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Les 5 raisons qui prouvent que le complexe militaro-industriel est meurtrier
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» Les 5 raisons qui prouvent que le complexe militaro-industriel est meurtrier
Le Congrès a terminé l’examen du budget du Pentagone pour l’année fiscale 2025, et il a prévu d’ajouter 150 milliards de dollars à son financement pour les prochaines années, au-delà de ce que le ministère a lui-même demandé. Dans le même temps, le président Trump a annoncé un objectif de plus de 1 000 milliards de dollars pour le Pentagone pour l’année fiscale 2026.
Source : Responsible Statecraft, William Hartung
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
Avec ces sommes colossales qui s’envolent, le moment est bien choisi pour jeter un regard critique sur le budget du Pentagone, qu’il s’agisse des arguments avancés pour justifier des niveaux de dépenses quasi records ou de l’impact de ces dépenses dans le monde réel. Voici cinq choses que vous devriez savoir concernant le budget du Pentagone et le complexe militaro-industriel qui profite de ses largesses.
#1 Le complexe militaro-industriel (CMI) est un lobby d’intérêts particuliers sous stéroïdes.
À bien des égards, les protagonistes du CMI : le Pentagone, les militaires en uniforme, les fabricants d’armes et leurs alliés au Congrès – sont plus soucieux de se remplir les poches et d’en tirer des avantages politiques que d’élaborer des plans mûrement réfléchis sur la meilleure façon de défendre l’Amérique et ses alliés.
Malheureusement, depuis que Eisenhower nous a alertés sur le complexe militaro-industriel dans son discours d’adieu le 17 janvier 1961, celui-ci est plus puissant que jamais. Les entreprises sont plus imposantes, le budget est plus généreux et son influence est plus grande, de sorte que les partisans d’une approche plus abordable et efficace de la défense ont une marche à franchir encore plus haute qu’il y a soixante ans.
#2 Les dépenses du Pentagone ne nous font pas gagner en sécurité
Contrairement à l’idée reçue selon laquelle, en matière de dépenses militaires, « plus » est toujours « mieux », trop souvent les dépenses démesurées du Pentagone alimentent une course aux armements coûteuse et dangereuse et rendent possible des guerres inutiles en mettant l’accent sur les solutions militaires et en délaissant une diplomatie éclairée.
Notre stratégie actuelle qui consiste à « couvrir le monde » exige que l’armée américaine soit en mesure d’intervenir partout dans le monde dans des délais très courts. Elle prévoit une empreinte militaire mondiale gigantesque et coûteuse qui implique plus de 750 bases militaires et des opérations antiterroristes dans 85 pays. C’est la recette pour une guerre sans fin. Et quand nous n’intervenons pas directement, nous fournissons souvent les armes à d’autres pays pour qu’ils mènent des guerres, comme le montrent, avec des conséquences tragiques, les milliards de dollars en armes que les États-Unis ont fournis pour soutenir la campagne de massacres d’Israël à Gaza.
Si nous voulons nous défendre, nous devrions trouver ce dont nous avons besoin pour nous défendre plutôt que de simplement empiler arme sur arme, puis ajouter une autre arme encore en espérant que tout cela va marcher.
#3 Le complexe militaro-industriel est un très mauvais programme en matière d’emplois
L’économie se fragilise et la dette explose. Il est donc primordial de dépenser l’argent de nos impôts de sorte à contrer cette tendance, voire même l’inverser.
Les emplois devraient être au premier plan de nos priorités nationales. Si on ne peut pas gagner d’argent, si on ne peut pas nourrir sa famille, c’est une menace pour la sécurité et, si suffisamment de gens sont dans cette catégorie, c’est une menace pour la sécurité nationale au sens large.
Malheureusement, le fait de « gonfler » le Pentagone n’est pas une solution face à ces tendances économiques défavorables. Comme l’a démontré Heidi Peltier du projet Costs of War, investir dans des alternatives comme les infrastructures, l’énergie verte, l’éducation et les soins de santé peuvent générer entre 9% et 250% d’emplois de plus que si ce même montant était dépensé pour le Pentagone et l’industrie de l’armement.
Pire encore, il y a des preuves qui indiquent que les dépenses du Pentagone seront encore moins créatrices d’emplois à l’avenir. Selon la National Defense Industrial Association (NDIA), la plus grande association commerciale de l’industrie de l’armement, les emplois directs dans le secteur de la fabrication d’armes ont chuté de près de deux tiers depuis les années 1980, passant de 3 millions d’emplois à 1,1 million aujourd’hui.
De plus, un secteur industriel de la défense focalisé sur les armes technologiques émergentes utilisant des logiciels et l’IA pour produire des avions, des navires et des véhicules blindés sans pilote créera probablement encore moins d’emplois par montant dépensé que les dépenses militaires actuelles.
#4 La majorité du budget du Pentagone va aux entreprises
Alors que les défenseurs du budget du Pentagone affirment invariablement que l’augmentation des dépenses militaires est un atout pour les troupes, l’analyste Stephen Semler a établi que plus de la moitié du budget du ministère est allouée à des contractants. Alors que ces entreprises prélèvent chaque année des centaines de milliards de dollars de nos impôts, il y a des familles de militaires qui doivent recourir à des bons d’alimentation pour joindre les deux bouts, et les propositions budgétaires de cette année et de l’année prochaine prévoient à l’horizon des réductions drastiques concernant les prestations aux anciens combattants.
En attendant, les fabricants d’armes produisent des systèmes d’armes dysfonctionnels qui ne fonctionnent pas comme annoncé, coûtent des milliards de plus que prévu et sont plus souvent dans les hangar que prêts à l’emploi. Pour ne rien arranger, une grande partie des nouveaux financements qu’ils ont reçu au cours des dernières années a été consacrée à verser des salaires allant jusqu’à 20 millions de dollars pour les PDG, ou à dépenser des milliards pour faire monter le cours de leurs propres actions – aucune de ces dépenses ne sert à notre défense, mais elles enrichissent les fabricants d’armes, leurs dirigeants et leurs actionnaires.
Pour réellement prendre soin des troupes il faudrait dépenser davantage pour s’en occuper en leur fournissant un logement abordable et des soins de santé ; une formation plus efficace et plus réaliste avant de les envoyer au combat ; des armes qui fonctionnent comme prévu et ne passent pas la moitié du temps à être réparées au lieu d’être prêtes pour le combat ; et une stratégie plus réaliste qui ne les met pas dans des situations impossibles et des guerres ingagnables.
Et cela signifierait dépenser les plus de 45 millions de dollars alloués pour un défilé militaire en investissant directement dans les besoins de nos anciens combattants, et en racontant et honorant leurs histoires plutôt que de mettre l’accent sur des démonstrations ostentatoires d’armes.
#5 Ce n’est pas une fatalité
Les partisans d’une augmentation constante des dépenses du Pentagone prétendent qu’il est naïf d’encourager la diplomatie, ou de demander à nos alliés de faire davantage pour leur propre défense, parce que nous vivons dans un monde très dur et que le recours à la force et à la menace de la force est nécessaire en tant qu’éléments principaux de notre politique étrangère. En fait, pour défendre le pays, il ne faut pas dépenser trop pour les militaires et ne pas laisser pas des intérêts particuliers façonner notre politique étrangère pour leur propre profit financier. Il ne faut pas partir du principe que toute solution doit être militaire. Une approche de la politique étrangère qui privilégie les intérêts militaires n’est pas seulement naïve, elle est aussi incroyablement dangereuse.
*
William D. Hartung est chercheur principal à l’Institut Quincy pour Responsible Statecraft. Ses travaux portent sur l’industrie de l’armement et le budget militaire américain.
Les points de vue exprimés par l’auteur sur Responsible Statecraft ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Institut Quincy ou de ses collaborateurs.
Source : Responsible Statecraft, William Hartung, 28-05-2025
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises




