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Scandale d’achat de voix en Grèce
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(Le Monde) candale d'achat de voix en Grèce
Le parti au pouvoir est soupçonné d'avoir soudoyé des députés pour la présidentielle. Le discrédit profite à la gauche radicale de Syriza
Désigner ensemble un nouveau président de la république d'ici à la fin du mois, en finir avec les négociations en cours avec les créanciers du pays avant mars et organiser ensuite, fin 2015, des élections législatives anticipées… voilà en substance ce que le premier ministre grec, Antonis Samaras, a, dimanche 21 décembre, proposé aux partis d'opposition du pays. Tous se sont empressés de rejeter son offre. Ni le parti de la gauche radicale Syriza, ni le Parti de la gauche démocratique (Dimar), ni celui des Grecs indépendants (ANEL) n'entendent collaborer avec lui.
Leur objectif : empêcher le gouvernement de rallier d'ici au 29 décembre, date du troisième et dernier tour de la présidentielle, les 180 députés nécessaires à la désignation du nouveau président de la République et entraîner ainsi la dissolution du Parlement et la tenue immédiate, dès la fin janvier, de législatives anticipées.
La proposition de M. Samaras semble, en revanche, séduire quelques-uns des 19 députés indépendants encore indécis. Le nombre de voix en faveur du candidat du gouvernement, Stavros Dimas, pourrait ainsi s'approcher des 170 lors du deuxième tour, prévu mardi 23 décembre, alors qu'il n'avait pas dépassé les 160 lors du premier tour, le 17 décembre.
Ces annonces tactiques, plus ou moins fructueuses, interviennent alors que la campagne présidentielle a pris une tournure nauséabonde ces derniers jours avec des accusations d'achat de votes venant du petit parti de droite populiste des Grecs indépendants. Pavlos Haikalis, membre d'ANEL et vedette de comédies télévisées, a affirmé à la chaîne Mega TV jeudi 18 décembre qu'on lui avait offert environ 3 millions d'euros, dont 700 000 en liquide, en échange de son soutien à Stavros Dimas. Des enregistrements vidéo et audio, diffusés depuis sur Internet, de conversations avec son " corrupteur " ont été confiés dès le 12 décembre à la justice, a-t-il précisé.
" Misérables accusations "
Une enquête, à la suite de rumeurs concernant des faits identiques, est déjà ouverte depuis le mois de novembre. Il " faut mettre fin à ces misérables accusations d'achat de votes, toujours démenties à la fin mais qui empoisonnent entre-temps notre démocratie ", a défendu M. Samaras.L'affaire a pourtant pris de l'ampleur ce week-end après que l'identité de l'auteur présumé de ces achats eut été révélée. Il s'agirait de l'homme d'affaires Giorgos Apostolopoulos, spécialiste du conseil économique aux politiques de tous bords, longtemps pour le Pasok, le parti socialiste grec, mais aussi pour les conservateurs de la Nouvelle Démocratie (ND) de 2010 à 2012, période durant laquelle, selon la presse grecque, il aurait eu l'oreille d'Antonis Samaras. Ironie de l'histoire, il est ensuite devenu le conseiller financier de l'actuel président d'ANEL, Panos Kamménos, lorsque celui-ci a claqué la porte de ND en février 2012.
M. Apostolopoulos, pour sa part, nie catégoriquement l'ensemble des accusations à son encontre. Selon lui, c'est Pavlos Haikalis qui serait venu lui demander de l'argent, et non l'inverse. Il affirme disposer, lui aussi, d'enregistrements prouvant sa version des faits. Les premiers éléments de l'enquête ont révélé que M. Haikalis avait en effet dans le passé déjà profité de largesses de M. Apostolopoulos.
Un jeu de poker menteur consternant qui désoriente les Grecs et semble profiter au parti de la gauche radicale Syriza, toujours gagnant dans les sondages en cas de législatives anticipées.Adéa Guillot




