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Les pistes du gouvernement grec pour arracher l’accord de l’Eurogroupe
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Les Echos) Seul face aux 18 ministres des Finances de la zone euro, Yanis Varoufakis va plaider un plan alternatif. Mais l’Eurogroupe veut que la Grèce reste dans le cadre actuel
La première «confrontation » entre le nouveau ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis et ses pairs, aura lieu mercredi soir à Bruxelles au sein de l’Eurogroupe. « La négociation sera très dure, car l’Union européenne ne peut accepter, pour une simple raison juridique, la dénonciation unilatérale d’accords passés, cela porterait un coup fatal à toute la gouvernance économique de la zone euro », rappelle Guntram Wolff, directeur du think tank Bruegel. A la Commission européenne, l’espoir de voir émerger un compromis est très mince. « Les négociations s’intensifient, mais pour l’instant sans résultats », confiait-t-on mardi au Berlaymont. Au mieux, les ministres poseront mercredi les premiers paramètres d’une négociation, afin que jeudi, les leaders européens réunis à leur tour à Bruxelles comprennent mieux les demandes du Premier ministre Alexis Tsipras, le but étant de trouver un accord transitoire le 16 février.
Un calendrier extrêmement serré, puisque l’actuel programme d’aide à la Grèce s’achève le 28 février , et que la Grèce sera à court de financement dès mars si elle n’obtient pas de nouveaux prêts. Athènes doit faire face à un pic de remboursement cette année, avec plusieurs échéances lourdes pour la BCE et le FMI, avant de revenir dans des eaux plus calmes, avec des échéances calculées pour être minimes entre 2016 et 2023, le temps de son redressement. Son besoin de financement atteindrait 17 milliards d’euros d’ici la fin août, selon de nouveaux calculs. Les Européens refusent toute demande de prêt- relais. « Ce concept n’existe pas dans l’arsenal juridique de l’Union. Toute aide est soumise à des conditions vérifiées par la troïka et pour établir un pont, il faut savoir où est l’autre rive », confie un diplomate de l’Union. Ce soir, les ministres des Finances de la zone euro attendent donc le plan grec. Détaillé si possible.
D’importantes concessions d’Athènes ?
Les premières fuites d’Athènes évoquent une proposition en quatre points et d’importantes concessions. Pour obtenir un financement couvrant ses besoins jusqu’en août, et lui éviter de faire défaut sur ses remboursements à la BCE et au FMI, la Grèce accepterait finalement une « extension technique" du programme d’aide actuel qui lui permettrait de toucher la dernière tranche de 7 milliards du programme en cours. Elle demanderait en complément l’autorisation de la BCE pour émettre de 5 à 8 milliards d’euros supplémentaires de titres à très court terme. Elle demanderait aussi de pouvoir limiter l’excédent budgétaire primaire à 1,5 % du PIB au lieu des 3 % actuellement réclamés, pour pouvoir appliquer son plan d’aide de 1,8 milliard aux plus démunis. Yanis Varoufakis réclame aussi de supprimer un tiers des exigences de la troïka, notamment ce qui a trait au droit du travail. « 70 % des mesures prônées sont bonnes, mais 30 % sont toxiques », avait déclaré le ministre il y a quelques jours. Le ministre des Finances a sollicité l’appui de l’OCDE pour définir des réformes économiques plus adéquates. Le patron de l’OCDE Angel Gurria rencontre Alexis Tsipras mercredi. Les Européens attendent les détails, mais sont prêts à faire bloc derrière l’Allemagne si la Grèce ne veut pas d’un nouveau programme. A leurs conditions. «Nous ne négocions pas de nouveau programme. Nous avons déjà un programme », a ainsi déclaré mercredi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.




