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    Après l’Assemblée du 10 février, la lutte continue pour démocratiser la France insoumise !

    Par Victor Müller (22 février 2024)
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    Après l’Assemblée du 10 février, la lutte continue pour démocratiser la France insoumise !

    L’Assemblée citoyenne militante qui s’est tenue le 10 février à Gagny (Seine-Saint-Denis) a marqué une étape importante dans la lutte pour construire un mouvement démocratique capable de regrouper largement autour d’une alternative politique au bloc bourgeois de Macron et Le Pen. Cette assemblée faisait suite à l’Appel pour une VIe République dans la France insoumise, dont les membres de la Tendance CLAIRE sont signataires. Elle a permis de donner une grande visibilité au regroupement constitué autour de cet Appel, et d’attirer de nombreux nouveaux signataires, dont une députée.

    Le problème de la démocratie interne à la France insoumise est double, comme l’ont rappelé les différentes tables rondes et discussions de cette journée. D’une part, le “mouvement gazeux” est dirigé par diverses instances dont les prérogatives ne sont définies nulle part et dont les membres sont soit cooptés soit tirés au sort, plutôt que d’être élus. Qui plus est, les droits politiques des membres du mouvement ne font l’objet d’aucune garantie statutaire, et même les règles pour appartenir au mouvement n’ont jamais été clarifiées. Cela explique notamment que la France insoumise n’ait jamais organisé de congrès sous une forme ou une autre, pour définir sa ligne politique et sa stratégie collectivement et démocratiquement. Cela explique aussi les nombreux cas d’exclusion contre lesquels il n’existe aucun recours formel, puisqu’il n’existe pas de critères d’appartenance auxquels se référer. En pratique, c’est un petit groupe autour de Jean-Luc Mélenchon qui prend toutes les décisions importantes – par exemple, aujourd’hui, celles concernant les investitures et les alliances pour les élections européennes.

    D’autre part, le mouvement “La France insoumise” est adossé à une minuscule association du même nom. Conformément à la loi française, cette association n’est pas obligée de publier la liste de ses membres, mais tout indique qu’ils se comptent sur les doigts de la main. C’est pourtant elle qui contrôle toutes les finances du mouvement ainsi que les investitures aux élections. Les participants de l’Assemblée ont souligné que cette structuration du mouvement autour d’un micro-parti qui concentre le pouvoir est analogue à celle du mouvement d’Emmanuel Macron, “La République en marche”. D’une manière générale, en permettant à des micro-partis constitués parfois de deux ou trois membres de concentrer autant de pouvoir, la loi française sur le financement des partis politiques ne favorise pas la démocratie partisane et n’encourage pas la démocratie militante. De plus, malheureusement, les statuts particuliers de l’association “La France insoumise”, que nous avons pu consulter et que nous publions en annexe, sont conçus pour étouffer la démocratie dans la vie du mouvement et pour limiter son objet aux campagnes électorales.

    Nous sommes intervenus lors de l’Assemblée pour rappeler que la question démocratique est centrale. Dans une organisation politique qui a l’objectif d’être majoritaire dans la société, de rassembler très largement pour conquérir le pouvoir, il est absolument nécessaire que les militant.e.s puissent s’emparer des questions politiques et y apporter leur propre expérience. Pour convaincre, il faut être profondément convaincu. Pour être convaincu, il faut pouvoir s’approprier le programme et la stratégie du mouvement. C’est donc une grave limite de la France insoumise actuellement que les orientations politiques soient impulsées par la direction sans consultation réelle avec la base.

    Si nous voulons regrouper très largement autour de nous, il faut accepter que tout le monde ne pourra pas être d’accord sur tout. Certaines positions seront majoritaires, d’autres seront minoritaires, et ce n’est pas grave : les minoritaires, si on leur garantit une libre expression démocratique, peuvent chercher à convaincre les majoritaires. La question des mandats est également cruciale : qui est désigné pour mettre en œuvre les décisions démocratiques, qui peut parler au nom du mouvement, et qui contrôle la réalisation de ces mandats ? En particulier, le contrôle des élu.e.s par la base du mouvement devrait être effectif pour les aider à tenir bon face aux attaques des oppositions politiques de tout bord et des médias.

    Enfin, pour construire une organisation indépendante, il faut pouvoir disposer d’une trésorerie indépendante. Aujourd’hui, la France insoumise est très dépendante des subventions de l’État, mais ces subventions peuvent disparaître si nous perdons des élu.e.s ou si les règles de financement des partis sont modifiées à des fins répressives. Mettre en place un système d’adhésion et de cotisation juste et transparent permettrait ainsi de mener notre politique en toute indépendance.

    Suite à cette Assemblée, il est plus important que jamais de lutter pour que le mouvement La France insoumise, qui a démontré sa capacité à mobiliser un bloc populaire massif pour contester l’hégémonie néolibérale de Macron et de l’extrême-droite, se dote enfin d’un fonctionnement démocratique. Cela pourrait commencer par la tenue d’un congrès pour adopter démocratiquement des statuts définissant les droits et les devoirs des militants, le programme politique du mouvement et sa stratégie. En l’état actuel des choses, chaque tournant stratégique, chaque “affaire” médiatique fait perdre des forces à notre mouvement, car les désaccords politiques légitimes s’enveniment et conduisent au découragement, voire à la démission ou à l’exclusion de militants. Il est grand temps que cela cesse ! Si nous voulons que nos idées soient largement partagées, qu’elles deviennent majoritaires, un fonctionnement démocratique est indispensable.

    La direction de La France insoumise a tort de répondre par le mépris aux propositions émanant de l’Appel pour une VIe République à la France insoumise. Encore récemment, Manuel Bompard a cherché à nous discréditer parce que nous serions peu nombreux. Tout d’abord, la démocratie interne ne devrait pas être subordonnée au nombre de personnes qui la revendiquent. Surtout, nous savons qu’en réalité, des milliers de camarades souhaitent un fonctionnement plus démocratique du mouvement, mais ne signent pas l’Appel par crainte de représailles pouvant aller jusqu’à l’exclusion. En réalité, nous sommes très nombreux à vouloir la démocratie interne !

    C’est pourquoi nous regrettons particulièrement que d’autres organisations qui font partie du mouvement La France insoumise, comme le Parti ouvrier indépendant (POI) ou encore le groupe “Révolution”, ne soutiennent pas l’Appel. La démocratie interne est indispensable pour faire gagner le bloc populaire regroupé autour de la France insoumise. Elle est l’affaire de tou.te.s les militant.e.s, qu’ils se considèrent ou non comme membres de la France insoumise.

    -------

    Texte de clôture de l'Assemblée citoyenne militante du 10 février

    Gagny, le 10 février 2024

    Dans cette salle aujourd’hui, nous sommes une centaine de militantes et de militants du programme l’Avenir En Commun. Nous sommes aussi nombreuses et nombreux connecté·es en visio, devant nos écrans. Et nous sommes au dernier décompte plus de 500 signataires de l'Appel pour une sixième république à LFI.

    Nous sommes pour certaines et certains élu·es, souvent très impliqué.es, engagé.es dans des collectifs citoyens ou des associations. Du Front de Gauche à La France Insoumise, nous sommes toujours présent·es pour lutter et mettre en œuvre la Révolution citoyenne, parfois depuis la création de ces mouvements de gauche unitaires.

    Depuis le lancement de notre Appel à démocratiser La France Insoumise il y a un an et demi, nous interrogeons collectivement le fonctionnement de notre mouvement politique. Nous avons réfléchi ensemble et témoigné de nos situations locales. Nous avons observé la conduite du mouvement et contribué au débat public. Nous avons alerté et questionné publiquement la direction sans autre réponse que le silence.

    Nous espérions qu’avec les Assemblées dites Représentatives et les boucles départementales, nous aurions pu faire mieux. Or ces instances n'ont ni la maîtrise de leur ordre du jour, ni de leur calendrier, ni des conditions de déroulement de leurs réunions, avec très peu de possibilités d’amendements, ce qui a été préparé en amont par le siège parisien.

    Ce changement, loin d’apporter le renouveau démocratique attendu, a tout au contraire renforcé les mécanismes autocratiques et verticaux de notre mouvement. Les règles des tirages au sort ne sont pas rendues publiques. Le comité électoral est nommé dans des conditions arbitraires, composés de proches de la direction.

    Dans nos Groupes d'Action également, nous sommes confronté·es à des problèmes d'ordre démocratique. Nous avons appris avec stupeur les exclusions de camarades pour des motifs fallacieux, face à un « Comité de Respect et des Principes » CRP opaque qui ne répond pas à nos questions, refuse les procédures contradictoires et l'assistance d'un conseil. Nous nous sommes aussi interrogé.es sur le financement des GA et sur l'utilisation précise des ressources dont bénéficie le mouvement depuis 2022.

    Ce constat inquiétant, nous l’avons partagé avec vous tout au long de cette journée. Comme vous, ces intervenant·es sont porteurs des valeurs et des principes de notre programme : l’Avenir en Commun. Et de l'immense espoir qu'il suscite.

    Vous avez entendu leurs expériences douloureuses, mais aussi, leur espoir de voir se renouveler un mouvement qui porte des valeurs sociales, solidaires, féministes et écologiques ambitieuses et progressistes. Les plus ambitieuses qui soient en ce moment dans le paysage politique français. Ce programme, nous voulons le porter.

    Nous sommes actuellement uniquement des petites mains qui collent, tractent et boîtent au service de la machine insoumise . Nous voulons aussi être les citoyen·nes de notre mouvement.

    Notre conclusion est que la structuration de LFI n’est pas démocratique. Le pouvoir est concentré dans les mains de quelques personnes non mandatées par les militants et militantes. C’est en totale contradiction avec l’esprit des mouvements citoyens, et avec les valeurs de l’Avenir en Commun.

    Face aux échéances à venir, face aux enjeux qui nous attendent, l’urgence est réelle. Nous proposons un programme, l'Avenir en Commun, qui veut passer à la Sixième République et amorcer une bifurcation démocratique, sociale, économique et écologique.

    Comment faire entendre l’alternative que nous proposons face à l'alliance des libéraux et de l'extrême-droite ? Nous avons le devoir de constituer une alternative crédible face à celles et ceux qui saccagent les principes républicains, les pratiques démocratiques, et tous les conquis sociaux de notre histoire. Nous avons la nécessité de mettre en pratique nous-mêmes les bases élémentaires d'une souveraineté populaire, préparant le peuple à la révolution citoyenne.

    Pouvons-nous vraiment nous passer de toutes celles et ceux qui veulent lutter au sein d’une même organisation politique pour mettre en pratique et faire vivre leurs valeurs et leurs principes ? Pouvons-nous accepter les départs en nombre au sein du mouvement, sans nous poser de questions ?

    Nous avons besoin de toutes nos militantes et de tous nos militants pour mener ensemble les combats à venir. Il est urgent de replacer le peuple militant au centre de notre organisation politique.

    C’est pourquoi nous, signataires de l’Appel, fier·es de notre insoumission, agissons maintenant en accord avec nos valeurs et l’AEC. Nous initions aujourd’hui une refondation du mouvement dans lequel nous investissons notre temps, notre argent, notre vie.

    Nous voulons faire évoluer cette œuvre commune, outil de lutte collective, de rassemblement, d'enracinement du mouvement citoyen et de renouvellement de la gauche dans le paysage politique. Nous devons absolument nous organiser pour vaincre l’extrême-droite en 2027.

    Pour sortir de cette crise par le haut, il faut changer les règles du jeu. Il est temps d’élaborer et d’adopter de véritables statuts fixant un cadre politique clair, démocratique et participatif.

    Nous ne prétendons pas, nous signataires de l'Appel, décider pour le mouvement. Nous prétendons que c’est au peuple militant de décider de sa future structuration :

    La démarche de refondation adaptée qui permet au peuple militant de refonder son contrat social est celle préconisée par l’AEC pour la sixième République : la démarche Constituante : des militant·es citoyen·nes désigné·es par des règles claires et vertueuses seront chargé·es de rédiger et de proposer de nouveaux statuts pour LFI.

    Nous appelons donc solennellement la France Insoumise à faire sa révolution militante et a commencer dès aujourd’hui la mise en œuvre de sa future Assemblée Constituante.

    Cette Constituante aura pour objectif de donner de nouveaux droits au citoyen·nes militant·es de LFI

    • -  droit de pouvoir élaborer et choisir nos stratégies politiques

    • -  droit de choisir nos représentants et représentantes et les révoquer si nécessaire

    • -  droit d’imposer des débats et des votations

    • -  droit à des moyens budgétaires pour s’auto-organiser localement

      Aujourd’hui, nous lançons notre Campagne pour rebâtir la France Insoumise. Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !

      Nous appelons tout.es les militant.es LFI quelque soit leur statut, tous·tes les personnes qui ont pour objectif de promouvoir l'Avenir En Commun à prendre la parole, à ouvrir le débat, et à nous rejoindre sur cette unique revendication : démocratisons La France Insoumise par la méthode de la Constituante !

      Pour nous rejoindre, rendez-vous sur le site appel6replfi.fr
      et sur nos réseaux sociaux Facebook, Instagram et X (anciennement tweeter) et sur le canal Télégram Appel 6 Rep

      Révolution citoyenne à la France Insoumise !

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