Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...


[RSS] Compte
	Blue Sky Compte
	Mastodon Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Mélenchon : Soir d’élection, tour d’horizon à chaud

Lien publiée le 22 mars 2026

Blue Sky Facebook

Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

https://melenchon.fr/2026/03/22/soir-delection-tour-dhorizon-a-chaud/

Ceci est un tour d’horizon sur le deuxième tour des élections municipales.

Cette journée de vote auraconfirmé et amplifié la percée au premier tour des listes présentées par le Mouvement insoumis. Manuel Bompard résume bien notre résultat.

« D’ores et déjà, après Saint-Denis (150 000 habitants) la semaine dernière, les listes présentées par la France insoumise l’emportent d’ores et déjà à Creil (36 000 habitants), à Roubaix (100 000 habitants), à Vénissieux (66 000 habitants), à Saint-Fons (20 000 habitants), au Tampon (82 000 habitants), à La Courneuve (47 000 habitants) Vaux-en-Velin (52 000) ou à Sarcelles (59 000 habitants – liste citoyenne soutenue par LFI).

Ailleurs, la France insoumise permet la victoire de la gauche à Lyon, à Nantes, à Grenoble ou à Tours. À Bordeaux ou à Cherbourg, le refus d’EELV ou du PS de fusionner leur liste avec les insoumis conduit à la victoire de la droite. Malheureusement, à Toulouse, à Besançon, à Clermont-Ferrand ou à Limoges, les discours de division du Parti socialiste empêchent de conserver ces villes ou de les faire basculer à gauche. Pire encore, à Angoulême, le maintien d’une liste Place Publique empêche la reprise de la ville par la gauche insoumise et communiste et la défaite de la droite.

L’enseignement est clair : la France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer ».

Le bilan global : à l’avenir, plus d’un millier d’élus insoumis siègeront donc dans des conseils municipaux où ils formeront un groupe distinct. Leurs votes aux prochaines élections sénatoriales devraient nous permettre de siéger là où nos anciens partenaires de la vieille gauche nous avaient refusé toute place. Au total, c’est un franc et net succès pour notre première participation aux élections municipales.

Nous sommes aussi venus au secours de nombreuses listes de la vieille gauche traditionnelle menacées d’être éliminées par la droite. Parfois, cela aura été un succès. D’autres, non ? Mais il ne faut jamais oublier que la principale difficulté est d’abord venue du faible score des sortants au premier tour. Qu’il s’agisse des Écologistes ou des socialistes, nous sommes venus au secours d’équipes souvent déjà bien dépréciées, incapables de gagner seules. Là où ils sont venus avec nous, c’est parce qu’ils avaient eux-mêmes échoué à gagner dans les précédentes élections à deux occasions auparavant, comme à Toulouse ou Limoges. Le PS nous a entraînés dans sa chute. Mais nous n’avons pas de regrets. La démonstration est faite. Nous sommes une force utile là où d’autres sont de simples opportunistes sans boussole. Car à Lyon, Nantes, Tours, Grenoble, notre engagement unitaire a permis la victoire. On devine alors ce que vaut l’argument sur LFI « bon pour le premier tour mais mauvais pour le second ». C’est parce que les autres étaient mauvais dans leur rôle qu’ils ont perdu. Ils perdaient avant à chaque occasion à Toulouse, à Limoges et ailleurs. Notre but a été d’assumer notre responsabilité en nous mobilisant pour barrer la route à la droite et à l’extrême droite.

En d’autres lieux, ce fut un échec. La mobilisation conjointe n’a pas suffisamment compensé le retard et le discrédit des sortants, observé au premier tour.

Cela s’explique. Une longue diabolisation diffamante a été orchestrée contre les Insoumis. En s’y associant, toute honte bue, divers clans socialistes ont profondément divisé les bases électorales pourtant indispensables pour gagner l’élection. Car l’union des sigles n’est pas l’unité des électeurs. Mais on voit ici qu’ils se sont aussi tiré une balle dans le pied. Le résultat des élections ne va pas améliorer l’ambiance. L’exemple du refus de tout accord dans les deux premières villes de France, Paris et Marseille, a heurté de nombreuses consciences pourtant disponibles.

Notre inquiétude a été très vive à Marseille, où le mauvais bilan des sortants a menacé de défaite la ville d’une victoire de l’extrême droite. Le sectarisme du maire sortant refusant toute discussion a empêché la jonction des listes. Nous dénonçons ce choix brutal où le PS a donné le droit à l’extrême droite d’être représentée au conseil municipal et l’a refusé aux Insoumis. Mais nos candidats ont préféré à juste titre se retirer plutôt que de prendre le risque d’un succès du Rassemblement National.

Benoît Payan s’est donc fait reconduire une nouvelle fois à la faveur d’un chantage. Marseille mérite mieux. Notre opposition à cette équipe de rescapés se fera donc sur le terrain des luttes directes.

Le fond préoccupant de la situation générale ne doit pas être occulté par la satisfaction du travail bien fait. Tout témoigne de l’essoufflement morbide de la démocratie française. Elle ne cicatrise pas les refus du résultat des grands votes fondamentaux. Comme celui du référendum de 2005, où le « non » a été interprété comme un « oui ». Ou comme la négation du résultat des législatives anticipées de 2024. Mais le déni s’est renouvelé encore après la chute des deux premiers gouvernements de ce mandat présidentiel.

Dans ce contexte, le monde politique traditionnel continue son effondrement. Et avec lui toute la structuration idéologique qu’il portait. Pour voir cette réalité, il faut regarder sous le bon angle. Les signaux ne sont pas là où on les cherche d’habitude. Les résultats électoraux par étiquette politique ne disent pas tout. Le niveau d’abstention ne dit pas tout non plus, en dépit de l’importance du plus fort taux d’abstention de la Vᵉ république au premier tour. Les conditions de l’élection elles-mêmes en disent davantage sur la place de la politique dans cette élection que bien d’autres aspects. Accordons-nous bien sur ce que « politique » veut dire. La politique, c’est le débat à propos de l’action à mener pour le bien commun. Elle porte donc en elle une obligation de dire et de prouver. Mais dans sept communes sur dix, il n’y a qu’une seule liste proposée au vote. Il n’y a donc pas de « débats » possibles. Sans dualité d’options, il n’y a donc plus de « politique » ni avant, ni pendant, ni après l’élection. Là, dès le premier tour, tout est réduit à l’appréciation que l’on porte sur les personnes candidates. Et alors on ne peut faire qu’une chose : tout approuver d’avance les yeux fermés, ou tout rejeter aussi aveuglement. Le résultat n’a donc aucune signification politique globale dans l’esprit des gens. Ce vide est profond, contagieux et décomposant. Car à cela s’ajoute autre chose de non moins dépolitisant. En effet, au niveau national, toutes tailles de population communale confondues, quatre listes sur cinq n’ont aucune étiquette. Aucune ! Impossible donc de savoir quels principes politiques guideront l’action entreprise demain au moment où l’on vote.

Au total, l’addition des abstentions, des listes uniques et de celles sans étiquette constitue une masse considérable. En ce sens, le « terrain politisé » s’est amplement dissout.

D’un certain point de vue, cette ambiance trouve aussi son expression dans le dégagisme qui imprime sa marque sur le tableau de la soirée. Beaucoup de sortants ont été sortis. Cela ne peut effrayer le mouvement Insoumis ni contrarier ses objectifs.

À nos yeux, l’essentiel est l’émergence politique de la Nouvelle France partout prise en charge par les listes insoumises. C’est donc bien une réalité sociale, culturelle et nationale qui s’est exprimée, dont seuls les insoumis ont détecté la présence sous-jacente dans la vie du pays. La nouvelle France est d’abord un fait indépendant de tout calcul politique. Mais c’est aussi un projet en construction tel que le formule le programme « L’Avenir en commun ». C’est pourquoi, à nos yeux, le résultat des deux tours de ces municipales ouvre directement le cycle de l’élection présidentielle de 2027.