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Mélenchon - Quand ça sent le sapin à Matignon
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Quand ça sent le sapin à Matignon - Melenchon.fr
Dans l’ancien journal maoïste, Thomas Legrand fait curieusement la leçon aux socialistes pour qu’ils ne votent pas la censure. Toutes les grandes consciences habituelles de la démocratie de l’entre soi s’unissent donc pour répéter cette demande déchirante. Pour elles, « les Français demandent » de la « stabilité ». Ce que les Français demandent via Thomas Legrand est plus important que ce qu’ils votent, cela va de soi ! Pourtant, cette « demande » est accompagnée d’une autre demande ultra-majoritaire : le départ du président de la République. On voit une fois de plus combien le peuple comprend mieux où est la source de l’instabilité que les chroniqueurs de la capitulation permanente. Tous ces gens ont en commun de n’être républicains que pour emballer leur islamophobie. Le reste du temps, ce sont de pauvres agents publicitaires de l’ordre établi. Et peu leur importe le flacon pourvu qu’ils aient l’ivresse. Faire tenir Macron 30 mois de plus leur suffit. Ils n’ont pas le niveau de dignité des Coréens du sud qui ont viré leur président pour abus de pouvoir. Ici, en France, toute l’officialité médiatico-politico-syndicale est arc-boutée pour le contraire. Sans leur collaboration active, Macron ne tiendrait pas huit jours. Et ça commence à se voir même quand on ne suit pas l’actualité au jour le jour comme nous le prouvent chaque soir nos porte-à-porte !
À présent, la Commission Mixte Paritaire (CMP) est achevée. Elle est conclusive. C’est-à-dire qu’une majorité de députés et de sénateurs s’y est exprimée pour soutenir le budget de François Bayrou. Le texte vient donc devant l’Assemblée lundi. En principe, il n’y a pas de majorité dans l’hémicycle pour l’adopter. Soit le gouvernement accepte de se faire battre, soit il utilise l’article 49.3. Dans ce cas, le texte est considéré comme adopté si une motion de censure n’est pas adoptée. Évidemment dans ce cas, les insoumis ont prévu de déposer une motion de censure. Dans le tour de rôle devenu coutumier au NFP sur ce genre de motion, c’est au tour de EELV d’être premier signataire. Du fait de ce tour de rôle, les insoumis avaient été premiers signataires sur la motion qui a fait tomber Barnier. Ici la question posée est de savoir si le PS votera la censure ou pas. Mais peut-il voter un budget pire que celui de Barnier selon tous les analystes ? Non évidemment. Sauf s’il y a un accord secret avec la macronie. Ce qui est peu probable à cette heure. Le choix du PS aura deux conséquences. La première sur la possibilité que la motion de censure l’emporte. La seconde sur la pérennité de l’alliance NFP qui serait évidemment brisée s’il y avait retournement d’alliance du PS dans le cas où il permettrait à Bayrou d’appliquer son budget.
Ce tableau mérite évidemment une précision de taille. La RN est en phase aiguë de normalisation et on pense qu’il ne va pas voter la censure pour permettre à Bayrou et Macron de rester en poste jusqu’à une nouvelle dissolution. Bayrou leur a déjà dit les mots doux qui permettent de les payer à peu de frais. Et si le gouvernement Bayrou survit, il y aura une loi immigration comme prévu.
Le budget est pourtant nettement pire que celui sur lequel le RN a voté contre sous Barnier. Un rapide tour d’horizon sans doute incomplet permet de le vérifier. Il retire 23,2 Md€ supplémentaires par rapport au budget de 2024. Et six milliards de plus que le budget Barnier. La modeste contribution exceptionnelle des grandes entreprises ne s’appliquera qu’un an au lieu de deux ! Bernard Arnault a eu le dernier mot. L’Aide médicale d’État (AME) est réduite de 111 millions. Et le budget de la santé est réduit de 15 %. À noter : incroyable, le PS a voté ces deux mesures. Il se vante d’une légère progression des crédits « fond vert » mais oublie de dire que c’est par rapport à une somme déjà rabotée de… moitié par rapport à 2024. Le « plan eau » a disparu. L’actualité n’y fera donc rien. Total : deux milliards de moins pour l’écologie en 2025. Partout, les détails sont nécessairement accablants puisque le budget global est en baisse. Rien n’y échappe jusqu’aux situations les plus explosives déjà. Ainsi pour les Outre-Mer ! Avec une perfidie spéciale, le programme « condition de vie en Outre-Mer » annonce une augmentation de 75 millions à la sortie de la CMP. Mais on reste en réalité avec moins cent millions par rapport à 2024 !!!! Chaque pli et repli du budget est fait de ce bois. L’acharnement du PS à défendre des « acquis » n’en est que plus pitoyable. On comprend qu’il s’agit pour lui de justifier ses heures de discussions secrètes avec leur « bon copain » (dixit Le Figaro) le ministre Lombard soi-disant « de gauche ». Surtout, il lui faut laisser ouverte la porte pour la décision du groupe parlementaire de l’Assemblée. Car on est loin de l’enthousiasme du début des « négociations ». Les retours de terrain ont bien montré qu’en dehors des quartiers bourgeois qui ne votent pas à gauche de toute façon ni même pour un socialiste, les gens désapprouvent les combines avec le gouvernement Bayrou. Le PS est seul ! En effet puisque GDR, EELV et insoumis sont déjà opposés au budget et acquis à la censure. La rupture proposée au PS par la droite câline et le Modem mielleux n’est donc pas celle avec les insoumis, mais celle avec tout le reste du NFP. On se souvient que toute la manœuvre « la gauche qui avance et négocie » avait été imaginée pour « isoler LFI ». Les arroseurs ont été copieusement arrosés depuis. On va voir l’influence réelle des Hollande, Guedj et Brun qui négociaient sans doute de leur côté comme « la Tribune » nous l’avait appris ! Et on va voir la cohue des porteurs de seaux du RN s’agiter comme assise sur un oursin. Irrésistible. Quand ça sent le sapin pour Matignon, on est distrait. Mais pour tous les nouveaux amputés par ce budget et pour tous ceux du budget précédent déjà repoussé, la censure est une ardente nécessité, une question de survie. Ceux qui ne la voteront pas le paieront lutte par lutte, licenciement par licenciement, élection locale par élection locale. Comptez sur les insoumis pour tenir chacun, chacune, bien informés du nom des coupables.




