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Minisommet de crise sur la Grèce à Berlin
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Angela Merkel, François Hollande, Jean-Claude Juncker, Mario Draghi et Christine Lagarde se sont séparés vers minuit, mardi 2 juin. La chancelière allemande, qui recevait à Berlin le président français et le président de la Commission européenne pour une rencontre avec une vingtaine de dirigeants d’entreprises industrielles européennes, lundi, de 19 heures à 21 heures, a organisé un minisommet de crise sur la Grèce en invitant le président de la Banque centrale européenne et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) à les rejoindre dans la soirée.
Il s’agissait de trouver une position commune pour les créanciers face à Athènes. Ceux-là exigent de la Grèce qu’elle entreprenne des réformes structurelles avant de débloquer une dernière tranche d’aide de quelque 7,2 milliards d’euros dont la Grèce a urgemment besoin.
Forte pression sur les négociateurs
Apparemment, les cinq dirigeants ne sont pas parvenus à un accord. A l’issue de la rencontre, un négociateur a reconnu qu’il « restait encore deux ou trois points à régler » mais que François Hollande et Angela Merkel avaient fait une forte pression sur les négociateurs pour qu’ils trouvent « très rapidement » un accord entre eux avant d’en trouver un avec la Grèce. « Les négociateurs doivent rester en contact étroit entre eux et naturellement également avec le gouvernement grec », a indiqué la chancellerie.
Dimanche soir, le premier ministre grec, Alexis Tsipras, avait eu au téléphone Angela Merkel et François Hollande durant une heure. Un échange téléphonique qualifié de « constructif » par le porte-parole d’Angela Merkel. Les trois dirigeants s’étaient déjà longuement parlé le jeudi. Lundi soir, Alexis Tsipras n’a pas été associé aux discussions.
Depuis plusieurs jours, le Fonds monétaire international semble plus intransigeant que les institutions européennes. Le FMI, qui a déjà prêté des sommes records à la Grèce (32 milliards d’euros depuis cinq ans), veut absolument éviter de créer un précédent avec Athènes en traitant le pays avec plus d’indulgence que d’autres.
1,6 milliard d’euros à rembourser en juin
Dans un entretien accordé vendredi 29 mai au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Christine Lagarde n’avait pas exclu une sortie de la Grèce de la zone euro, même si elle est ensuite revenue sur ses propos. Lors de la réunion des ministres des finances du G7, les 28 et 29 mai, les Européens, notamment le ministre français Michel Sapin, avaient « totalement exclu » que le FMI ne négociât pas aux côtés des institutions européennes. Mais un proche du dossier reconnaissait que « le FMI n’était pas dans la même logique et n’avait ni le même calendrier ni les mêmes procédures ».
Côté calendrier, la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI en juin en quatre tranches, dont 300 millions dès le 5 juin. Par ailleurs, Angela Merkel, qui préside le G7 les 7 et 8 juin à Ellmau, en Bavière, ne souhaite pas que le dossier grec perturbe « son » G7.
Le gouvernement grec, lui, souffle le chaud et le froid. La semaine dernière, Yanis Varoufakis, ministre des finances grec, avait affirmé que la Grèce rembourserait ses créanciers dans les temps, « puisqu’il y aura un accord d’ici au 5 juin ». En revanche, dans une tribune publiée ce week-end par le journal Le Monde, le premier ministre, Alexis Tsipras, estimait que la Grèce avait pris les engagements que les créanciers attendaient d’elle. Et que c’était leur intransigeance qui empêchait la négociation en cours de s’achever.




