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Fnac de Pau : Contre la banalisation du travail le dimanche
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Sud Ouest, 30 mai 2015 :
Des employés de la Fnac débrayaient, hier, contre le projet d’amendement de la loi Macron, qui pourrait les faire travailler tous les dimanches, sans garantie de contreparties.

«Il ne faut pas que l’exceptionnel devienne quotidien », explique Flore, vendeuse au magasin Fnac de Pau. Habitués à travailler le dimanche durant les fêtes de Noël, les salariés de l’enseigne pourraient voir cette tradition étendue à l’année entière. « On joue tous le jeu de venir bosser le dimanche à la fin de l’année, car c’est là que l’entreprise réalise le gros de son chiffre d’affaires, mais on est absolument contre ce projet d’amendement qui pourrait permettre à nos patrons de nous faire travailler tous les dimanches de l’année », explique Jean-Noël Bona, délégué syndical Unsa.
Actuellement débattue au Sénat, la loi Macron pour la croissance subit quelques modifications sur le travail dominical, en particulier dans les commerces de détails de biens culturels. Si aujourd’hui la loi autorise un maximum de cinq dimanches travaillés par entreprise et par an, elle en permettra 12 après la promulgation du texte. Le dernier amendement étudié actuellement par le Sénat en autoriserait 52. Soit tous les dimanches de l’année !
Grève nationale
Face à cette nouvelle, une intersyndicale de la Fnac invitait tous les salariés des 51 magasins de France à débrayer, hier, entre 13 heures et 19 heures. Ils étaient une vingtaine à venir se relayer devant les locaux de l’enseigne paloise.
« Notre patron, Alexandre Bompard, a fait du lobbying pour que cet amendement passe au Sénat. Son objectif, c’est de pouvoir concurrencer le site d’achat Amazon même le dimanche ! Sous prétexte que le site réaliserait ses meilleures ventes le dimanche. Mais c’est totalement faux ! C’est le jeudi ! », dénonce Wilfried Hulot, délégué CGT du magasin palois. Ce qui inquiète également les salariés de la Fnac, c’est le manque de contreparties liées au travail dominical. Durant la période des fêtes, le travail le dimanche rapporte double et se fait sur la base du volontariat. Qu’en sera-t-il avec la nouvelle loi ?
Un jour comme les autres ?
Certains salariés craignent que le dimanche devienne un jour comme les autres. « On a des familles, des loisirs, on a aussi envie d’en profiter. Nous sommes une entreprise qui vend des produits culturels mais ses salariés n’auront plus accès à la culture car ils travailleront le week-end ! C’est quand même paradoxal », clame Jean-Noël Bona.
Le directeur du magasin palois, Gilles Roset, ne souhaitait pas faire de commentaires sur les revendications des salariés en grève. « La loi n’a pas encore été votée. Peut-être que l’on travaillera davantage le dimanche, peut-être pas du tout. Le dialogue n’est pas rompu avec les équipes. On a toujours eu des dialogues francs. » Évelyne et Pierre, clients du magasin, apportaient leur soutien total aux grévistes. « Nous avons déjà travaillé et le dimanche et on ne le souhaite à personne. Avec les 35 heures, les gens ont assez de temps pour venir faire leurs courses en semaine et le samedi, il ne faut pas abuser ! »




