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Sécu : un pas en avant, deux pas en arrière
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Sécu : un pas en avant, deux pas en arrière | L’Anticapitaliste

« Un pas en avant, deux pas en arrière, c’est la politique du gouvernement. » Ce slogan, chanté et dansé dans les mobilisations contre les réformes des retraites, résume le PLFSS (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale) pour 2026 présenté par le gouvernement Lecornu. Il aggrave les mesures du plan Bayrou.
Le « pas en avant », c’est la « suspension » de la contre-réforme des retraites, ou plus précisément son décalage dans le temps. Macron a dû s’y résoudre pour poursuivre le reste de sa politique d’austérité et d’assistanat aux profits. Dans le même temps, le gouvernement met en chantier une nouvelle offensive de destruction des systèmes de retraites avec la « conférence sur les retraites et le travail ».
Lecornu, c’est Bayrou en pire
Le manque de financement de la Sécurité sociale, dû aux exonérations de cotisations sociales accordées aux employeurs (plus de 80 milliards en 2025, alors que le « déficit » attendu est de 21,5), n’est pas remis en cause. Ce sont au contraire les assuréEs sociaux (retraitéEs, malades, familles) qui sont misEs à contribution par un nouvel étranglement des dépenses.
Les retraitéEs dans le viseur
« L’année blanche » signifie le gel des pensions de retraites, des prestations sociales et du barème de l’impôt. Elle va impacter l’ensemble des retraitéEs dont les pensions sont déjà insuffisantes. Pour les 40 % des retraitéEs qui paient l’impôt sur le revenu, l’abattement fiscal de 10 % dont ils bénéficient sera remplacé par un abattement forfaitaire (défavorable) de 2 000 euros par personne.
Faire payer les malades
Les économies sur le dos des malades et du système de santé passent en effet de 5,5 milliards d’euros avec Bayrou à 7,1 avec Lecornu. Les franchises et participations forfaitaires — c’est-à-dire la participation aux frais de santé non remboursée par l’Assurance maladie et les mutuelles — doublent une nouvelle fois. Leur plafond annuel cumulé passe de 100 à 200 euros. Les assurances complémentaires (mutuelles) sont, elles aussi, mises à contribution par une taxe de 2,05 % des cotisations perçues, qui sera répercutée sur les cotisations des adhérentEs.
La prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale des affections de longue durée (maladies chroniques) subit de nouveaux coups de rabot, pour en réduire l’accès ou en accélérer la sortie. Là encore, les plus malades sont les plus sanctionnéEs. Les arrêts de travail sont limités à 15 jours pour la médecine de ville et 30 jours pour l’hôpital…
Un étranglement sans précédent du système hospitalier
« Vers un retour de l’austérité », c’est en ces termes que les fédérations des directions d’hôpitaux et de cliniques privées qualifient l’enveloppe budgétaire qui leur est accordée. Pour elles, « Ce PLFSS signerait la pire cure d’économies sur l’hôpital depuis les années 2010. Il revient à demander aux établissements de soigner plus avec moins de moyens. » Les soins de ville, dont l’augmentation ne devra pas excéder 0,9 %, ne sont pas mieux lotis. Dans ces conditions les déserts médicaux continueront de progresser.
Gel des allocations familiales et des prestations sociales
Les allocations familiales et autres prestations sociales (RSA, APL) subissent elles aussi les effets de « l’année blanche », alors même que le taux de pauvreté atteint son plus haut niveau en France depuis 1996.
Reprendre vite le chemin d’une mobilisation unitaire
Le gouvernement souhaite évidemment tout faire pour que le débat reste dans l’enceinte du Parlement et des institutions. Avec la « conférence sur les retraites et le travail », il espère engluer au moins une partie des directions syndicales dans un « dialogue social » stérile et créer la division.
L’enjeu des semaines qui viennent est de déjouer ce piège. La poursuite d’une mobilisation unie et déterminée est la seule perspective qui permette à la fois de mettre en échec l’austérité renforcée du pouvoir et d’éviter qu’au bout du compte ce ne soit le RN qui en profite.
J.-C. Delavigne




