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Spotlight ou le quatrième pouvoir en action

Par Juno Smith (31 janvier 2016)
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Ce mercredi 27 janvier est sorti sur les écrans Spotlight de Tom McMarthy, inspiré de l'enquête du Boston Globe qui a révélé l'ampleur des abus sexuels sur mineurs commis par des prêtres dans l'archidiocèse de Boston, enquête récompensée par le Prix Pulitzer en 2003.

Nous sommes en 2001. Le Boston Globe vient d'embaucher Marty Baron (Liev Schreiber) pour rétablir la rentabilité du journal et apprend l'existence d'une équipe de quatre journalistes nommée "Spotlight", capable de mener dans le secret des enquêtes de longue haleine sans publier d'articles pendant plus d'un an. Les membres de celle-ci, dirigée par Walter "Robby" Robinson (Michael Keaton), sont ainsi très attachés à cette indépendance et cette liberté et craignent de la voir remise en cause par d'éventuels nouveaux choix économiques ou coupes budgétaires. Lisant un court article, Baron découvre l'affaire du prêtre pédophile John Geoghan et les accusations portées par un avocat des victimes, Mitchell Garabedian (Stanley Tucci) déclarant que l'archevêque de Boston, le cardinal Law était au courant et n'a rien fait. Il demande donc à Spotlight d'enquêter à ce sujet... Et c'est le début d'un travail d'investigation qui va amener à la révélation du plus gros scandale de l’Église catholique en ce début de 21e siècle.

Bien servi par un excellent jeu d'acteurs, on comprend que ce film puissant ait été déjà nominé à plusieurs reprises aux Golden Globes et aux Oscars. On y voit toute l'influence de l'Église catholique à Boston qui, sachant s'appuyer sur la police, la classe politique, la justice, a ainsi pu étouffer toutes les affaires, se contentant de déplacer les prêtres accusés de paroisse en paroisse, exposant ainsi d'autres mineurs. Influence qui se matérialise au niveau de la psyché des journalistes de Spotlight eux-mêmes, qui ont tous été élevés, tous baigné dans une éducation et un monde catholiques. On verra à un moment Sacha Pfeiffer (Rachel McAdams) arrêter d'accompagner sa grand-mère à la messe.

On assiste ainsi aux pressions mises sur les journalistes au cours de l'enquête. En ce sens, le film nous rappelle "Les hommes du président" d'Alan J.Pakula consacré à Bob Woodward (Robert Redford) et Carl Bernstein (Dustin Hoffman), les deux journalistes du Washington Post qui ont suivi au jour le jour le scandale du Watergate aboutissant à la chute du président Nixon.

À travers les quelques témoignages des victimes que les journalistes rencontrent se dessinent les méthodes qu'utilisent les prêtres prédateurs pour obtenir des "faveurs sexuelles" de la part de leurs victimes.

Ce film, relatant la difficulté de l'enquête et la qualité du résultat de celle-ci nous force ainsi à méditer. Nous vivons à l'heure des BFM et des I-Télé, de l'info en continu, où une brève en chasse une autre ; à l'heure de la course au buzz, à l'audience et à la rentabilité (suite à la concentration des médias en quelques grands groupes capitalistes) ; pendant que les pseudos "agences de réinformation" et autres médias prétendument alternatifs et conspirationnistes balancent intox sur intox, notamment sur les réseaux sociaux.

Peut-on voir encore de tels travaux d'investigation de longue haleine ? Peut-on voir encore ce "quatrième pouvoir" que représentent les médias agir comme des contre-pouvoirs ?

Bande annonce : http://youtu.be/m9vsFixSR7s

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