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Afrique : Hausse des températures… et des conflits
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https://lanticapitaliste.org/actualite/international/afrique-hausse-des-temperatures-et-des-conflits
Parmi les nombreuses conséquences du changement climatique, figurent l’aggravation des hostilités actuelles et de nouvelles dégradations environnementales liées à « l’industrie verte » des pays industrialisés.

D’un côté des pluies torrentielles provoquant des inondations au Mali, Burkina Faso, Tchad ou Nigeria, de l’autre la sécheresse frappant les pays d’Afrique de l’Est et australe. Les conséquences du réchauffement climatique, si elles sont diverses, occasionnent de nombreuses victimes et contribuent à détériorer une situation sécuritaire déjà instable. C’est ce que souligne notamment le rapport « Évaluation des risques liés à la sécurité climatique en Afrique » commandé par l’Union Africaine.
Rivalités entre communautés
Il confirme ce que l’on savait intuitivement. Les changements climatiques exacerbent les dissensions existantes, notamment pour l’accès aux ressources qui se font de plus en plus rares — c’est le cas pour l’eau — ou dégradés par la désertification ou l’acidité des sols. Ainsi les affrontements entre agriculteurEs et pasteurEs autour des terres et des points d’eau augmentent en violence. Mais de nouveaux antagonismes apparaissent aussi avec les pêcheurs.
L’utilisation à outrance du potentiel hydrique pour les activités industrielles au détriment des populations prend une plus grande ampleur. Comme par exemple avec le pompage des nappes phréatiques par les mines d’uranium exploitées par la société française Orano (ex-Areva) au Niger. Les antagonismes apparaissent à l’intérieur même des communautés. Le vol de bétail traditionnel avait des conséquences économiques très marginales. Il s’agissait de quelques têtes de bétail. Aujourd’hui, les vols sont à grande échelle, pouvant entraîner une profonde modification de la façon de vivre dans les campagnes, comme à Madagascar.
Opportunité pour les groupes armés
Autre conséquence de la raréfaction des ressources, le déplacement des populations vers les villes. Ainsi l’Afrique connaît un mouvement d’urbanisation des plus importants. Les municipalités n’y sont pas préparées et n’ont pas les moyens d’accueillir ces nouveaux et nouvelles arrivantEs. Ils et elles se retrouvent dans des conditions d’habitat indignes et de grande pauvreté. Une situation qui engendre la formation de gangs souvent formés par des très jeunes qui n’ont pas d’autres perspectives que la violence.
Si ces catastrophes climatiques mettent en relief les incuries de l’État, elles sont exploitées par les politiciens locaux qui accentuent les divisions entre communautés. Un terrain propice pour les groupes armés qui dans certains cas pallient les carences des États. Ainsi en Somalie le groupe djihadiste Al-Shabaab a apporté une aide financière et humanitaire aux populations victimes de la sécheresse, renforçant ainsi leur base sociale. Dans le centre du Mali, la Katiba Macina, affiliée à Al-Qaïda, s’est substituée à l’État en instaurant une justice efficace permettant de régler notamment les conflits entre agriculteurEs et éleveurEs.
Compétition entre États
Le changement climatique a des répercussions négatives sur les relations entre les communautés et également entre les États. Ainsi, la gestion des réserves en eau est source de conflictualité. Le Grand Barrage de la Renaissance, construit en amont du Nil par l’Éthiopie pour la production hydroélectrique et l’irrigation des cultures, impacte négativement l’Égypte et le Soudan. Pour le bassin du fleuve Zambèze, des tensions existent entre les huit pays riverains d’Afrique australe.
Le dérèglement du climat pousse les principaux pays industriels du Nord global à favoriser des marchandises à émission de gaz à effet de serre faible ou nul comme les voitures électriques. Les conséquences sont importantes et néfastes pour les pays africains dont les sous-sols regorgent de minerais nécessaires à ces productions. Des effets indirects de la crise climatique mais bien concrets pour les populations expulsées de leur terre ou victimes d’une dégradation environnementale préjudiciable à leurs sources de revenus ou leur santé. Une problématique qui est malheureusement relativisée dans les mobilisations écologiques des pays occidentaux.
Paul Martial




