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L’accord du 20 février met Syriza sous pression
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Alexis Tsipras doit s'adresser mardi à son groupe parlementaire pour calmer la fronde
Il y a trois ans, Manolis Glézos, 92 ans, déclarait au Monde : " Toute ma vie, on a essayé de faire de moi un monument pour me faire taire. Je ne suis pas une statue ou un tableau, et je parle tout le temps. " L'eurodéputé et doyen du parti de la gauche radicale Syriza a prouvé une fois de plus son esprit farouche d'indépendance en adressant, dimanche 22 février, au peuple grec une lettre sans concession à l'égard du gouvernement d'Alexis Tsipras pourtant issu de sa famille politique. " Changer le nom de la “troïka” en “institutions”, celui du mémorandum en “accord” et celui des créanciers en “partenaires” ne change en rien la situation antérieure, écrit M. Glézos. Plus d'un mois est passé et la promesse n'est toujours pas transformée en acte. Dommage et encore dommage. Pour ma part, je demande au peuple grec de me pardonner pour avoir contribué à cette illusion. "
Une déclaration fracassante de la part de ce militant historique de la gauche, connu pour avoir décroché dans la nuit du 30 au 31 mai 1941 le drapeau nazi de l'Acropole et qui a passé pas moins de seize années en prison pour raison politique. La réaction du gouvernement ne s'est pas fait attendre. " Nous respectons M. Glézos (…), mais sa déclaration d'hier est erronée et fausse, a ainsi répondu, lundi, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Sakellaridis. On ne peut pas s'attendre à ce qu'en trois semaines nous puissions tout changer. Nous n'avons pas de baguette magique. "
L'amertume de M. Glézos n'est pas un cas isolé. Plusieurs députés et ministres issus de l'aile gauche du parti ont eux aussi mis en garde le gouvernement contre des renoncements trop importants à la ligne anti-austérité sur laquelle Syriza a été porté au pouvoir.
" Profondes réserves "
L'eurodéputée Syriza Sofia Sakorafa, une transfuge du Parti socialiste grec très anti-austérité, a ainsi tweeté dimanche que " les gens ont donné un mandat pour annuler le mémorandum. Nous n'avons pas la légitimité politique de faire le contraire ". L'économiste et député Syriza Kostas Lapavitsas a exprimé, lundi, " ses profondes réserves " sur l'accord conclu lors de l'Eurogroupe le 20 février. " Il est difficile de croire que, grâce à cet accord, les annonces de Thessalonique - programme préélectoral de Syriza - seront mises en œuvre ", a t-il déclaré, demandant la convocation des organes internes au parti.
Même s'il a critiqué la sortie de M. Glézos, le vice-ministre chargé de la réforme administrative avait, quant à lui, menacé dès la semaine dernière de claquer la porte si on lui imposait de revenir sur sa promesse de réembaucher à court terme les 500 femmes de ménage du ministère des finances, licenciées il y a plus d'un an.
Pour s'expliquer et contenir cette fronde, M. Tsipras devait, mardi, s'adresser à son groupe parlementaire et convoquer le bureau de Syriza. Dans une interview au quotidien grecKathimerini, le ministre du développement, Georges Stathakis, l'un des proches conseillers de M. Tsipras, se disait confiant quant à la solidarité gouvernementale lorsque viendra le moment de faire adopter l'accord du 20 février par le Parlement.
Adéa Guillot




