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Décryptage des annonces Geffray-Baptiste : calmer la rue… sans affoler les marchés financiers.

6 octobre 2026 : le mouvement lycéen prend un caractère de masse, 450 000 jeunes défilent dans les rues, 891 lycées bloqués, fermés ou perturbés. Au terme de la journée, Lecornu annonce un lock-out généralisé de tous les lycées de France, le temps d’organiser un « temps de démocratie lycéenne » pour canaliser la mobilisation. Le lendemain Lecornu annonçait dans une allocution télévisée que les « premières réponses » au mouvement lycéen seraient apportées… fin octobre. À ce moment-là, le gouvernement joue la montre, en pariant sur un essoufflement du mouvement d’ici les vacances, tout en cherchant à rassurer les créanciers (les « marchés financiers », le capital financier) de l’État sur le fait qu’il ne céderait pas un pouce sur son budget d’austérité prévu pour la fin de l’année.
Fin octobre, nous y sommes. Mais, entre-temps, et bien que les blocus de lycées se soient raréfiés juste avant les vacances, à partir du 17 octobre, le mouvement lycéen s’est en quelque sorte transformé en un mouvement plus global, encore plus massif, de contestation globale et radicale de la politique de Macron, prenant même, à la marge, des formes insurrectionnelles. Acte I, tour de vis autoritaire de Nunez, puis acte II, acte III… Le dentifrice ne rentre pas dans le tube, et il en sort encore ! Maintenant, c’est la « Gen Z » qui est dans la rue, et elle en a gros, si gros qu’elle pourrait déborder la journée d’action appelée le 5 novembre par les confédérations syndicales : initialement, cette date servait, pour l’intersyndicale confédérale, à enjamber le mouvement lycéen ainsi que le 17 octobre, mais elle apparaît, aujourd’hui, comme un point d’appui très important. Cela, le gouvernement, ne l’avait pas anticipé. Les annonces de Geffray et de Baptiste formulées ce 26 octobre interviennent dans ce contexte, où le gouvernement craint que le mouvement franchisse un cap supplémentaire à la rentrée, et où l’enjeu est de l’envoyer sur la pente descendante en éteignant son foyer lycéen. C’est pourquoi le paquet de mesures annoncées n’apparaît pas à première vue négligeable : il faut tenter de montrer qu’on envoie du « lourd », qu’on « répond » vraiment aux revendications collectées dans les cahiers de doléances, quitte à désavouer des aspects fondamentaux de la politique macroniste en matière d’éducation. Mais qu’en est-il réellement ? Des miettes ou du pain ? Si pain il y a, la fournée va-t-elle avoir lieu ? Nous reviendrons ici sur les 7 mesures ou ensemble de mesures les plus importants annoncés par le gouvernement, en reprenant les chiffres des économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab), ainsi que du journal Les Echos, sur ce que ces mesures représenteront en termes de dépenses dans le budget Lecornu.
Au sommaire :
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ParcoursSup « remplacé » en 2028 : le pouvoir s’en remet aux présidentielles pour trancher la question (dans budget 2027 = 0€)
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15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur professionnel et technologique (BTS, IUT, DUT) : une avancée… qui n’est pas à la hauteur des besoins. (dans le budget 2027 = 420 millions d’euros)
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Recrutements d’enseignant-e-s et plafond de 28 élèves par classe maximum en classe de seconde… partiellement pour 2027, totalement pour 2028. (dans le budget 2027 = environ 25 à 60 millions d’euros1)
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Plan de 5 milliards de rénovation du bâti scolaire et universitaire… d’ici à 2030 (dans le budget 2027 = 200 millions d’euros €).
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Indexation des bourses étudiantes sur l’inflation : Lecornu refile de la main gauche ce qu’il prend de la main droite. (dans le budget 2027 = 37 à 50 millions d’euros2)
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Sur les emplois du temps : pause déjeuner d’au moins une heure et restriction des combinaisons de spécialités. (dans le budget 2027 = 0€)
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Vers une révision du contrôle continu en première pour réduire la pression scolaire ? (dans budget 2027 = 0€)
Conclusion : un paquet de mesurettes à peu de frais… pas de quoi affoler les marchés financiers !
1- ParcoursSup « remplacé » en 2028 : le pouvoir s’en remet aux présidentielles pour trancher la question (dans budget 2027 = 0€)
L’abrogation de ParcoursSup, plateforme mise en place en 2018 pour renforcer la sélection dans les établissements de l’enseignement supérieur, faisait partie des multiples revendications du mouvement. Source d’un énorme tri social, d’affectations non-souhaitées et aussi de non-affectations, mais aussi d’une forte pression scolaire en première et en terminale, ParcoursSup est au cœur des préoccupations des lycéen-ne-s. Geffray a annoncé que ParcoursSup serait d’abord rendu plus transparent dès cette année, avec une obligation pour les établissements d’enseignement supérieur de rendre publics leurs critères de sélection et de motiver leurs refus. Une mesure cosmétique, dont l’applicabilité peut être partiellement mise en doute : où trouver la ressource humaine pour envoyer les multiples messages justifiant les refus ? L’IA se chargera sûrement de rédiger des messages standardisés… Ensuite, du « lourd » : ParcoursSup serait « remplacé » (par quoi ?) d’ici… 2028. En clair, tout en créant un effet d’annonce à peu de frais (0€), le pouvoir s’en remet ici aux présidentielles pour trancher cette question éminemment politique de la sélection dans le supérieur, sans se prononcer dessus. Même la question de la mention du lycée d’origine sur ParcoursSup, dont il est maintenant de grande notoriété qu’elle est discriminante, est remise à un « groupe d’experts », « pour préparer les décisions pour 2028 ». Cela ne l’empêche néanmoins pas d’organiser un débat à l’Assemblée nationale sur la question ce mercredi 28 octobre, histoire de brasser un peu d’air ! Au-delà de l’outil de la sélection, se pose la question des racines de cette sélection : le manque de places dans le supérieur.
2- 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur professionnel et technologique (BTS, IUT, DUT) : une avancée… qui n’est pas à la hauteur des besoins. (dans le budget 2027 = 420 millions d’euros)
À l’issue de la phase principale de la procédure d’affectation ParcoursSup cette année, 126 652 élèves étaient restés sans affectation jusqu’à la phase complémentaire en septembre. Fautes de places dans de nombreuses formations, des milliers de bacheliers sont affectés chaque année, en phase complémentaire, sur des formations qu’ils ne souhaitaient pas du tout intégrer. Cela concerne principalement des bacheliers des filières technologique et professionnelle, mais aussi secondairement des bacheliers de la filière générale. Face à cela, le gouvernement annonce maintenant la création de 10 000 places en BTS, 4 000 en IUT et 1 000 dans les formations de santé… sur 2 ans (de 2027 à 2028). C’est en soi une petite avancée, qui impliquera selon le gouvernement l’ouverture de 1264 postes d’enseignants, mais c’est très faible au regard des besoins, et met complètement de côté la question du manque de places dans les universités, où certains amphis sont pleins à craquer… et où 10 000 places ont été supprimées l’année dernière ! Sur ce point, le gouvernement ne rompt pas avec l’orientation défendue par le MEDEF, qui cherche à réorienter la masse des bacheliers vers des formations professionnalisantes, apportant rapidement des flots de main d’œuvre adaptés aux besoins du patronat, dans un contexte où le progrès technique fait disparaître un grand nombre de postes à qualifications intermédiaires qu’occupaient auparavant les titulaires de licences universitaires.
3- Recrutements d’enseignant-e-s et plafond de 28 élèves par classe maximum en classe de seconde… partiellement pour 2027, totalement pour 2028. (dans le budget 2027 = environ 25 à 60 millions d’euros3)
La surcharge des effectifs par classe, atteignant par endroits, et sur tous les niveaux, 35 élèves par classes, voire-même 36 (dans l’académie de Versailles notamment), est aussi une préoccupation importante du mouvement lycéen. Cette surcharge est le résultat d’une politique de suppressions de postes (7 000 postes en lycées généraux et technologiques sur les deux quinquennats de Macron !) dans le secondaire, qui s’applique dans un contexte où les lycéens d’aujourd’hui sont ceux qui sont nés au pic de la croissance démographique en 2009, 2010 et 2011. Le gouvernement a annoncé la mise en place d’un plafond de 28 pour les classes de secondes. Mais ce plafonnement ne s’appliquerait qu’à la moitié des lycées les plus défavorisés à la rentrée 2027, puis au reste des lycées à la rentrée… 2028. « A cette fin, le ministre a confirmé ce qu’il annonçait depuis la présentation du budget, le 1er octobre, à savoir l’annulation des 836 suppressions de postes d’enseignants prévues dans le budget du second degré, et le recrutement de 500 professeurs », rapporte le journal Le Monde, ce qui s’ajoute au recrutement de 920 contractuels annoncés le 8 octobre. Il faut ajouter à cela le recrutement annoncé. C’est en soi là aussi une avancée, mais, même s’il est budgétisé dans le projet de loi de finances 2027, le gouvernement ne sera plus là pour appliquer le plafonnement, et, en tout cas, les lycéen-ne-s mobilisé-e-s n’en profiterons pas. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ! Quant aux cours de tronc commun et à certains groupes de spécialités blindés (Maths, SES, Physique-chimie, SVT notamment) en première et en terminale, rien, si ce n’est une piste de réflexion engagée sur la spécialité Mathématiques. Et qu’en est-il des seuils pour les classes de la filière professionnelle, qui, en région parisienne, sous la pression des rectorats, passent de plus en plus de 24 élèves à 27 élèves par classe, s’écartant largement de la moyenne française (19) ? Rien n’est annoncé là-dessus non plus. Le plafonnement du nombre d’élèves par classe impliquerait, dès l’année prochaine, des ouvertures de nouvelles classes dans certains grands lycées, même malgré le fait qu’il soit attendu que les effectifs globaux de seconde baissent légèrement à la rentrée 2027 par rapport à la rentrée 2026. Cela pose donc la question très matérielle de la taille des bâtiments, du nombre de salles…
4- Plan de 5 milliards de rénovation du bâti scolaire et universitaire… d’ici à 2030 (dans le budget 2027 = 200 millions d’euros €).
Le gouvernement a annoncé deux plans pluriannuels de rénovation du bâti, un pour les établissements du secondaire (collèges et lycées) et un pour les universités.
Pour les universités, le plan pluriannuel (2027-2029) de rénovation est de 1 milliards d’euros. La première année, en 2027, seuls 200 millions d’euros seront mobilisés. C’est toujours ça de pris, mais très largement insuffisant : les besoins en termes de rénovation du bâti universitaire sont estimés à 12 milliards d’euros par France Université, dans un contexte où, selon la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (Dgsip), « un tiers du patrimoine immobilier universitaire se trouve dans un état jugé peu ou pas satisfaisant ». Rien que sur l’Université Paris-Saclay, les besoins de rénovation sont estimés à 900 millions d’euros. Surtout, seuls les 200 premiers millions seront budgétisés dans le projet de loi de Finances 2027. La totalité des crédits d’un plan pluriannuel n’ont qu’une valeur indicative dans la loi et ne sont réellement adoptés qu’année après année à l’Assemblée nationale.
Pour les lycées et collèges, le plan pluriannuel est de 4 milliards d’euros entre 2027 et 2030, soit 1 milliard par an. Là aussi c’est insuffisant au regard des besoins : rien que sur les lycées, une mission de l’Assemblée nationale publiée en 2024 estimait les besoins de rénovation à 95 à 146 milliards d’euros, ce qui, lissé sur 30 ans, constituerait un plan de 3 à 5 milliards d’euros par an, soit 10% à 20% des investissements annuels des régions et des départements4. Ces 4 milliards seraient alloués aux collectivités territoriales sous la forme d’un prêt à taux préférentiel accordé par le dispositif EduRenov, et ne coûte donc rien en termes de dépenses dans le budget Lecornu, le dispositif en question relevant de la Caisse des dépôts. Ce plan pluriannuel s’ajoute aux 1,5 milliards déjà engagé par l’Etat, ce qui donne 5,5 milliards… Étrange coïncidence, relevée par le journal Les Echos5 : à l’annonce du projet de budget 2027, l’État a demandé un effort budgétaire de 5,5 milliards d’euros, ce qui fait que le plan de rénovation sur 4 ans ne compense même pas les coupes demandées pour 2027 ! Ce n’est pas « je déshabille Pierre pour habiller Paul », c’est : je déshabille Paul d’un coup, puis je le rhabille 4 fois plus lentement que je l’ai déshabillé... Cette austérité budgétaire demandée chaque année aux collectivités territoriales n’est pas sans conséquences, elle ralentit la rénovation des lycées : en 2021, un rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Île-de-France montrait qu’au moins 75 % des lycées franciliens dont la dégradation a été constatée depuis 10 ans n’avaient pas encore été rénovés.
5- Indexation des bourses étudiantes sur l’inflation : Lecornu refile de la main gauche ce qu’il prend de la main droite. (dans le budget 2027 = 37 à 50 millions d’euros6)
Dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et des biens de première nécessité, et d’une crise aiguë du logement, le coût de la vie des étudiant-e-s est aujourd’hui très élevé, et constitue un ressort objectif des mouvements de jeunesse en cours dans différents pays d’Europe (Belgique, Italie, Grèce, Portugal, Espagne…). Le gouvernement nous annonce une indexation des bourses étudiantes sur l’inflation dès 2027. Très bien, mais les bourses étudiantes sont gelées depuis la rentrée universitaire 2024, après une maigre revalorisation de 37 euros en 2023 ! Une revalorisation bien plus importante qu’à la hauteur du taux d’inflation actuel serait donc nécessaire, d’au moins 200 euros selon l’Union Étudiante. Aussi, il ne faut pas oublier que le projet de loi de Finances 2027 prévoyait une économie de 72 millions d’euros via un gel des Aides personnalisées au logement (APL) ainsi que la coupure des APL aux étudiant-e-s non-boursier-e-s issu-e-s des foyers fiscaux dont les revenus dépassent la deuxième tranche de l’impôt sur le revenu. En quelque sorte, le gouvernement prévoit de redonner ici de la main gauche une partie de ce qu’il avait prévu prendre de la main droite !
6- Sur les emplois du temps : pause déjeuner d’au moins une heure et restriction des combinaisons de spécialités. (dans le budget 2027 = 0€)
La réforme du bac de Blanquer (2018) a profondément désorganisé les emplois du temps des élèves : depuis 2018, dans la filière générale les élèves peuvent choisir des spécialités à la carte et non plus au menu comme c’était le cas au moment des filières S, ES, et L. Cela a permis une plus grande diversité de choix, mais, dans un contexte où les effectifs par classe augmentaient, cela a rendu très compliqué le fait de réaliser des emplois du temps sans « trous ». Il faut naviguer entre les créneaux de « tronc commun » (histoire-géographie, EMC, langues, et français et maths pour la première) qui sont communs à tous les élèves de la classe, les créneaux de spécialité qui sont propres à chaque élève, et les contraintes signalées par les enseignant-e-s. Tout cela a augmenté l’amplitude horaire des journées au lycée, en réduisant les possibilités de compression des emplois du temps des élèves… D’où la revendication de la fin du « 8h-18h » très visible dans le mouvement lycéen. Certaines combinaisons de spécialité assez rares (exemple : HLP et maths) impliquaient même, dans certains lycées7 et pour quelques élèves, selon les arbitrages de la direction de l’établissement, qu’ils n’aient que moins d’une heure voire aucun temps pour manger le midi. Face à cela, le gouvernement annonce garantir une pause méridienne d’une heure dès la rentrée 2027, et réfléchir à une restriction du nombre de combinaisons de spécialités qu’il serait possible de choisir dès la rentrée 2027. Pour l’année prochaine, ce serait la combinaison entre une baisse des effectifs par classe et un regroupement d’élèves à combinaisons de spécialités similaires par classe qui permettrait d’assurer de meilleurs emplois du temps, mais cela nécessite des moyens, des heures postes et du bâti supplémentaires. À terme, une refonte globale du baccalauréat général s’impose, avec un retour à minima aux « filières » (L, ES, S), tout en laissant un large choix d’options périphériques dans chacune des filières.
7- Vers une révision du contrôle continu en première pour réduire la pression scolaire ? (dans budget 2027 = 0€)
Depuis la mise en place du « bac Blanquer » et de ParcoursSup, à partir de la première, presque chaque note compte dans l’orientation des élèves, puisque les épreuves finales de spécialité ne sont pas prises en compte dans la phase principale de ParcoursSup, qui récupère simplement les moyennes trimestrielles depuis la première, et les notes du bac de français et de maths. Cette réalité fait peser une forte pression sur les élèves, générant un stress important, et renforçant la finalité évaluative de l’appropriation des savoirs, dont on sait à quel point elle amoindrit le sens attribué des apprentissages. L’évaluation devient ainsi une fin, non plus un moyen. Toute cette pression scolaire, est aussi un ressort de la mobilisation lycéenne. Face à tout cela, seul un « groupe de travail » est mis en place par Geffray, qui « sera chargé d’examiner le nombre et le poids des évaluations, leur répartition entre la première et la terminale, l’harmonisation des pratiques de notation et la prise en compte des progrès. » Une suppression du contrôle continu en première serait envisagée. Mais le problème n’est vraiment pas là, puisque la pression n’est pas tant exercée par le bac que par la prise en compte des notes dans ParcoursSup, qu’elles comptent pour le bac ou non ! De plus, la formule « harmonisation des pratiques de notation » fait craindre le retour en force des projets locaux d’évaluation (PLE), qui menacent la liberté pédagogique des enseignants en standardisant les évaluations… et donc indirectement les contenus de cours. Le PLE avait été remis au goût du jour par Elisabeth Borne en août 2025, mais, le premier ministre Bayrou ayant démissionné le 8 septembre, il n’avait pas été appliqué par la plupart des chefs d’établissement.
Conclusion : un paquet de mesurettes à peu de frais… pas de quoi affoler les marchés financiers !
Au final, un paquet de mesurettes à peu de frais pour le budget Lecornu 2027 : une facture globale de 4778 millions à 6829 millions d’euros selon les estimations (très loin des 10 milliards exigés par les organisations lycéennes), soit environ 1% du budget de l’Education nationale, le tout sans aucune annonce de recettes fiscales supplémentaires ! Sur quel autre service public sera alors pris cet argent : la santé ? la justice ? « Ça devra être financé par des efforts supplémentaires », a confirmé le ministre des Comptes publics, David Amiel ce mardi 27 octobre. Pas de quoi affoler les marchés financiers qui ont tout de même déjà les yeux rivés sur les finances publiques françaises : la presse économique rapporte même, qu’à l’heure où le taux d’intérêt auquel emprunte l’État vient de dépasser la barre des 5% (du jamais vu depuis 2002), certains fonds financiers de la City de Londres et de Wall Street payent pour avoir des informations précises sur les finances de l’État français... Dans les colonnes des Echos, François Escalle, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes, rassure : « pour les marchés financiers, ça va, ce n'est pas cher ». Ces annonces montrent certes que la lutte paie : en 1 mois, la puissante mobilisation de la jeunesse a contraint le gouvernement à répondre sur le terrain politique. Cependant, elles sont largement insuffisantes et restent compatibles avec la cure d’austérité de 43 milliards d’euros que prépare Lecornu pour la fin de l’année. Pour faire céder le pouvoir sur la question clé du budget, le mouvement de jeunesse doit progresser dans les voies de l’auto-organisation, reconstruire un vaste mouvement de blocus et chercher à s’adresser au le reste de la société, au monde du travail, à commencer par les enseignant-e-s qui sont restés jusque-là en retrait pour leur majorité. L’ensemble des travailleurs-ses doit se saisir de la journée de grève et de mobilisation du 5 novembre prochain pour augmenter le rapport de force et engager un bras de fer contre un gouvernement particulièrement fragile. Les mots de la secrétaire générale de la CGT, qui appelait à organiser des assemblées générales partout et à « généraliser la grève » le 5 novembre, ne doivent pas rester des paroles en l’air !
Notes
1 25 millions environ selon nos propres calculs, si on ne prend en compte que les 500 postes supplémentaires, 60 milllions si on y ajoute l’annonce du recrutement de 920 contractuels faite le 8 octobre, comme le font les économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab).
2 - 37 millions d’euros selon le document du gouvernement, 50 millions d’euros selon les économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab).
3 25 millions environ selon nos propres calculs, si on ne prend en compte que les 500 postes supplémentaires, 60 milllions si on y ajoute l’annonce du recrutement de 920 contractuels faite le 8 octobre, comme le font les économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab).
4 Source : « OPINION.« Rénover collèges et lycées : 3 à 5 milliards d'euros par an pendant trente ans », La Tribune, 12 octobre 2026 - https://www.latribune.fr/article/idees/33947309274324/opinion-renover-colleges-et-lycees-3-a-5-milliards-deuros-par-an-pendant-trente-ans
5 « Budget 2027 : ce que vont vraiment coûter les mesures pour les lycéens et étudiants », Les Echos, 27 octobre 2026, https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/mesures-pour-les-lyceens-et-etudiants-une-facture-limitee-pour-le-budget-2027-2259412
6 - 37 millions d’euros selon le document du gouvernement, 50 millions d’euros selon les économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab).
7 - Le cas le plus médiatique a été celui du lycée Robert Doisneau de Corbeil-Essonne, où les enseignants ont décidé se mettre en grève dès la rentrée contre les emplois du temps imposés aux élèves par la direction.
8 - Chiffrage proposé par le journal Les Echos.
9 - Nous avons aditionné ici les chiffrages de chaque mesure en prenant en compte la fourchette basse pour le point 5, et en écartant le recrutement des contractuels déjà annoncé le 8 octobre. Nous ne reprenons pas le total de 530 millions d’euros indiqué par les économistes Elise Huillery (ENS-PSL) et Romane Paris (Public Finance Lab), parce qu’il omet les 200 millions du plan de rénovation des universités étant financé en ligne de crédit directe de l’Etat, tout en incluant les contractuels annoncés le 8 octobre dans le chiffrage des recrutements.








