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Argentine: manifs immenses après la mort du procureur Nisman
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Une véritable marée humaine a déferlé dans les rues de Buenos Aires, mercredi 18 février, pour une marche silencieuse en hommage au procureur Alberto Nisman, retrouvé mort d'une balle dans la tête il y a un mois.
L'enquête sur sa disparition s'oriente toujours vers un suicide, mais cette thèse ne convainc pas l'opinion publique, et encore moins ses proches, alors qu'il s'apprêtait à accuser, preuves à l'appui, la présidente Cristina Kirchner d'entraver son enquête sur les attentats contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) en 1994, qui avaient fait 85 morts et 300 blessés, pour protéger l'Iran.
Dans un document rendu public quelques jours avant sa mort, M. Nisman accusait Cristina Kirchner et son ministre des affaires extérieures, Hector Timmerman, d'avoir « décidé, négocié et organisé l’impunité des terroristes iraniens en fuite » afin de « fabriquer l’innocence de l’Iran », dans le but « de rétablir des relations commerciales pleines d’Etat à Etat afin de pallier la grave crise énergétique argentine, moyennant un échange de pétrole iranien contre des céréales argentines ».
Lire le décryptage : L'affaire Nisman, qui secoue l'Argentine, résumée en 5 points
RASSEMBLEMENT « PUTSCHISTE »
Plusieurs centaines de manifestants étaient attendus, mercredi, à Buenos Aires, en hommage au procureur Nisman. REUTERS/ENRIQUE MARCARIAN
La manifestation, l'une des plus importantes depuis l'arrivée à la tête de l'Etat de Cristina Fernandez de Kirchner il y a sept ans, a été organisée par l'ex-femme de M. Nisman, la juge Sandra Arroyo Salgado, et six procureurs. Ces derniers se sont défendus de toute récupération politique, même s'ils se sont déjà plaints de l'intimidation pratiquée par le gouvernement actuellement au pouvoir.
Le gouvernement a qualifié ce rassemblement de « putschiste » et assuré que les accusations avaient pour but d'impliquer le pays dans le conflit au Moyen-Orient. « Je vous demande de bien ouvrir les yeux. Je ne parle pas de conspiration, [mais] il s'agit d'un monde d'intérêts » géopolitiques, a lancé Mme Kirchner dans une intervention retransmise à la télévision avant la manifestation.
Les partisans du gouvernement contestent la version de M. Nisman et dénoncent les liens entre le procureur et un sulfureux responsable des services secrets, Antonio, dit « Jaime », Stiuso. Fin janvier, Mme Kirchner avait dénoncé un complot des services secrets et annoncé la dissolution des services de renseignement.
A quelques mois d'une élection présidentielle à laquelle Mme Kirchner ne pourra pas se présenter, la gauche serre elle aussi les rangs derrière la présidente, qui est parvenue à faire taire – au moins pour l'instant – les voix dissidentes au sein de sa famille politique. En attendant, les huit principaux candidats probables à l'élection, tout bords politiques confondus, devaient participer à la manifestation.
La police métropolitaine de Buenos Aires comptait « plus de 400 000 personnes » à marcher sous la pluie dans la capitale cependant, la police fédérale, elle, estimait le nombre de manifestants à moins de 50 000 personnes.
En plus de la « marche du silence » à Buenos Aires, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont aussi rassemblées dans le reste du pays, en particulier dans les villes de Rosario, Cordoba et Mar del Plata, rapporte le journal Pagina 12.




