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Sur le film «Une jeunesse allemande» sorti le 14 Octobre 2015 au cinéma

Par Laszlo Merville (13 novembre 2015)
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Documentaire de Jean-Gabriel Périot, le film raconte, exclusivement avec des images d'archives, la naissance du groupe radical marxiste allemand appelé RAF (pour Fraction Armée Rouge) à la fin des années 1960.

Il débute dans l'Allemagne post-nazie, au moment où ses étudiant-e-s demandent des comptes à leurs aînés. « Vous avez trahi, nous voulons vous montrer qu'une autre voie est possible ! ». Voilà en quelque sorte quel était le cri de ralliement de ces “petits-bourgeois” comme les appellent alors les journalistes libéraux.

Périot se concentre d'une part sur les étudiant-e-s en beaux-arts à Berlin qui tentent de vaincre la censure d’État en réalisant des films politiques, artistiques, et provocateurs, et d'autre part sur Ulrike Meinhof, éditorialiste brillante d'un journal très engagé, Konkret. On voit cette dernière apparaître lors d'émissions politiques et intellectuelles à la télévision, dénonçant sans ambiguïté l'appartenance de la presse à l’État et à la bourgeoisie, et discourant sur le capitalisme perfide. On ne l'invitera bientôt plus sur les plateaux...

Le film montre bien la lutte qui s'intensifie entre jeunesse et pouvoir en Allemagne, notamment en 1967 lors de la venue du Chah d'Iran. Les manifestations étudiantes réprimées violemment par la police et dénoncées par la presse bourgeoise se multiplient. Les images d'archives nous montrent des AG de jeunes marxistes qui se radicalisent de plus en plus contre le capitalisme.

En 1968 la tentative d'assassinat d'une figure emblématique de l'opposition marxiste met le feu aux poudres et devient le déclencheur de l'armement du groupe qu'on connaîtra sous le nom Baader-Meinhof. Meinhof explique alors qu'on ne peut combattre la violence du capitalisme que par la violence et l'armement du peuple. Quelques images animées (quasiment les seules) colorient alors le film et montrent une boite d'allumettes s’enflammant...et explosant. Dans la deuxième partie du film, on apprend que les membres de la RAF partent pour la Jordanie et y suivent un entraînement militaire. Ils reviendront quelques mois après en Allemagne. Nous sommes en 1970, c'est le début de la lutte armée de la « première période » (attentats réguliers et violents contre les institutions allemandes et américaines) qui continuera jusqu'en 1977, date du suicide (officiel) en prison de Baader (un an après celui de Meinhof) et autres après la tentative ratée d'un commando palestinien de libérer les prisonniers par la prise d'otages d'un avion de ligne...

L'intérêt du film est qu'il ne montre que des images d'archives, parfois inédites. Le spectateur pénètre alors facilement dans l'ambiance de l'époque, et les documents, même mis bout à bout sans aucun chichi, sont choisis de telle sorte que l'on suit aisément le fil chronologique de l'histoire. Le montage est de ce point de vue très réussi.

De plus le film donne également la parole aux tenants du capitalisme (chancelier allemand de l'époque, journalistes bourgeois, police etc...) ce qui permet d'avoir le discours opposé aux revendications de la RAF et de nous faire une certaine opinion en tant que spectateurs.

Néanmoins, on peut regretter un manque de re-contextualisation. En effet le film s'arrête sur le « suicide » des membres fondateurs du groupe mais ne parle ni des événements d'après ( la RAF

Pourquoi sortir un film sur la lutte armée contre le capitalisme dans les années 1970 sans tenter de faire le rapprochement avec ce qui se passe aujourd'hui, la violence du capitalisme, de ses subjectivités, l'apathie et l’inexistence des partis dits « d'extrême gauche », les ZAD, les révoltes naissantes mais avortées, etc... ? Car ce qui ressort le mieux dans ce film, en écoutant le gouvernement allemand et les médias de l'époque, c'est qu'aujourd'hui, en 2015, rien n'a vraiment changé. La presse, le gouvernement, la bourgeoisie, détiennent encore tous les pouvoirs, et la colère des jeunes et du prolétariat envers ce système pourri n'a pas disparu, même si les possibilités d'en finir avec ce système semblent hors d'atteinte. Alors, pour construire le monde que nous voulons, que voulait déjà Marx, que voulaient Baader ou Meihnof, qu'est-ce qui doit (ou ne doit pas) aujourd'hui remplacer la RAF ? C'est une question que devrait poser un tel film.

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