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UIMM, le drôle de procès
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Palais de justice de Paris, 7 octobre, 13 h 30 : Voici que s’ouvre le procès de l’affaire dite l’UIMM qui a fait les délices de la presse en 2007. Retour sur les faits. En 2004, une agence parisienne de BNP Paribas signale à Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, d’importants retraits en liquide sur le compte du syndicat patronal héritier du Comité des forges, l’UIMM. Pour comprendre le dossier, il faut savoir que l’UIMM regroupe les patrons des principales entreprises françaises de métallurgie. On dit que c’est l’une des branches les plus puissantes du Medef. Le dossier va traîner 3 ans à Bercy. Il faut dire que Tracfin est dressé à poursuivre les mafieux internationaux qui blanchissent l’argent de la drogue et de la prostitution, ainsi que les terroristes, pas les patrons français de syndicat qui retirent de l’argent au guichet, argent donc la provenance est en outre parfaitement transparente. Il n’empêche, les retraits en liquide à ce niveau-là, c’est quand même de nature à justifier des vérifications. En septembre 2007, le parquet de Paris est avisé du problème : au total 18 millions d’euros ont été prélevés en cash entre 2000 et 2007. Une instruction est ouverte. Confiée au juge Roger Le Loire, elle va révéler qu’une partie des sommes allait à des remboursements de frais, une autre à des compléments de salaire aux cadres du syndicat et la plus importante enfin, à des syndicats de salariés. Toutefois, le juge ne parvient sur ce dernier point à reconstituer le parcours des sommes que pour un montant de quelques centaines de milliers d’euros. Au terme de son instruction, en août 2012, il décide de renvoyer une dizaine d’anciens cadres du syndicat et le syndicat lui-même s’expliquer devant le tribunal correctionnel pour abus de confiance, complicité, recel, et travail dissimulé. Question : où sont passés les millions en liquide ? L’argent sert à "fluidifier le dialogue social" depuis toujours, répond Denis Gautier-Sauvagnac, le patron du syndicat à l’époque des faits incriminés, tout en refusant d’être plus précis sur la destination exacte des fonds.




