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Le cyclone Chido et la responsabilité de l’impérialisme français
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le cyclone Chido et la responsabilité de l’impérialisme français - Parti Communiste Révolutionnaire
Le 14 décembre, le cyclone Chido a frappé de plein fouet les 320 000 habitants de Mayotte. Météo France estime que le vent a pu atteindre les 250 km/h. Sur place, on n’avait pas vu cela depuis près de 90 ans. L’archipel est dévasté et les débris si nombreux qu’il est encore difficile d’établir le décompte des victimes. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le bilan humain provisoire s’établit à 35 morts et 2500 blessés. Le préfet de Mayotte a déclaré s’attendre à des centaines, voire à plusieurs milliers de morts. Le gouvernement et les médias prétendent qu’il ne s’agit que d’un tragique accident climatique, mais la responsabilité de l’impérialisme français est en réalité écrasante.
Le Président Macron a indiqué vouloir « rebâtir l’île » à l’instar du chantier de Notre-Dame. Cet intérêt présidentiel soudain ne doit pas faire oublier que Mayotte n’a jamais été développée par la classe dirigeante française et se trouve toujours dans une situation coloniale, malgré sa départementalisation. Pendant sa visite, Macron a d’ailleurs jeté tout son mépris à la face des habitants en détresse : « Vous êtes contents d’être en France ! Parce que si c’était pas la France vous seriez 10 000 fois plus dans la merde ! Il n’y a pas un endroit dans l’Océan Indien où on aide autant les gens ! ». Notons que pour beaucoup de Mahorais, l’« aide » apportée par la France se résume à une boîte de conserve et deux bouteilles d’eau.
La bourgeoisie française n’a pas attendu Chido pour se payer la tête des travailleurs de l’archipel. Les prix de l’alimentaire y sont 30 % plus élevés qu’en métropole. Dans le même temps, 7 Mahorais sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté. En 2017, selon l’INSEE, 4 logements sur 10 étaient faits de tôle. Malgré la relative rareté des cyclones à Mayotte, il était évident que ces logements précaires pouvaient s’effondrer à tout instant, dès le premier aléa climatique. Quelques semaines avant le passage de Chido, les autorités locales annonçaient aux habitants que l’eau courante serait désormais coupée pendant 30 heures tous les deux jours. On peut ajouter à ce tableau, la situation désastreuse des services publics et du seul hôpital de l’archipel, victimes du sous-investissement chronique.
Emmanuel Macron a annoncé que les autorités viendraient en aide aux populations des bidonvilles sans faire de différence entre les « clandestins » et le reste de la population. C’est pure hypocrisie. Ces dernières années, les opérations policières consistant à casser les « bangas » (habitations de fortune) et expulser les migrants se sont multipliées, sur fond de crise diplomatique avec les Comores. Pendant sa visite, Macron a lui-même indiqué qu’il souhaitait que le nombre annuel d’expulsions augmente jusqu’à presque doubler..
Les immigrés, qui représentent un tiers des Mahorais, savent très bien ce qu’ils risquent en se signalant, aujourd’hui, auprès des autorités. Les jours précédant la catastrophe, la rumeur courait dans les bidonvilles que les centres d’hébergement étaient « des pièges » de la police. Ces rumeurs de pièges policiers ne sont pas sans fondement : après la catastrophe, le chef de la police municipale de Mamoudzou a expliqué que les Français comme les immigrés étaient les bienvenus, mais que ces derniers pourraient être « recensés ». La veille du passage de Chido, de nombreux centres étaient donc vides. Le lendemain de la catastrophe, seules 3500 places étaient occupées sur les 10 000 (un chiffre de toute façon insuffisant) disponibles dans les centres de Mamoudzou.
A cause de la crainte d’être expulsés et des défaillances du service public, des milliers de personnes, parfois de jeunes enfants, consomment désormais de l’eau non potable, manquent de nourriture, ne vont pas faire soigner des blessures qui s’infectent et se retrouvent sans aucun toit. Au lieu de répondre à la crise de Mayotte – qui dure depuis des années, sinon des décennies – la classe dirigeante française, les médias et les élites mahoraises accusent les migrants comoriens d’être la source de tous les maux. Les travailleurs mahorais et les migrants doivent comprendre qu’ils ont un ennemi commun : la bourgeoisie et l’impérialisme français, qui sont les seuls responsables du sous-développement, de la pauvreté et de l’ampleur de la catastrophe actuelle à Mayotte.




