, sa propre autonomie."
Un discours qui raisonne avec les actualités récentes. Comme le définit Jean-Paul Demoule, ce représentant de l'anthropologie anarchiste laisse derrière lui une pensée originale de la résistance à la domination.




