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150 000 manifestants au Portugal à l'appel de la CGTP
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Ce samedi 19 octobre, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont répondu à Porto, Lisbonne et Madère à l'appel de la CGTP à lutter contre une « politique d'exploitation et de paupérisation » accentuée par l'annonce d'un budget 2014, offensive de classe brutale.
Rarement un gouvernement n'a été aussi faible au Portugal, comme celui de droite de Passos Coelho. Sa politique de classe au service d'une étroite minorité, de collaboration avec l'UE ne satisfait personne, la déroute historique de la droite aux dernières élections locales en est la preuve.
Face à cette politique, l'organisation de la résistance sociale par la CGTP, syndicat de classe lié au Parti communiste, est déterminante, mobilisant régulièrement plusieurs centaines de milliers de travailleurs dans les rues du pays, avec des grèves générales massives comme le 27 juin dernier.
Ce 19 octobre, la CGTP proposait une manifestation massive sur les ponts principaux de Lisbonne et Porto. Contre la « politique d'exploitation et de paupérisation » du gouvernement, des politiques de droite au service du « pacte d'agression » conclu avec la « Troika » (UE-BCE-FMI).
Le syndicat hégémonique au Portugal, avec ses 750 000 syndiqués, a pourtant du faire face aux intimidations gouvernementales. Le Ministère de l'Intérieur avait même interdit la manifestation sur le pont du 25 avril, à Lisbonne.
Cela n'a pas empêché la CGTP de contourner cette politique de répression insidieuse, entre 150 et 200 000 manifestants répondant à l'appel sous des mots d'ordres combatifs : « Le gouvernement à la rue ! », « Face aux injustices, la révolution est une obligation ».
60 000 manifestants ont effectivement traversé le « Ponte do Infante », le pont liant les deux rives du Douro à Porto, une des plus grandes manifestation de ces dernières années dans la ville du Nord.
A Lisbonne, 400 autocars affrétés par la CGTP ont traversé le « Pont du 25 avril » à Lisbonne, et ce sont en tout plus de 100 000 manifestants qui ont rejoint l'autre rive du Tage où se concluait la journée de manifestation, dans le quartier d'Alcantara .
Budget 2014 : ce n'est pas de l' « austérité », c'est un « vol » des travailleurs !
La manifestation, convoquée depuis plusieurs semaines, a été renforcée par l'annonce mardi dernier d'un Budget d’État 2014 caractérisé par le Parti communiste comme « une offensive sans précédent contre les travailleurs, les jeunes, les retraités ».
Quatre milliards d'euros de coupes budgétaires payés par les travailleurs portugais : baisse des salaires des fonctionnaires jusqu'à 12%, des retraites des travailleurs du secteur public de 10%, recul de l'âge de départ à la retraite de 65 à 66 ans, réduction des allocations-chômage et maladie.
Depuis 2011, cela fait 20 milliards de coupes payées par les travailleurs. Les précédentes moutures avaient également rehaussé le temps de travail des fonctionnaires de 35 à 40 heures par semaine, ou augmenté la TVA de plusieurs points.
Elles seront payées aussi par une réduction des dépenses sociales de l'Etat, avant tout dans la santé (200 millions de coupes pour les hôpitaux) et l'éducation (600 millions de coupes), et par la poursuite d'une politique de privatisations.
Après l'énergie, les aéroports, les chantiers navals, et avant les chemins de fer, la prochaine étape étant la privatisation de la Poste portugaise (os « Correios »).
De quoi dénoncer l'hypocrisie du prétexte du déficit, les entreprises privatisées ont fait 40 milliards de profits par an entre 2004 et 2010. Ramenés sur une base annuelle, cela fait 7 milliards par an, exactement le montant du déficit budgétaire public !
Une politique en faveur du grand capital qui s'assume ouvertement : l'Impôt sur les Sociétés va être baissé de 25 à 23% en 2014, puis à 17 % en 2016, tandis que des exonérations pour les riches contribuables étrangers s'installant au Portugal sont mises en place.
Le choix des mots est important. Ni le Parti communiste ni la CGTP ne parlent d'austérité. Pour le PCP, il s'agit d'un « pacte d'agression » orchestré par l'UE, d'un « vol », d'un « pillage » des salaires, des droits des travailleurs par le grand capital.
La CGTP, elle, parle d'une politique d'intensification de l' « exploitation et de paupérisation ». Elle a dénoncé dans sa première analyse du budget « le choix de classe » du gouvernement, un « gigantesque transfert de richesses du travail vers le grand capital national et étranger ».
Quelles perspectives ? Mise en échec des projets de loi, convergence des luttes, démission du gouvernement
Face à cette politique de plus en plus impopulaire, le discours idéologique du gouvernement peine à convaincre activement, mais il construit une pédagogie de la résignation, du fatalisme.
Face à ce péril, la CGTP et le Parti communiste tentent d'offrir des perspectives de lutte concrète, de victoire réelle.
La première perspective : mettre en échec les projets du gouvernement par une convergence des luttes. Secteur par secteur, la CGTP construit la mobilisation contre les volets de la politique de classe du gouvernement, pour mieux faire converger ces mouvements.
Ainsi, ces dernières semaines et pour les semaines à venir, la CGTP impulse la lutte des travailleurs des transports, des infirmier-e-s, des postiers ou de l'Administration pour leurs conditions de travail, les salaires et la défense du service public.
La CGTP prépare les conditions d'une prochaine grève générale, aussi massive que celle de juin 2013 ou novembre 2012 où plusieurs millions de travailleurs portugais ont arrêté le travail.
Cela passe par des mobilisations sectorielles d'ampleur : du 31 octobre au 9 novembre, la grève « alternée » dans les transports (2 jours les bus, 2 jours trains-métro-bateaux), et le 8 nvovembre la grève nationale de la Fonction publique, administration centrale, locale, santé et éducation réunies.
Entre-temps, elle propose une manifestation massive le 1 er novembre, devant l'Assemblée, pour protester contre l'adoption du budget 2014. Une date symbolique puisqu'il s'agit d'un jour férié désormais travaillé, confisqué aux travailleurs au nom des « sacrifices » à faire pour le capital.
La seconde perspective, c'est la démission du gouvernement et la convocation d'élections anticipées.
Sans illusions sur la perspective de changement par les urnes, d'alternance avec le PS. Mais avec l'objectif de remporter une victoire concrète, de faire chuter un gouvernement illégitime pour faire monter d'un cran le rapport de force.
Illégitime et désormais illégal. Un troisième budget anti-constitutionnel, le deuxième avait vu près de 20 mesures être invalidées par la Cour constitutionnelle, en vertu de la très progressiste Constitution de 1975, obtenue grâce à la résistance, avec le poids du PCP alors.
Que le Parti communiste portugais, dans la coalition de la CDU, ait été la seule force à progresser lors des élections locales atteignant les 12 % est un élément source d'espoir pour les luttes à venir, et la construction d'une alternative à cette politique socialement désastreuse.
Comme toujours au Portugal, avec la force du Parti communiste et d'une CGT, restés sur des positions de classe, le mot d'ordre reste : A luta continua !




