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Espagne: baisse d’impôt pour les patrons
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Après quatre années marquées par l'austérité et alors que les premiers signes de reprise économique se consolident, avec une croissance de + 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, le chef du gouvernement espagnol a donné, samedi 31 mai, un avant-goût des mesures de relance qui seront présentées dans les prochaines semaines en conseil des ministres.
Mariano Rajoy a annoncé, devant un parterre de chefs d'entreprise, la baisse progressive de l'impôt sur les sociétés de 30 % à 25 % entre 2015 et 2016, pour les grandes entreprises. Selon un rapport d'experts nommés par le gouvernement, les PME, déjà soumises à un impôt de 25 %, pouvaient être découragées à l'idée de croître par peur d'être soumises à un taux d'imposition supérieur. Cette mesure sera inscrite dans la réforme fiscale attendue cet été, qui devrait aussi inclure des modifications de l'impôt sur le revenu. « L'idée générale est que baissent lesimpôts », a-t-il déclaré à Sitges (Catalogne).
L'objectif n'est pas tant que les entreprises paient moins d'impôts, mais qu'elles paient mieux. Suivant les recommandations des économistes, M. Rajoy a estimé nécessaire « de rapprocher le taux nominal et le taux effectif en simplifiant l'impôt ».
Selon la dernière étude du syndicat des techniciens du Trésor public (Gestha), les grandes entreprises de l'Ibex 35, l'indice boursier espagnol, ne paient que 3,5 % d'impôts grâce aux déductions diverses et variées dont elles bénéficient – et qui devraient être révisées – et de l'utilisation de leurs filiales dans des paradis fiscaux.
La véritable surprise a été l'annonce d'un plan de réactivation économique doté de 6,3 milliards d'euros, attendu vendredi prochain en conseil des ministres. Mais là encore, il convient d'y regarder de plus près. Doté de 3,6 milliards d'euros de fonds publics, « sans augmenter les dépenses », a précisé M. Rajoy, ce plan est censé mobiliser 2,7 milliards du privé.
RENOUER AVEC LES ÉLECTEURS
Pas de levées de fonds exceptionnelles donc, mais un effet d'annonce pour mettreen valeur les grands axes de la politique économique à venir. Ce plan prévoit d'injecter 750 millions d'euros pour la réindustrialisation et la compétitivité, des lignes de crédits publics pour le développement technologique ou la reconduite des aides pour l'achat de véhicules neufs.
Modernisation des services publics de l'emploi, réforme de la loi sur les dépôts de bilan sont également attendues cet été pour essayer de relancer l'emploi, alors que le chômage frappe toujours un quart de la population active espagnole. Elles marquent la tentative du gouvernement de renouer avec les électeurs à un an des prochains grands rendez-vous électoraux et après des élections européennes qui ont vu le Parti populaire perdre près de 2,5 millions de votes par rapport aux dernières élections générales. Mais elles s'inscrivent aussi dans un nouveau scénario économique, plus optimiste, qui bénéficie de la forte baisse des taux d'intérêt de la dette et du retour de la confiance des marchés financiers.
Par ailleurs, les derniers résultats du PIB, qui ont indiqué une croissance de 0,4 % au premier trimestre 2014, témoignent de l'importance de la demande interne poursoutenir la croissance face aux aléas des exportations. Ces dernières ont baissé de 0,4 % alors que les dépenses des administrations publiques ont augmenté de 4,4 %. « Nous voulons relancer la consommation, améliorer la compétitivité de l'économie tout entière, et contribuer à la création d'emplois », a déclaré Mariano Rajoy.




