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La presse française au pas devant les néo-nazis américains

Les vendredi 11 et samedi 12 aout 2017, à Charlottesville aux USA, le nazisme a tué, le nazisme a blessé. 

La Tendance Claire présente ses plus sincères condoléances et son total soutien aux proches de Heather Heyer, ainsi que son total soutien aux proches de tou.te.s les blessé.e.s et traumatisé.e.s côté contre-manifestant.e.s.

Il y aurait des dizaines d'articles à écrire: sur la réponse appropriée à avoir à cet événement; sur les parallèles avec la situation en France et en Europe, les positionnements des partis de pouvoir par rapport à ces faits. 

Nous allons ici nous intéresser à comment la presse nationale et régionale française a couvert ces événements. 


Comme nous pouvons le constater, immédiatement après les faits des comptes twitter relayaient déjà des images fortes, ne laissant que peu de places à l'interprétation. Drapeaux confédérés, drapeaux et saluts nazis, visages déformés par la haine, hommes armés jusqu'aux dents d'armes de guerre, en tenue para-militaire. Force est de constater que cette foule est inquiétante, se revendique néo-nazie sans trop de scrupules et n'hésite pas à tuer ses opposants en commettant des attentats à la voiture-bélier contre des piéton.ne.s.

Alors, nous direz-vous; c'est l'occasion rêvée. Nos éditorialistes français adorent faire référence au nazisme, à l'apartheid et aux régimes discriminatoires. Rappelez-vous avez quelle ferveur le camp d'été décolonial avait l'an dernier (et est également cette année) été comparé au régime de l'apartheid. Rappelez vous avec quelle énergie les images d'Afrique du Sud ou d'Allemagne des années 30 avaient fleuri sur les comptes Twitter de Laurent Bouvet, de Joffrin, de FOG et autres bouffons de service public. 

Rappelez-vous comment ces "journalistes", mais aussi la DILCRAH par exemple, ne cessent de considérer comme in-tolérable que des racisé.e.s/ Noir.e.s/ Musulman.e.s puissent se rassembler pour discuter du racisme. 

Alors, avec des DRAPEAUX NAZIS dans les rues, vous pensez bien que la plume exacerbée des pourfendeurs de l' "islamofascisme" vont dégainer, plus vite que leur ombre, pour hurler au retour d'Hitler dans nos rues? Pour appeler, comme cela a été fait contre le Nyansapo Festival, à la résistance populaire contre le retour du N A Z I S M E. 

Détrompez-vous. Ces plumes hargneuses, suintantes de haine, prêtes à tous les néologismes pour taper sur des Arabes ou des Noir.e.s, n'a pas trouvé ici de quoi aligner cinq lettres de N à Z. 


Quelles ont été les publications des journaux français de grande audience après les tragiques événement? 

Pour commencer, le journal de référence de la presse quotidienne française, Le Monde, qui titre sobrement "Ce que l'on sait des manifestations d'extrême-droite qui ont dégénéré". 

Extrême-Droite dégénérée aurait été plus proche de la réalité sans doute, mais nous saluerons les compétences en gymnastique de concours du Monde, qui réussit à ne mentionner en titre ni le décès ni le fait qu'il s'agissait de rassemblements de N A Z I S.

Le Figaro arrive à faire encore plus fort, en titrant sur "les blessés dans des heurts à Charlottesville" alors que l'article s'ouvre sur une vidéo où l'on traite du sujet Heather Heyer, déjà décédée. 

Sans mentionner qu'il s'agit d'un rassemblement Néonazi. Le titre pourrait être le même pour une bagarre à l'ouverture des soldes. 

Nous pouvons ici constater la délicatesse, la tolérance dont fait preuve le journal de droite (extrême?) Le Figaro à l'égard de meurtriers et de nostalgiques du 3e Reich. 

France Info titrera sur des "incidents" à Charlottesville.

Même Libération, journal socialement "de gauche" et souvent prompt à réagir sur le racisme et les oppressions systémiques en général, se prend les pieds dans le plat avec une première mouture de leur article nommé "Violents heurts à un rassemblement de la droite radicale américaine". 

Depuis re-titré: "Marche Raciste à Charlottesville: une voiture heurte des contre-manifestants, un mort". 

Oui, malgré le fait que la morte soit au singulier, l'ensemble des titres que nous avons parcouru indiquent "un mort". 

Mais arrive là un autre élément intéressant que les amateurs-trices de "bavures" policières reconnaitront bien: le retour de la voiture tueuse. 

Sur l'ensemble des titres consultés, il s'agit d'une voiture, qui aurait foncé pour on ne sait quelle raison, certainement un problème mécanique, sur la foule. 

Pour l'Indépendant "Une voiture percute des personnes". 

Pour la RTBF: "Une voiture fonce dans une manifestation anti-droite radicale". 

C'est le monde à l'envers. On a l'impression ici en lisant le titre qu'une manifestation était donnée contre les lecteurs du Point.

Si l'on cherche "Charlottesville voiture" sur google, les liens "à la une" parlent encore de voiture devenue folle. Aucun ne mentionne Heather Heyer, aucun ne mentionne même le fait qu'i y ait eu un meurtre. 

Seuls (à la date du 14 aout 2017) le journal Charente Libre titre sur Heather Heyer et emploie le terme "néo-nazi". Mais se permet de titrer "le mort" au lieu de "la morte". 

Sur Mediapart, nous retrouvons les deux mêmes éléments. 

"Aux États-Unis, les néonazis sont en ville: un mort."

Espérons que cette petite revue de presse contribue à apporter aux questionnements plus que légitimes de continuer à s'informer via ces sources réputées fiables, disposant d'aides publiques énormes et d'abattages fiscaux. Rappelons à juste titre que ces journalistes sont payé.e.s avec de l'argent public pour masquer, diminuer les faits. Pour faire perdurer un système raciste et sexiste. Pour rediriger l'inquiétude du lecteur/de la lectrice sur les "voitures folles".

Quand le Figaro passe sous silence un décès et prend huit guillemets pour parler de droite extrême, des internautes de Twitter connaissent déjà l'identité d'une quinzaine de ces participants, contacté leurs entreprises, documenté abondamment le sujet.

Alors que des NéoNazis défilent dans les rues bras et mains tendues, drapeau nazi ou confédéré à l'épaule, une grande partie de la presse française se demande encore s'il faut mettre des guillemets à "extrême-droite", parce que tout de même. 

À l'heure ou la question d'une auto-organisation populaire face à ces pratiques et à la montée de groupuscules néo-fascistes et néo-nazis en France (Lyon, Paris, Aix-en-Provence entre autres), les injonctions venues de personnes "non politisées" à "discuter avec eux, ne pas les stigmatiser" etc, se multiplient. 

La presse a bien fait son travail, on peut désormais accueillir avec "tolérance" une manifestation néonazie en France, en expliquant qu'il ne faut pas stigmatiser mais aller vers la discussion. 

Les victimes du nazisme et du fascisme d'hier apprécieront, ainsi que les victimes du racisme, du sexisme, de l'homophobie d'hier comme d'aujourd'hui.

La presse fait bien son travail, la population est parfaitement informée que régulièrement en France ou ailleurs une voiture devient folle, un moteur s'emballe, et le véhicule percute et tue des gens. Parfois ce sont des véhicules de la police, bon. On ne va pas non plus blâmer ces pauvres policiers voyez comment ils sont mal équipés.

La presse fait bien son travail: un policier peut violer un Noir avec une matraque, nous nous demanderons tout de même si ce jeune homme n'avait pas été un peu provocant. 

La presse fait bien son travail: Les forces de "l'ordre" peuvent s'asseoir à 5 sur un jeune homme Noir (lui aussi) jusqu'à ce qu'il en meure d'étouffement, la population voudra savoir pourquoi il courait s'il n'avait "rien à se reprocher". 

La presse fait bien son travail, en qualifiant Olivier Besancenot de porte parole de "l'ultra gauche" en France, quand les mêmes se demandent si "extrême-droite" ce n'est pas un peu excessif pour désigner des néonazis assassins. 

La presse fait bien son travail, dormez sur vos deux oreilles et faites attention aux voitures folles.

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