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Joué-les-Tours: une nouvelle vidéo jette le trouble sur la version policière
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une enquête préliminaire a été ouverte mardi à Tours suite à la publication sur Youtube d'une vidéo filmée par un jeune habitant de 18 ans montrant l’interpellation musclée de deux personnes, le 19 août à 7 heures du matin dans le quartier sensible de la Rabière à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire). Intitulée Honte à la police française, la vidéo de 8 minutes montre un policier frapper une femme à coups de matraque, puis la gazer en plein visage avant de la menotter et de la traiter de « salope » et de « connasse ». Une autre femme, qui s’éloigne, est également aspergée de gaz lacrymogène.
Selon la version policière, « l’avant-vidéo » justifierait ces images choquantes. Bruno Albisetti, le procureur de la République adjoint de Tours explique que les deux policiers de la brigade de roulement de Joué-Les-Tours tentaient, dimanche un peu avant 7 heures, de contrôler un véhicule qui zigzaguait au milieu de la route. À bord, sept personnes n’habitant pas le quartier et qui revenaient, semble-t-il, « d’une soirée congolaise », selon le secrétaire départemental d’unité SGP Police FO, David Debono. Le conducteur du véhicule, contrôlé une heure plus tard avec un gramme d'alcool dans le sang, aurait « soufflé de façon incomplète » dans l’éthylotest, puis aurait refusé d’être conduit au commissariat pour procéder au dépistage. « Comme il était virulent et en état d’ivresse, les policiers ont tenté de le menotter au sol », explique le procureur adjoint.
Toujours selon le magistrat, l’homme aurait alors tenté de saisir l’arme de l’un des policiers. Tandis que l’une des passagères, la femme en rose, aurait dérobé la radio portative d'un policier, l'empêchant ainsi d’appeler des renforts, puis l'aurait mordu à trois reprises à l’épaule et au bras. « Selon le médecin légiste, s’il n’avait pas eu sa chemise, la morsure aurait été jusqu’au sang », indique le procureur. Voilà pour la version policière, en partie démentie par une nouvelle vidéo que s’est procuré Mediapart. Il semble en effet que ce soit le conducteur qui ait d'abord mordu le policier, et non la femme ensuite matraquée.
Interpellation à Joué-les-Tours, le 18 août 2013 par Mediapart
Cette vidéo, filmée par le même jeune homme, commence quelques minutes avant celle postée dimanche. Elle montre le début de l’interpellation du conducteur vêtu d’un pantalon vert et déjà au sol. Les deux policiers tentent de le menotter, pendant qu’une femme en rose s’agrippe à l’un d’eux en criant : « il est seul, vous êtes à deux. » L’un des policiers la frappe aux jambes avec sa tonfa, puis c’est la mêlée. « Ah l’enculé, il me mord », crie soudain le policier au sol. « Vous arrêtez ou je vous frappe avec ça », menace l’autre femme en rose, proche de la scène, alors qu'un homme en tee-shirt orange tente de calmer le jeu. Puis le policier se relève, la chemise sortie du pantalon, et matraque à plusieurs reprises la femme en rose, manquant de peu sa tête.
Comme n’importe quel citoyen français, les policiers peuvent user de violence pour se défendre dans le cadre de la légitime défense. Encore faut-il qu’ils soient réellement mis en danger et que la réponse soit proportionnée à la gravité de l’atteinte. « Lorsqu'il est autorisé par la loi à utiliser la force et, en particulier, à se servir de ses armes, le fonctionnaire de police ne peut en faire qu'un usage strictement nécessaire et proportionné au but à atteindre », indique le Code de déontologie de la police. Qui précise également que le policier, « placé au service du public », a « le respect absolu des personnes ». Une simple résistance justifie-t-elle qu’un policier matraque une femme au sol, la gaze en plein visage avant de la traiter de « salope » ? À 7 heures du matin dans un quartier désert, cette femme représentait-elle un réel danger pour les deux agents ?
À chaque violence policière, la réponse de l’institution est peu ou prou la même. Le secrétaire départemental d’Unité SGP Police FO David Debono évoque une « situation extrême » et « une montée d’adrénaline » des deux policiers « sans radio, avec au départ sept personnes dans la voiture ». Au niveau national, Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat majoritaire, n’a lui non plus pas vu de « débordements injustifiés » dans les images de Tours. Seules les injures lui paraissent déplacées. « On peut estimer dans un salon qu’on pouvait faire différemment, mais je me mets à la place de mon collègue (mordu), sa première réaction est de chercher à se dégager et d’éloigner la menace », réagit Nicolas Comte. C’est-à-dire que les policiers sur le terrain seraient les seuls à même d’apprécier le degré de violence nécessaire, confisquant ainsi tout débat démocratique sur le sujet.




