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Les étudiants handicapés ont peu de chance de réussite à la fac
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
La scolarité est souvent semée d’embûches mais quand l’heure des études supérieures, arrive, c’est le début des grosses galères.
Je souffre de dyslexie et d’un syndrome d’Ehlers-Danlos. Ce syndrome provoque de grandes douleurs dans les articulations, des entorses récurrentes, des difficultés de concentration, une hypersensibilité générale, des vertiges, des problèmes gastriques et de très grandes fatigues physiques. Ces symptômes deviennent parfois encore plus aigus lors d’épisodes de crise.
Ce syndrome ne m’a pas empêché de vouloir poursuivre des études supérieures,entreprises il y a trois ans à la faculté des sciences de Montpellier. Conformément à la loi et sur ordre médical, on m’a donc accordé un tiers-temps supplémentaire pour la réalisation des contrôles ou des examens finaux. Pour une épreuve d’une heure, un étudiant comme moi dispose donc de 20 minutes supplémentaires.
Poursuivre des études est néanmoins compliqué, Il faut garder le rythme,supporter les longues heures de cours qui s’enchaînent, et les positions assises interminables dans les amphithéâtres. Tout ceci ne représente pas un problème insurmontable pour moi puisque j’ai choisi de m’y confronter et l’endurance acquise est pour un motif de fierté.
Ce qui ne m’empêche pas de trouver inacceptable les conditions dans lesquelles les étudiants en situation de handicap sont pris en charges, ou, plus exactement ne sont pas pris en charge. Le service de l’université responsable de notre accueil n’est d’aucune aide. Faire valoir nos droits relève du parcours du combattant où l’on vous balade d’un guichet à un autre.Le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, nous donne des réponses claires.
UNE INHUMANITÉ CONSIDÉRABLE
Fraîchement débarquée à la fac après mon bac, j’y ai découvert un lieu d’une inhumanité considérable, j’y ai dépensé beaucoup de temps et d’énergie pouressayer de trouver quelqu’un capable de me renseigner.
J’ai envoyé de nombreux mails qui pour la plupart sont restés sans réponse.
On vous considère comme quantité négligeable à la fac ; ce qui prime par-dessus tout, c’est le budget de l’année suivante et de savoir si les étudiants de Licence 1 auront travaux pratiques de biologie ou pas, afin de pouvoir faire plus d’économies.
Après deux mois et demi de recherche, j’ai enfin pu m’adresser aux personnes concernées. L’accueil fut glacial et je me suis entendue dire : « les dossiers tiers-temps ne seront plus acceptés à partir de jeudi prochain, il va falloir le faire en urgence, vous auriez pu vous y prendre plus tôt ma-de-moiselle » de la part d’une infirmière de la Médecine Préventive. Ah bon ? Cela fait 2 mois et demi que je vous cherche !
LES EXAMENS SI REDOUTÉS ARRIVENT
Certains enseignants refusent de vous donner le tiers-temps auquel vous avez droit, ceci parce qu’ils n’ont pas envie de faire du rab à la fac et vous gratifient de quelques points en plus dans la note pour compenser ce manque de temps et pour se donner bonne conscience. Imaginez la frustration de rendre un travail non fini. D’autres enseignants ont un comportement tout simplement dédaigneux.
Heureusement, le lycée m’avait en quelque sorte préparé à ce genre d’épreuve. Mes professeurs d’EPS face à ma dispense de sport imitaient dans mon dos la démarche d’un handicapé moteur ou disaient à mon amie, elle aussi dispensée,« reviens me donner ton certificat quand tu seras en fauteuil roulant ».
Les mois défilent. Je m’accroche et valide mon année.
Je m’inscris donc en Licence 2 et recommence mes dossiers pour le tiers-temps, comme à chaque rentrée. L’année se déroule bien, en dépit de la crise que j’ai traversée à Noël et qu’il a fallu calmer par un traitement à la morphine.
Le deuxième semestre commence. La fatigue se fait plus grande, jour après jour. Le mois de mai et ses examens si redoutés arrivent. Je passe mes partiels comme je peux, ma condition physique n’est pas des meilleures.
Mon dernier partiel est un des plus importants du semestre. Ce fameux mardi 20 mai 2014, je n’ai pas pu composer cette épreuve en raison de mon état de santé. J’ai fourni un certificat médical à l’enseignant référant et à l’administration de la fac. Il a été établi par le médecin qui me suit depuis toujours et qui, dois-je lepréciser, connaît mon syndrome.
Et quelle surprise lorsque j’ai eu mon relevé de notes : un zéro ! Et voici comment une moyenne de minimum 14 chute aux alentours de 10,5 alors que j’ai fourni un travail colossal.
Je contacte donc immédiatement l’enseignant ainsi que le service des scolarités qui gère la saisie des notes. À ce moment-là, on me répond sans aucune forme ni enveloppe que « toute épreuve non composée équivaut à un zéro ». Cette idée même de zéro, dans le cas d’une maladie (pas un petit rhume) me scandalise. Mais en plus on m’interdit strictement l’accès à la session de rattrapage. Je n’étais pas à la plage, j’étais malade…
Cette injustice profonde m’ayant beaucoup blessée, je décide de ne pas en resterlà. Je vais au service Handicap de l’université : aucun réel intérêt pour ma demande ni aucune réponse de la part de la personne concernée. Je m’adresse donc à la personne responsable du service des scolarités qui me dit droit dans les yeux « toute épreuve non passée entraîne un zéro, quelle qu’en soit la raison. Je ne peux rien pour vous ».
DEUXIÈME ANNÉE DE LICENCE VALIDÉE
Donc visiblement un étudiant handicapé et reconnu par les Maisons départementales des personnes handicapées n’a pas le droit d’être malade. Quel recours aurait un salarié face à cette situation ?
L’université Montpellier 2 fait-elle de la sélection sur des principes basés sur l’injustice et la discrimination vis-à-vis des personnes handicapées ?
Mais ce n’est pas tout ! Je me rends à l’université cet été pour m’inscrire en Licence 3, totalement écœurée par cette histoire mais sans perdre de vue mon objectif, et là j’apprends qu’un étudiant de ma promo a eu sa deuxième année de licence validée pour lui permettre de participer à un échange Erasmus, alors qu’il a échoué à la première et à la deuxième session. Rien ne vous choque ? Quel favoritisme d’un côté et quelle discrimination de l’autre… Ne veut-on pas d’étudiants handicapés dans les facs ? Pourtant, mon handicap n’a pas de lien avec mes capacités intellectuelles.
Toujours décidée à me faire entendre, je contacte le président de la faculté par lettre recommandée expliquant clairement ma situation. J’ai obtenu une simple réponse par mail me disant qu’il ne peut rien faire pour mon dossier.
Si aujourd’hui je partage cette histoire, c’est pour encourager les étudiants et les personnes handicapées à dénoncer haut et fort les discriminations auxquelles ils sont confrontés. Ne nous laissons pas faire.
Je suis encore beaucoup touchée par ce parcours-là et j’en suis scandalisée. À terme je m’engagerais dans la défense et la protection des handicapés.
Moi qui me bats depuis 10 ans pour parvenir au métier de mes rêves, professeur des sciences de la vie et de la terre, je ne peux admettre que de telles situations soient imposées à des élèves. Cela me scandalise profondément.
J’ai donc écrit au médiateur de la République et au recteur de l’Académie de Montpellier dans l’espoir de me faire entendre.
- Mélanie Paulhe (Etudiante)




