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Palestine : Face au génocide, nous pouvons toutes et tous agir !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le 5 décembre, Amnesty International publiait les résultats de son enquête de plusieurs mois intitulée « On a l’impression d’être des sous-humains. Le génocide des Palestiniens et Palestiniennes commis par Israël à Gaza ». 300 pages qui documentent les crimes et les horreurs commises par l’État d’Israël.

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, commente ainsi le rapport : « Nos conclusions accablantes doivent sonner comme un signal d’alarme pour la communauté internationale : il s’agit d’un génocide, qui doit cesser immédiatement. 1»
Pendant ce temps-là, les impérialismes continuent à pousser leur agenda : préserver par tous les moyens l’État d’Israël. Car, comme le déclare Emmanuel Macron, à travers la conférence prévue avec l’Arabie saoudite en juin 2025 sur la « solution à deux États », l’objectif est de créer « un mouvement de reconnaissance en faveur d’Israël qui permettra aussi d’apporter des réponses en termes de sécurité pour Israël » (sic). Au mépris des droits des PalestinienNEs.
Arrêt du génocide ? Retour des réfugiés ? Apartheid ? Colonisation ? Rien de tout ça dans leurs projets. Ce sont pourtant les droits de toustes les PalestinienNEs, donc la justice, qui doivent être le point de départ de toutes les discussions. C’est exactement ce que fait la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions).
Faire cesser les activités des entreprises en Israël
C’est un premier élément de son efficacité : sa simplicité ! En posant au centre du mouvement de solidarité l’exigence de justice pour toustes les PalestinienNEs : réfugiéEs, coloniséEs et PalestinienNEs de 1948, la campagne BDS ne pose pas comme préalable de trancher l’arrangement institutionnel permettant la réalisation de leurs droits. Ensuite, elle permet, là aussi simplement, d’inscrire une action individuelle dans la construction d’un rapport de forces collectif. La méthode des campagnes ciblées a, jusque-là, été relativement efficace : Orange, Veolia, Puma, etc. La liste est longue des entreprises qui ont cessé leurs activités en Israël.
Actuellement les cibles principales sont Carrefour et la BNP. Les journées nationales – le 14 décembre contre Carrefour – sont des leviers pour décliner des actions localement. Ces campagnes peuvent également être ramifiées à différentes échelles en démultipliant les lieux et les modalités d’action : si je ne veux pas de la BNP comme banque, je ne la veux pas non plus pour ma boite, mon bahut, ma fac ou mon institut de recherche ! Il est, par exemple, partout possible de discuter, informer, faire voter des motions en conseil d’administration pour changer de banque… Idem avec Hewlett-Packard (HP). C’est le moyen de faire exister et de légitimer une parole de solidarité sur les lieux de travail et d’études.
Plus largement, on pourrait imaginer que dans chaque endroit où il y a un Carrefour ou une BNP, il y ait un comité d’action (quel que soit son nom). Ajoutons que la campagne contre la BNP porte une dynamique unitaire qui permet de poser facilement la question de l’investissement de sa section ou fédération syndicale.
Renforcer la campagne de boycott
L’efficacité de BDS pourrait être décuplée si le mouvement de solidarité arrivait à s’implanter durablement sur les facs et les instituts de recherche. C’est d’ailleurs la même chose pour la campagne Stop Arming Israël qui, bien que différente, permet d’afficher les États et les entreprises qui produisent du matériel d’armement.
En effet, les institutions universitaires (et culturelles) israéliennes « forment une vitrine dans la laquelle Israël présente d’elle-même une image démocratique, libérale et critique »2. Elles élaborent la mythologie qui soutient le discours sioniste (auto-défense et sécurité, « droit historique » des Juifs sur la Palestine, etc.) et participent des différents types de washing auquel se livre Israël (pink, green, academic, cultural, sport, etc.). Le boycott académique par la rupture des accords de collaboration s’attaque donc au cœur de la propagande sur l’image (de marque) israélienne. La répression de la mobilisation sur les campus montre à quel point les soutiens de l’État d’Israël perçoivent la menace.
Nôtre tâche doit être de renforcer et développer la dynamique du boycott partout. Nous avons plus que jamais besoin de davantage de BDS !
William Daunora
- 1. Amnesty International, La population palestinienne de Gaza victime d’un génocide, 5 décembre 2024, https://www.amnesty.fr/a…
- 2. Eyal Sivan et Armelle Laborie, Un boycott légitime. Pour le BDS universitaire et culturel de l’Etat d’Israël, La Fabrique éditions, 2016, p. 16.




