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Directions syndicales : Valls n’a rien à craindre
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Alors que le gouvernement multiplie les gestes démontrant encore et toujours sa volonté de servir les intérêts du patronat, les différents dirigeants syndicaux continuent à le soutenir d'une façon ou d'une autre.
Laurent Berger, secrétaire de la CFDT, a appuyé l'action du gouvernement dans une interview donnée au journal patronal Les Échos. Pour lui, « la négociation des plans sociaux dans les entreprises, instaurée grâce à l'accord de sécurisation de l'emploi, produit déjà des résultats ». De tels propos ont de quoi scandaliser les milliers de travailleurs qui ont perdu leur emploi ces derniers mois du fait des licenciements facilités par cette loi. Mais Laurent Berger se dit prêt à tout accepter du gouvernement, du travail du dimanche aux cadeaux au patronat, tant que le Premier ministre « reste à l'écoute des partenaires sociaux », c'est-à-dire comble tous ces dirigeants syndicaux en les invitant aux tables de négociations. Ne reculant devant rien pour défendre Valls et Hollande, il récuse le terme d'austérité pour définir la politique du gouvernement. Il n'y a pas d'austérité en France, dit-il. La preuve : « Grâce à notre action le RSA vient d'augmenter de 2 % au 1er septembre, alors qu'il était question de le geler. »
On est habitué depuis longtemps à cette caution apportée par les dirigeants de la CFDT à la politique antiouvrière du gouvernement. Mais, de leur côté, les dirigeants de la CGT n'expriment pas une opposition plus déterminée. Si le ton est légèrement différent du côté de Lepaon, le fond ne l'est pas. Certes, celui-ci clame que « la CGT ne négociera rien sur les seuils sociaux ». Il oublie juste dire que personne n'a évoqué de négociation sur le sujet, ce qui rend plus aisé d'affirmer sa fermeté. Depuis plus de deux ans, Lepaon ne sait que se plaindre et dire que le gouvernement aurait trahi ses promesses électorales. « Dans l'histoire de France, c'est la première fois qu'un exécutif met autant d'énergie à gâcher la confiance que le peuple lui a accordée. » Mais qui a recommandé de leur faire confiance ?
Non seulement ces dirigeants syndicaux n'ont absolument pas la volonté de mobiliser les travailleurs contre les coups qu'ils reçoivent, mais, par leur passivité et leur attitude vis-à-vis de ce gouvernement, ils contribuent à leur lier les mains. C'est par-dessus leur tête que les militants ouvriers et les travailleurs devront passer pour mener la contre-offensive indispensable au monde du travail.
Marion AJAR




