[RSS] Twitter Youtube Page Facebook de la TC Articles traduits en castillan Articles traduits en anglais Articles traduits en allemand Articles traduits en portugais

Newsletter

Ailleurs sur le Web [RSS]

Lire plus...

Twitter

Traitement médiatique de la question kurde : le cas Ekin Van

Les révolutionnaires pestent souvent contre les médias de masse, à juste titre. La question kurde est particulièrement sujette à certaines manipulations médiatiques, quand ce n'est pas carrément un black-out médiatique. Alors que deux parties du Kurdistan sur quatre sont balayées par une vague révolutionnaire, ce à quoi il faut ajouter une crise politique du Kurdistan irakien, on ne nous en dit presque rien. Au mieux, dans l'espace francophone des grand médias, on apprend que la Turquie bombarde le PKK et que celui-ci commet des attentats. Pour ainsi dire, la question kurde se transforme là en « problème kurde »...

Kevser Eltürk dit Ekin Van, femme membre des YJA-STAR, branche armée féminine du PKK, fut abattue le 10 Août par l'armée turque dans les environs de Varto dans le district de Mus. Tout aurait pu s’arrêter là et elle aurait été de ces nombreux morts anonymisés dans un conflit sanglant qui ravage le Kurdistan Nord (situé en Turquie) depuis plus de trois décennie.

Mais les nationalistes en décidèrent, malgré eux, autrement. Le corps torturé d'Ekin Van fut traîné par les soldats des forces spéciales dans toute la ville de Varto « pour l’exemple », déshabillé et montré nu au public. Un militant nationaliste prit la photo du corps d'Ekin Van gisant sur le sol avec des soldats l'entourant après leur « parade » avec leur « trophée », et la photo fut diffusée sur les réseaux sociaux dans les milieux nationalistes qui l'ont partagée massivement avec de nombreux commentaires et de jolis petits « like ».

Disons le clairement : c'est ce qu'on appelle un féminicide avec l'élimination, l’humiliation du corps d'une femme, une femme qui résiste de surcroît au patriarcat dans l'armée autonome des femmes des YJA-STAR. Pourtant, dans l'espace médiatique francophone, on a bien peu entendu parler de ce crime infâme, que ce soit dans les médias mainstream ou dans les médias plus engagés. Il n'y a qu'à marquer le nom d'Ekin Van sur le moteur de recherche Google pour voir que la quasi-totalité des articles sur la question sont en anglais, les Kurdes se retrouvant bien seuls une fois de plus face aux crimes odieux de l’État turc, pourtant dénoncés par les Kurdes et de nombreuses associations de défense des droits de l'homme présentes sur place.

Le cas Ekin Van est exemplaire de tous les points de vue. Hélas, quand il s'agit de dénoncer frontalement un allié de l'occident et de l'OTAN, un allié qui torture des femmes non-blanches, non-chrétiennes et non-européennes en lutte et que ce crime se déroule en toute impunité, les réactions sont pour le moins discrètes. Pourtant le crime d'État et le féminicide sont avérés. Cela est d'autant plus scandaleux si on considère que des horreurs comme il est arrivé à Ekin Van, il y en a bien d'autres au Kurdistan, des milliers pour ne pas dire des millions, volontairement « invisibilisés » et renvoyés dans la longue Histoire des oubliés.

Nous détournons notre regard de ces horreurs, et c'est pourquoi je veux ici mettre le projecteur sur le cas Ekin Van, raconter son l'histoire, celle de l' « oubliée » et à travers cela mettre le doigt sur le choix conscient ou inconscient d’invisibiliser des crimes qui pourtant ont toute les raisons de faire la une des journaux ou tout du moins un article quand tout le monde kurde pleure ces femmes martyres, mutilées et exhibées en trophées de guerre.

Plus que jamais nous avons la possibilité d'écrire nos histoires, alors je vous raconte la mienne : celle d'un vent de colère emplissant mon cœur de révolte face au corps ensanglanté d'Ekin Van, qui se transforme en tornade face au silence des faiseurs d'opinions, des lanceurs d'alerte et de la blanchitude héritée de l'ère coloniale, celle qui anesthésie nos réactions et nos actions vis à vis de l'horreur qui pourtant se manifeste à deux pas de chez nous.

« les martyrs ne meurt jamais »... Vive Ekin Van. Vive la résistance du peuple kurde. Vive la lutte pour un Kurdistan libéré de l'armée et la police turques !

Sur le crime :

http://ekurd.net/naked-pkk-photo-sparks-online-furor-2015-08-20

Télécharger au format pdf

Ces articles pourraient vous intéresser :

Colombie

Colombie : La Révolte de la Dignité

La Colombie, pays de 50,34 millions d’habitant-e-s et 1,143 millions de km2, est gouvernée par Alvaro URIBE et son ventriloque, Ivan DUQUE, actuel président. La Colombie est aussi gérée de façon officieuse par Luis-Horacio ESCOBAR, cousin de URIBE et personnalité de l’ombre du monde de la drogue. Récemment, Riano BOTIA, ex-agent du CTI, services secrets colombiens, actuellement exilé au Canada, a déclaré devant la Cour Pénale Internationale que URIBE et son cousin ESCOBAR sont à l’origine de l’exportation de 10 tonnes de cocaïne vers les États-Unis et le Mexique et responsables d’au moins une centaine d'assassinats. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Kurdistan

Sur le livre “Plaidoyer pour le Rojava. Réflexions d’un internationaliste sur les aléas d’une révolution”

Début 2020, paraissait le récit d’un ancien volontaire internationaliste sous le titre de "Plaidoyer pour le Rojava : Réflexions d'un internationaliste sur les aléas d'une révolution", aux éditions Acratie. Passée plutôt inaperçue, cette parution s’ajoute à la courte liste des récits de volontaires ayant combattu dans les YPG.  Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Kurdistan

Nouvelles du Rojava

Le Rojava, région périphérique et pauvre du Nord de la Syrie, n’en finit pas de fasciner dans la gauche révolutionnaire européenne. L’expérience sociale mise en place à partir de 2012, née de la révolution syrienne, inspire toujours les militants en quête d’un modèle. Le Rojava revient ainsi régulièrement « à la une », au gré des évènements et du calendrier militant. Tantôt éclipsé par les grèves ou les gilets jaunes, ou ressurgissant à l’occasion comme, à l’automne 2019, quand les États-Unis abandonnèrent les FSD à une armée turque avide. Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook

Tribune libre

Comprendre le Rojava… ou pas.

Il y a quelques mois, paraissait "Comprendre le Rojava dans la guerre civile syrienne" de Raphaël Lebrujah. Le titre est explicite, et la tâche, de faire comprendre le Rojava en deux-cents pages, est ambitieuse. Le Rojava suscite beaucoup d'intérêt dans la gauche révolutionnaire, et il est difficile de trouver des informations fiables dans un flot continu d'informations souvent erronées, quelquefois farfelues, mais toujours invérifiables... L'ouvrage de R. Lebrujah, que les soutiens français des YPG-YPJ connaissent bien, a été encensé par la critique pro-Rojava. Rien d'étonnant, puisque le livre est un plaidoyer pour le Rojava, pour ses combattants et pour son projet politique. [...] Dans ce désert informatif, tout ouvrage consacré au projet politique émancipateur des YPG-YPJ ne peut qu'être le bienvenu.

Lire la suite...

Télécharger en pdf Tweeter Facebook