[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Actualités et analyses [RSS]

Lire plus...

Newsletter

Twitter

Effondrement du revenu des ménages aux Etats-Unis

économie international

Brève publiée le 11 septembre 2014

Tweeter Facebook

Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

http://www.wsws.org/fr/articles/2014/sep2014/pers-s10.shtml

La récente étude réalisée par la Réserve fédérale américaine sur les finances des consommateurs et publiée jeudi, atteste d’une dégradation dévastatrice des conditions économiques d’une large majorité de la population au cours de la soi-disant reprise économique.

Le rapport montre qu’entre 2007 et 2013, le revenu d’un ménage américain type a chuté de 12 pour cent. Un ménage médian américain gagne actuellement 6.400 dollars de moins par an qu’en 2007.

Source: Federal Reserve Survey of Consumer Finances

Une grande partie de la baisse est survenue durant la « reprise » présidée par le gouvernement Obama. Durant les trois années entre 2010 et 2013, le revenu annuel d’un ménage type a baissé de 5 pour cent supplémentaires.

Le rapport relève aussi que la richesse se concentre encore davantage dans les couches économiques supérieures. La part de richesse des 3 pour cent au sommet est passée de 44,8 pour cent en 1989 à 54,4 pour cent en 2013. La part de richesse détenue par les 90 pour cent au bas de l’échelle a chuté de 33,2 pour cent en 1989 à 24,7 pour cent en 2013.

Les écarts de revenu ont augmenté parallèlement à une monopolisation croissante de la richesse. Tandis que le revenu annuel d’un ménage type dégringolait de 5 pour cent entre 2010 et 2013, le revenu des dix pour cent des salariés en haut de l’échelle augmentait de 10 pour cent, avec des gains encore plus importants pour les ménages les plus aisés.

Source: Federal Reserve Survey of Consumer Finances

Le rapport présente d’autres indicateurs de régression sociale. Il constate que le pourcentage de la population qui est propriétaire de son domicile est tombé de 67,3 pour cent à 65,2 pour cent entre 2010 et 2013.

La proportion de jeunes familles accablées par une dette concernant l’éducation a presque doublé entre 2001 et 2013, passant de 22,4 pour cent à 38,8 pour cent. Au cours de cette même période, le pourcentage de ces familles avec plus de 100.000 dollars de dette a quasiment plus que décuplé, passant de 0,6 pour cent à 5,6 pour cent.

Le rapport de la Fed démontre irréfutablement que les déclarations faisant état d'une vaste reprise économique sont frauduleuses. Il est vrai que Wall Street et l’aristocratie financière n’ont jamais été si bien servis. Mais la situation de la plupart des travailleurs continue de se détériorer.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que les médias traditionnels aient enterré le rapport de la Fed. Les politiciens des deux grands partis patronaux, les Démocrates et les Républicains, ont eux aussi gardé le silence.

Le rapport de la Fed n’est que la plus récente d’une série d’études sur l'augmentation continue de la pauvreté et de l’inégalité sociale dans le contexte de ce qui est présenté comme une reprise après le krach de 2008. Ces études font ressortir que les tensions sociales ont atteint en Amérique un point de rupture. Il existe une opposition sociale grandissante, reflétée tout dernièrement par les événements survenus à Ferguson, dans le Missouri, suite au meurtre par la police d’un adolescent non armé. Et la réaction de la classe dirigeante, comme on a pu le voir dans la répression militaro-policière contre les manifestants à Ferguson, est la répression de masse.

Entre-temps, Obama a lancé une nouvelle guerre illimitée au Moyen-Orient et incite pratiquement à la guerre contre la Russie en Europe de l’Est, ce qui fait planer la menace d’une catastrophe nucléaire.

Et pourtant, dans cette situation explosive, les élections législatives qui doivent se tenir d’ici huit semaines seulement, ne suscitent pratiquement aucun intérêt dans l’opinion publique. Le centre d’études de l’électorat américain (Center for the Study of the American Electorate) a indiqué que la participation aux primaires de 2014 avait baissé de 18 pour cent par rapport à 2010, enregistrant leur niveau le plus bas. Dans l’Iowa, seuls 9,7 pour cent de la population avait voté lors des primaires.

Les prochaines élections au Congrès devraient susciter un taux de participation tout aussi faible.

En plus de la polarisation sociale, on assiste à une polarisation politique qui, à ce jour, s'exprime principalement de manière passive: aliénation, abstention et écoeurement. De manière plus générale, la population laborieuse aux Etats-Unis ne croit pas que les élections changeront quoi que ce soit. Son expérience du gouvernement Obama, qui avait promis « l’espoir » et le « changement » pour ensuite poursuivre et intensifier la politique réactionnaire de son prédécesseur républicain, commence à lui ouvrir les yeux sur l’impasse où mène le système bipartite.

Les gens sentent de plus en plus la nécessité d'un changement plus fondamental et que les problèmes auxquels ils sont confrontés sont ancrés dans l’ensemble du système économique et politique existant.

Ce sentiment est confirmé par le refus et l’incapacité de ces deux partis d'apporter une réponse aux questions sociales essentielles auxquelles les travailleurs sont confrontés – le chômage, la baisse des salaires et des revenus, les fermetures d’écoles, la destruction des retraites et des prestations de santé. Ils n’ont rien à offrir, sinon davantage d’austérité et davantage de répression.

La Réserve fédérale a publié son rapport un jour avant la publication par le Département du Travail des chiffres médiocres de l’emploi pour le mois d’août, montrant que l’économie américaine a créé moins d’emplois le mois dernier que tous les autres mois de l’année. Il montre de plus que 268.000 personnes ont été radiées des listes de demandeurs d’emploi, ce qui porte le taux de participation de la main d’œuvre américaine à son niveau le plus bas depuis quatre décennies et demi.

La réaction du gouvernement Obama et des Démocrates, qui se manifeste sous la forme d’un discours hebdomadaire à la Maison Blanche et qui a été tenu samedi dernier par le vice-président Joseph Biden, n’a fait que souligner le gouffre insurmontable qui sépare le gouvernement et la classe ouvrière.

Biden a salué le rapport sur l’emploi comme étant une justification de la politique du gouvernement. C’est, a-t-il dit, « un nouveau rappel des progrès que nous avons accomplis. » Biden a présenté Obama ainsi que lui-même comme les défenseurs de la « classe moyenne » américaine, cette construction mythique des politiciens et des universitaires capitalistes qui sont tétanisée à l’idée de reconnaître l’existence de la classe ouvrière.

Il n’a, bien sûr, fait aucune allusion au rapport de la Fed concernant l’appauvrissement de vastes sections de la population et l'enrichissement encore plus important de l’oligarchie financière. Il n’a pas non plus parlé des coupes drastiques dans les coupons alimentaires, ni de la suppression des allocations pour les chômeurs de longue durée, supervisées par lui-même et Obama.

L’alternative soumise aux travailleurs comme étant leur choix « démocratique » ce sont les Républicains qui sont encore plus durs et plus impitoyables dans leur défense des intérêts réactionnaires de l’élite patronale et financière.

Il est nécessaire de faire un bilan et de tirer les conclusions appropriées. Il n’y a pas d'autre moyen d'aller de l’avant pour les travailleurs et les jeunes que de rompre une bonne fois pour toutes avec les partis politiques existants et d'engager une lutte indépendante contre le système capitaliste.