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Sarkozy à l’épanchoir
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Arrêt sur images) Sur la forme, c'était du Poutine : un Bouleau qui tente de faire le boulot (pardon), entravé par un Elkabbach dont la longévité sur les écrans, depuis Giscard (depuis Giscard !) dit à elle seule la fonction de dogue de garde de tous les pouvoirs successifs (pour les amateurs, l'intégrale des questions du dogue ici). Et dès le lendemain, un choeur d'éditorialistes ébaubis par le "fauve politique", et se perdant en spéculations sur "son retour". Rien de neuf.
De même, rien de neuf dans l'opération de victimisation, vieille comme les poursuites contre les puissants depuis le début du règne de la télé, cet épanchoir si confortable. Dans l'argumentaire de la Blanche Victime, figurent des éléments strictement polémiques voués à l'autodégradation immédiate (la longueur de la garde à vue, le défèrement nocturne devant les "deux dames", les appartenances syndicales des juges), et d'autres plus consistants, comme cette mise en examen pour "corruption active", effectuée, nous apprend Le Monde, "après un réquisitoire supplétif du parquet national financier". En français, cela signifie qu'au vu des éléments de la garde à vue, ont été recueillis contre Sarkozy des indices graves et concordants de corruption (et pas seulement de "tentative de corruption"), qui ont décidé la procureure financière nationale, Eliane Houlette, à autoriser les juges à enquêter dans cette direction.
Plutôt que sur les "juges rouges", c'est donc sur cette discrète procureure, choisie et installée depuis le printemps dernier par Christiane Taubira, qu'aurait dû porter l'attaque sarkozyenne. Pourquoi cette pudeur ? Sans doute parce qu'il aurait alors fallu rappeler que Houlette elle-même agit sous le contrôle du procureur général Faletti, marqué, lui, à droite, et que Taubira a vainement tenté de dégager. Trop compliqué. Ca ne cadrait ans doute pas dans le scénario.
En l'état de ce que nous connaissons du dossier des écoutes, tel que la presse l'a publié, on ne voit pas quels sont ces éléments de "corruption active". Le Palais de Monaco a démenti toute intervention de Sarkozy pour caser son copain le "haut magistrat" Azibert, en échange d'infos sur la décision de la Cour de cassation d'autoriser ou pas le transfert de ses agendas du dossier Bettencourt vers le dossier Tapie, dans le cadre de ces écoutes décidées pour le coincer dans les financements libyens (vous avez le droit de relire cette phrase autant de fois qu'il sera nécessaire). Y aurait-il donc autre chose que le poste de Monaco ? Mais quoi ? Pas d'inquiétude, si ça existe, on le saura vite.
Il est vrai que Sarkozy, devant Bouleau et Elkabbach, a apporté quelques précisions intéressantes, évidemment passées inaperçues des éditorialistes ébaubis. "Mon avocat, Thierry Herzog, m'a demandé si je pouvais me renseigner et faire une intervention auprès du palais de Monaco. J'ai dit Non, je ne ferai pas l'intervention". Pour se défausser, Sarkozy a donc chargé Herzog, son avocat depuis toujours, celui qui sait tout, celui qui a acheté le portable de Paul Bismuth. Ce n'est donc plus seulement Copé, qui constitue pour lui une menace dans l'affaire Bygmalion, mais désormais Herzog aussi. On espère pour lui qu'il a bien pesé les risques. Et que l'avocat qui succèdera à Herzog dans le rôle d'avocat de Bismuth les pèsera à son tour. En tout état de cause, ça promet un beau procès.

Par Daniel Schneidermann le 03/07/2014




