Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- Affirmer notre antifascisme : le devoir du moment (20/02)
- Alternative communiste : Refuser l’instrumentalisation (20/02)
- L’AFFAIRE QUENTIN DERANQUE : CONTEXTE POLITIQUE et ANTI-FASCISME (20/02)
- LFI DANS LE VISEUR POLITICO-MÉDIATIQUE : À QUI PROFITE LA MORT DE QUENTIN DERANQUE ? (20/02)
- Mort de Quentin à Lyon : contre-enquête au cœur d’une ville gangrénée par la violence d’extrême-droite (20/02)
- Notre amie et camarade Susan George nous a quitté·es (19/02)
- Les titres de la presse auxquels vous avez échappé (19/02)
- Mort de la diplomate Leïla Shahid, éternel visage de la Palestine en France (18/02)
- Lordon : Les collaborateurs (18/02)
- NPA - L’Anticapitaliste : Défendre LFI, faire front face à la fascisation (18/02)
- Venezuela : "Il y a une richesse et une complexité politique dont la presse ne rend pas du tout compte" (17/02)
- Les fascistes ont bien organisé un guet-apens armé (17/02)
- L’Assemblée Nationale rend hommage à un néo-nazi (17/02)
- Les coopératives peuvent-elles sauver les travailleur·ses ? Entretien avec Willy Gibard (17/02)
- "L’antifascisme risque d’être diabolisé" (17/02)
- Le Moment politique de Mélenchon (17/02)
- NPA-R : Face aux intimidations et aux violences de l’extrême droite, union des travailleurs et réponse de classe (17/02)
- Manu Bompard affronte les Grandes Gueules (17/02)
- Coquerel sur RTL (17/02)
- Manu Bompard : Débunkage des fake news sur LFI (17/02)
- Paul Vannier sur RMC (17/02)
- Marx était-il stylé ? Entretien avec Vincent Berthelier (16/02)
- Révélations : de nouvelles images et un témoignage révèlent qu’une embuscade a bien été tendue le 12 février par des fascistes lyonnais (16/02)
- Étrangler Cuba ? (16/02)
- Amélie de Montchalin - La chronique de Pierre-Emmanuel Barré (16/02)
Liens
A Kharkiv, la statue de Lénine survivra à la révolution
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Serhiy Jadan a renoncé à la manière forte. Enlever à la hussarde la statue de Lénine de Kharkiv n'était pas une bonne idée, reconnaît-il. Trop d'émoi. « Ici, l'histoire et les symboles soviétiques sont importants. » Le poète et écrivain, auteur de La Route du Donbass (Noir sur blanc, 2013), figure locale du « Maïdan », la révolution populaire en Ukraine, avait projeté, avec sescompagnons, de déboulonner Lénine, comme on le fit à Kiev et ailleurs.
Nous étions le samedi 22 février, l'exaltation était à son comble dans le pays. Viktor Ianoukovitch était déchu, Ioula Timochenko, figure de la « révolutionorange » de 2004, libérée. A Kharkiv, le gouverneur Mikhaïlo Dobkine et le maire Guennadi Kernes étaient en fuite. La ville de l'Est, jusqu'ici passive, devait vivre« son » Maïdan. Enlever Lénine aurait été un symbole fort. Restait à convaincre les habitants.
Las. On ne balaie pas ainsi soixante-dix ans d'histoire russe. L'initiative du poète révolutionnaire a ulcéré les citoyens, massés dès le lendemain midi, sur la place de la Liberté, pour « protéger » des vandales la sculpture du père de la révolution d'Octobre. On avait déjà osé le taguer, c'en était assez.
« TAS DE CAILLOUX »
« Serhiy est idiot ! », pense son ami Zurab Alasania, journaliste pro-Maïdan. Lénine ne vaut guère plus qu'« un tas de cailloux » à ses yeux. Pourtant, Zurab Alasania ne veut pas non plus qu'il disparaisse de Kharkiv. Ce serait une provocation.« C'est un objet personnel », dit-il, elliptique.
A Kharkiv, Lénine est plus qu'un monument. « C'est un complexe architectural », assure Vasyl Koma, responsable adjoint de la sécurité du bâtiment de la région, envahi par les manifestants depuis samedi. Erigé en plein centre-ville, Lénine est un monstre de plusieurs tonnes. On ne le « déboulonne » pas comme ça. « Il faut une base légale », explique M. Koma.
Serhiy Jadan et ses amis y ont pensé. On a même appelé un architecte pourétudier la faisabilité. Lundi, tout était presque prêt pour un démontage « en douceur ». Trois jours auraient suffi. Mais Kharkiv risquait d'imploser rien qu'à cette idée. « Ici, tout le monde n'est pas d'accord. On doit respecter les points de vue. Kharkiv et la région sont très proches de la Russie, il y a cette influence »,insiste M. Koma, membre du Parti des régions. Après tout, Lénine peut bien figurerdans la ville comme un héritage du passé, qu'il soit, ou non, controversé. « Si c'était moi, je ferais un référendum », ajoute-t-il.

Faudra-t-il voter pour ôter le Lénine de Kharkiv ? Le retour en fanfare du maire de la ville, Guennadi Kernes, arrivé dimanche pour galvaniser les anti-Maïdan et leurpromettre la paix, rend hypothétique une telle option. Le scrutin devrait se faire au conseil municipal et M. Kernes en verrouille la majorité. Il faudra donc patienter.
Sergueï Velmenko, un sexagénaire révolutionnaire, s'est fait une raison. « Lénine, c'est le sang, le malheur, mais on ne va pas le casser. Les gens seraient trop bouleversés. » Mais peut-être pourrait-on l'entreposer dans un coin plus discret, suggère-t-il.
« Lénine, ce n'est plus la question principale, souffle, résigné, Serhiy Jadan.Lénine est un symbole. On ne se bat pas contre Lénine mais contre la corruption », dit-il avant de maudire les anti-Maïdan. « Ils ont peur de perdre leur passé. Nous, nous avons peur de perdre notre futur. »




