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Non à l’intervention impérialiste en Syrie !

Elle ne vise nullement à aider le peuple syrien à se libérer : les impérialistes occidentaux veulent uniquement reprendre le contrôle de la région déstabilisée par les processus révolutionnaires

Une nouvelle fois, les impérialistes français et états-unien ont décidé de bombarder un pays arabe. L’accusation d’utilisation d’armes chimiques par Bachar El Assad n’est qu’un prétexte : les impérialistes recevaient en grande pompe ce dictateur monstrueux quand il leur vendait à vil prix l’économie syrienne et ils sont les premiers à utiliser des armes atroces contre les peuples, des mines anti-personnel aux bombes à uranium, en Irak, en Afghanistan, en Afrique… Qui peut croire que ces pires va-t-en-guerre du monde, qui ont massacré ces dernières années des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, puissent vouloir aider le peuple syrien à réaliser ses aspirations démocratiques et sociales ? Qui peut se faire la moindre illusion sur les prétendues visées humanitaires des impérialistes américains qui torturent dans les prisons de Guantanamo et de la CIA, et des impérialistes français qui ont défendu Ben Ali jusqu’à son renversement en janvier 2011 et qui continuent plus que jamais de soutenir des dictateurs sanguinaires en Afrique ?

En réalité, les impérialistes et leurs alliés de l’État sioniste veulent reprendre la main dans la région dite « arabo-musulmane » parce qu’elle est profondément déstabilisée depuis le début des processus révolutionnaires en 2011. Le régime pourri de Bachar El Assad, soutenu par les capitalistes russes et chinois, a provoqué la guerre civile contre son peuple qui s’était soulevé au printemps 2011, au prix de 100 000 morts déjà et de destructions terribles. Aujourd’hui, l’impasse politique est d’autant plus grande qu’on trouve parmi les insurgés non seulement des révolutionnaires, des démocrates indépendants authentiques, qui manquent cruellement d’armes, des Kurdes luttant pour leur libération nationale, mais aussi des agents directs de l’impérialisme équipés par la France, les États-Unis et Israël et des islamistes de différentes obédiences, les uns armés en abondance par les réactionnaires d’Arabie saoudite et du Qatar, les autres au service des terroristes d’Al Qaida. C’est maintenant une course de vitesse entre les différents secteurs de la lutte armée contre Al-Assad, l’enjeu étant de savoir qui dirigera la Syrie après la chute du dictateur. Il est probable d’ailleurs que, dans ce but, les agents directs de l’impérialisme et une partie des islamistes s’allient, l’essentiel étant surtout d’empêcher les révolutionnaires et les démocrates indépendants, arabes et kurdes, de prendre en main leur propre destin. C’est exactement ce qu’ils ont tenté avec le gouvernement de Morsi en Égypte ou avec le pouvoir Ennahda en Tunisie, mais leur échec les oblige à de nouvelles interventions dans la région.

Car l’enjeu dépasse largement le cadre de la Syrie : il concerne l’ordre régional et par là même mondial. La Syrie est un terrain d’affrontement lourd de dangers entre les impérialistes occidentaux d’un côté, la Russie et la Chine de l’autre. Le chaos syrien déborde au Liban, ainsi que dans le Kurdistan de Turquie. En Égypte, une mobilisation populaire impressionnante contre les Frères musulmans, qui avaient le soutien des impérialistes parce qu’ils étaient, à un moment donné, les seuls à pouvoir enrayer le processus révolutionnaire, a débouché sur un coup d’État de l’armée ; la faiblesse du mouvement ouvrier organisé a permis à l’armée d’imposer pour le moment sa solution, en opérant massacre atroce des Frères musulmans pour terroriser toute la population. En Tunisie, le gouvernement Ennahda, soutenu par les impérialistes, est lui aussi menacé d’être renversé par la mobilisation populaire — et là encore des forces hostiles au peuple, autour de la droite libérale de Nida Tounès, issue du régime de Ben Ali, essaie de récupérer la colère pour revenir au pouvoir — en réussissant malheureusement à instrumentaliser les partis de gauche réunis dans le Front populaire, avec le piège du « Front du salut ». De plus, l’Iran, malgré le récent changement de gouvernement, continue de renforcer ses capacités militaires et notamment atomiques : l’opération en Syrie vise aussi à l’affaiblir et à le menacer. Et ce ne sont pas les soi-disant négociations ouvertes par Israël et ses collaborateurs du Fatah pour continuer de fouler aux pieds les intérêts du peuple de Palestine qui suffiront à empêcher l’éventualité d’un nouveau soulèvement palestinien que tous redoutent tant.

C’est pourquoi les révolutionnaires du monde doivent s’opposer de toutes leurs forces aux bombardements en Syrie et œuvrer à l’échec de l’intervention impérialiste. En France, nous devons être aux premiers rangs des opposants au gouvernement, organiser des manifestations et rassemblements avec toutes celles et ceux qui s’opposent à l’intervention en la dénonçant comme impérialiste, en y défendant évidemment nos propres mots d’ordre. C’est d’autant plus crucial que Hollande-Ayrault-Fabius tentent aussi de réaliser par là une union nationale pour mieux désamorcer les mobilisations contre leur contre-réforme des retraites, tout en poursuivant leur odieuse politique anti-ouvrière et anti-immigrés, en s’en prenant tout particulièrement aux jeunes des quartiers populaires et aux musulman-e-s.

Cela ne signifie aucun soutien à Bachar El-Assad et nous condamnons sans ambiguïté les prétendus partis révolutionnaires ou de gauche, issus généralement du stalinisme, qui soutiennent le dictateur au moment où il massacre son peuple en osant le présenter comme anti-impérialiste ou progressiste. Mais il est crucial que son renversement soit réalisé par le peuple syrien lui-même, qui poursuit sa lutte héroïque malgré les manipulations dans ses propres rangs et la confusion extrême. Quand bien même les impérialistes renverseraient Al Assad, ce serait uniquement pour transformer la Syrie en un nouvel Irak, pour mettre en place un régime entièrement à leur botte qui empêche toute solution favorable aux aspirations démocratiques et sociales du peuple, et disposer d’une nouvelle place forte afin de mâter et terroriser les peuples de la région qui cherchent à poursuivre le processus révolutionnaire dans les conditions les plus difficiles qui soient. Au prix terrible du sang, l’émancipation démocratique et sociale des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

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