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Lycées professionnels : le bac de l’inégalité et des discriminations
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Lycées professionnels : le bac de l’inégalité et des discriminations | L’Anticapitaliste

Avez-vous entendu parler du bac pro ? Non. Et pourtant lundi 12 mai, les épreuves démarraient pour les élèves de terminale professionnelle.
Fruit d’une réforme passée en force, cette nouvelle mouture du bac pro est un pas de plus vers l’inégalité dans le service public d’éducation. Dès son annonce en novembre 2023, le projet a mobilisé une intersyndicale réunissant tous les syndicats de la voie professionnelle avec le soutien de la FCPE. Rejetée le 8 janvier 2024, par le Conseil supérieur de l’Éducation (où siègent les représentantEs des personnels, des usagerEs, parents et élèves et des partenaires de l’État dans l’action éducative), cette « réforme », personne n’en voulait… sauf le gouvernement macroniste. Elle est à rebours même de la manière dont s’est bâtie la voie professionnelle, surtout elle témoigne d’un mépris crasse, tant pour les personnels qui y travaillent que les élèves qui y étudient – très majoritairement issuEs des classes populaires.
Une « réforme » réactionnaire
Dans le fond comme dans la forme, cette nouvelle mouture du bac est un retour en arrière totalement discriminatoire et ségrégatif. Le bac pro avait été créé en 1985 pour augmenter les qualifications professionnelles et atteindre l’objectif des 80 % d’une classe d’âge Bac. C’était un bac en 2 ans après deux ans de BEP, voire de CAP donc une possibilité pour les élèves des milieux populaires orientés pour reproduire la force de travail ouvrière d’accéder aussi à un enseignement plus précis dans les matières professionnelles mais aussi de poursuivre des enseignements généraux. Il y avait-là une « marge d’émancipation » dans un monde scolaire structuré par la sélection.
Le passage au bac en 3 ans – sous prétexte de l’aligner sur le général et technologique – avait été dénoncé par les enseignantEs car il représentait une perte d’une année sur quatre, accentuée par la diminution du volume horaire. Aujourd’hui c’est un tiers de la jeunesse scolarisée dans le secondaire qui l’est en lycée professionnel. Blanquer avait déjà baissé – encore – le nombre d’heures d’enseignements disciplinaires, fragilisant la maîtrise des contenus pour des élèves qui ont besoin de temps et de pratiques pédagogiques adaptées pour surmonter les difficultés de leur parcours scolaire. Cette énième réforme renonce de fait à l’égalité affichée entre les trois voies d’enseignement et clôture la possibilité des élèves de réussir une poursuite d’études en BTS. Et a fortiori en université, ce que Parcoursup rend déjà quasi impossible.
Une « réforme » discriminatoire
Et l’implicite se matérialise dans cette organisation anticipée du bac pro. Alors que les élèves des voies générales et technologiques sont en cours, ceux de la voie professionnelle passent donc leurs épreuves un mois plus tôt que l’an passé. Dans les lycées polyvalents, la majorité des établissements, les cours ne sont évidemment pas suspendus, avec tous les problèmes d’organisation que cela peut générer. Personne aujourd’hui ne sait ce qu’il en est pour plus de 200 000 lycéenNEs. Lorsque Blanquer avait voulu anticiper certaines épreuves du bac général en mars, les programmes avaient été adaptés. Pour le bac professionnel, rien, aucune adaptation. Aux professeurEs de se débrouiller pour faire « ingurgiter » un programme avec quatre semaines de moins. Alors que les élèves des voies générale et technologique ont une semaine de révisions, les élèves de professionnel, ont terminé leurs cours le 9 mai et commencé les épreuves le 12. Comme il reste un mois, on propose aux élèves un « parcours Y » : soit des cours renforcés, soit une période de stage en entreprise, désormais faiblement rémunérée. Un « choix » tout relatif et qui réussit à mettre encore de l’inégalité entre lycéenNEs.
Une gauche digne de ce nom doit non seulement dénoncer cela avec force mais aussi défendre un tout autre projet, émancipé des critères d’employabilités et dédié à la formation d’individus, de leur esprit critique et de leur capacité de délibération. En d’autres termes, travailler à un lycée de l’égalité.
Cathy Billard et Théo Roumier




