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    Athènes multiplie les concessions

    Grèce international

    Brève publiée le 28 avril 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    (Le Monde) Le gouvernement grec écarte Yanis Varoufakis des négociations avec ses créanciers et esquisse des pistes de réformes

    L'interminable bras de fer entre Athènes et ses principaux créanciers est-il à un tournant ? Les avancées faites par le gouvernement d'Alexis Tsipras ces derniers jours seront-elles jugées suffisantes par Bruxelles pour qu'enfin la dernière tranche de prêts de 7,2  milliards d'euros restant à verser au pays, en quasi-faillite, soit débloquée ?

    Lundi 27  avril, en fin de soirée, le premier ministre de la gauche radicale, Alexis Tsipras, arrivé au pouvoir fin janvier, a donné sa première grande interview télévisée sur la chaîne TV Star. Et esquissé des pistes de compromis : après avoir longtemps refusé de revenir sur ce qu'il considérait comme des lignes rouges, son gouvernement pourrait accepter les réformes exigées par ses partenaires. Notamment que la moitié des recettes des futures privatisations – celles-là mêmes que le candidat de Syriza avait promis de ne pas faire pendant sa campagne anti-austérité – aille au remboursement de l'énorme dette du pays (environ 340  milliards d'euros). Le reste alimenterait un fonds consacré au financement de la sécurité sociale.

    Le jeune leader a aussi précisé que la hausse du salaire minimum – encore une promesse de campagne – serait différée à juin  2016. Cette concession avait déjà été faite aux principaux créanciers du pays (BCE, Commission européenne, FMI) fin février, mais M. Tsipras l'a réaffirmée sans ambiguïtés lundi soir.

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    Après l'échec de l'Eurogroupe de Riga, Athènes multiplie les gages à l'ex-" troïka "
    Autre "  avancée  "  : le premier ministre a annoncé la baisse des retraites complémentaires les plus élevées et le report du versement d'un 13e  mois de pension aux retraités touchant moins de 700  euros par mois. Une réforme des retraites était notamment une exigence du FMI, considéré comme le plus "  dur  " en négociation parmi les créanciers de la Grèce.

    M.  Tsipras a par ailleurs laissé entendre que si les négociations échouaient, il "  consulterait le peuple  " par voie de référendum mais sans provoquer de nouvelles élections. Et dit qu'il espérait un accord sur sa liste de réformes contre le chèque de 7,2  milliards d'euros d'ici au 9  mai.

    L'Etat grec doit rembourser 750  millions d'euros au FMI avant le 12  mai, une marche très haute, voire insurmontable pour le pays, alors que ses caisses se vident, qu'il aura fallu payer les fonctionnaires et les pensions fin avril, et que le gouvernement, aux abois, a déjà entrepris de siphonner les trésoreries des collectivités territoriales…

    Un Eurogroupe unanime

    Si Athènes n'a cessé d'envoyer des listes de réformes à Bruxelles depuis  février (quatre en tout  !), le fait que M. Tsipras tienne cette fois le même discours à Athènes qu'à Bruxelles, est peut-être la preuve que les discussions avec les créanciers s'acheminent enfin vers une conclusion.

    Le coup de fil de M. Tsipras à Angela Merkel le week-end du 25  avril (il l'avait aussi rencontrée à Bruxelles jeudi 23  avril ainsi que le président Hollande) et l'échec de l'Eurogroupe de Riga vendredi 24  avril y sont probablement pour quelque chose. Lors de cette réunion des ministres des finances de la zone euro en Lettonie, les Grecs espéraient pouvoir décrocher leur dernière tranche de prêts mais les ministres de l'Eurozone, unanimes, leur ont fait savoir qu'il n'en était pas question à ce stade.

    Autre signe considéré comme positif à Bruxelles, et très directement lié au fiasco de Riga  : l'équipe des négociateurs côté grecs a été remaniée, lundi, et le flamboyant ministre des finances de M. Tsipras, Yanis Varoufakis, écarté du cœur des discussions.

    Désormais, c'est le discret Euclide Tsakalotos qui devient chef de l'équipe de négociateurs. Professeur en économie de l'université d'Athènes, ministre délégué aux affaires économiques internationales au sein du ministère des affaires étrangères, il n'est pas un nouveau venu. Il travaille depuis le début dans l'ombre de Varoufakis au rapprochement avec les Européens. Il est aussi un proche du vice-premier ministre, Yannis Dragasakis, le doyen du groupe d'experts qui conseillent Alexis Tsipras depuis 2012. Yannis Dragasakis est l'homme qui a dessiné la stratégie économique du gouvernement.

    C'est l'un de ses proches, George Chouliarakis, autre économiste de l'université d'Athènes, qui devient l'interlocuteur du "  groupe de Bruxelles  ". Ou plutôt le redevient. En février, M.  Chouliarakis avait en effet tenu cette fonction, ce qui lui avait alors valu d'être plutôt apprécié pour ses talents diplomatiques. Mais il avait rapidement été remplacé par un proche de Yanis Varoufakis, Nikos Theocharakis, qui vient d'être affecté à l'élaboration d'un programme de croissance pour le pays.

    Enfin, Spyros Sagias, le secrétaire général du gouvernement, proche d'Alexis Tsipras, devra collaborer avec les représentants de l'UE, de la BCE et du FMI chargés de la collecte des informations à Athènes sur la situation financière de la Grèce. Une manière de répondre aux critiques des créanciers, qui se plaignent de n'avoir pas accès facilement à ces données.

    Athènes réfute que ce remaniement de l'équipe de négociateurs soit aussi un désaveu de M.  Varoufakis. M.  Tsipras a d'ailleurs renouvelé sa confiance à son ministre, à la télévision, lundi soir. Difficile pourtant de ne pas y voir une mise à l'écart de l'économiste, qui n'avait jamais eu d'expérience de gouvernement avant d'être propulsé ministre des finances. "  Le soutien à Yanis Varoufakis, pris pour cible par les médias internationaux, reste entier,affirment des sources gouvernementales. Le ministre des finances agit constamment conformément aux orientations définies par la tête du gouvernement.  "

    Un ministre paratonnerre

    Officiellement, Yanis Varoufakis reste le politique chargé des négociations. Depuis sa nomination le 27  janvier, il occupe le devant de la scène. A la manière d'un paratonnerre, il s'expose et concentre l'animosité des ministres des finances européens. Selon une source proche du premier ministre grec Tsipras, "  ils veulent plus que le départ d'un ministre des finances mais celui de tout notre gouvernement, ce qui est évidemment hors de question.  "

    A Bruxelles, la nouvelle du remaniement était plutôt bien accueillie, lundi. M.  Chouliarakis passe pour avoir "  l'oreille  " du premier  ministre Tsipras. Alors que M.  Varoufakis fait l'unanimité contre lui, à cause de ses propos jugés trop professoraux ou pas assez diplomatiques. Ce sont les ministres des "  petits  " pays – Slovénie, Slovaquie, Lituanie – qui ont été les plus remontés contre lui, à Riga, ne supportant plus les exigences d'un collègue dont la population vit avec un salaire minimum pas très éloigné des leurs.

    C'est anecdotique mais révélateur  : M.  Varoufakis n'a pas participé au dîner d'honneur donné par la présidence lettone à l'issue de l'Eurogroupe, vendredi 24  avril, au palais de la culture, une belle demeure des environs de la capitale. "  Son absence a été remarquée. Il y avait tout le monde, tous les ministres, Mario Draghi le patron de la BCE, et même Yannis Stournaras, le gouverneur de la Banque de Grèce  ", raconte un des participants.

    "  C'est plutôt bien de changer d'interlocuteurs, mais ce qu'il faut qu'on sache, c'est si les nouvelles têtes ont vraiment un mandat pour négocier, et si elles peuvent arriver aux réunions avec une synthèse des positions grecques. Sinon, cela va être comme ces dernières semaines  : on avait des interlocuteurs qui n'étaient pas d'accord entre eux  ", observe une source proche des discussions, à Bruxelles.

    Les négociateurs européens auraient préféré, pour des raisons pratiques, que le groupe de Bruxelles puisse se retrouver à Athènes, ou dans ses environs, pour ne plus avoir à gérer ces allers-retours incessants et chronophages entre Athènes et Bruxelles. Pas question, aurait dit M. Tsipras, à qui la demande a été faite ce week-end. Il n'entend pas revenir à un format qui ressemblerait trop à la "  troïka  " dont les méthodes ont humilié les Grecs ces quatre dernières années.

    Les discussions avec la nouvelle équipe grecque devaient reprendre à Bruxelles, en format groupe de Bruxelles dès mardi 28  avril. Au menu, sans doute, les compromis évoqués par Tsipras. Prochaine échéance officielle pour vérifier si ces "  avancées  " auront été déterminantes  ? L'Eurogroupe du 11  mai, à Bruxelles.