Agenda militant
Ailleurs sur le Web
![S’abonner au flux RSS [RSS]](images/rss.jpg)
- La forêt de Fontainebleau : une construction millénaire de la Nature (21/08)
- Découvrir Althusser, par Panagiotis Sotiris (21/08)
- La France insoumise peut gagner, avec Manuel Cervera-Marzal (21/08)
- Grand entretien avec Frédéric Lordon | Amfis2026 (21/08)
- Dans les coulisses de la présidentielle - Le chemin de la victoire (20/08)
- Manuel Bompard, invité de BFM TV (18/08)
- Comment mener une politique écosocialiste en régime capitaliste (17/08)
- À Ceuta, les Marocain·es crient « Viva España » (16/08)
- Intelligence artificielle : un ogre énergétique à l’empreinte environnementale désastreuse (16/08)
- Rester humain dans un monde de mensonges et de perversité : notre société en 2026 (16/08)
- Bonne nouvelle : malgré le bourrage de crâne militariste européen, le service militaire fait flop (14/08)
- Tout le monde déteste l’algorithme (14/08)
- L’étrange disparition de l’extrême gauche française (14/08)
- Les spécificités du capitalisme français avec le collectif "Réalité" (14/08)
- Circulation monétaire communiste (12/08)
- Lordon : Mathieu Pigasse porte beau (11/08)
- Alain Lipietz : Pour une théorie marxiste du salaire des footballeurs (11/08)
- Dérèglement climatique, incendies, présidentielle... Le "8h30 franceinfo" d’Alma Dufour (11/08)
- Les leçons stratégiques de la non-affaire Barbara Butch (10/08)
- La climatisation, une solution court-termiste et inégalitaire face à l’urgence climatique (09/08)
- Concert interrompu de Barbara Butch : un emballement médiatique hors norme (07/08)
- “Cachez ce drapeau que je ne saurais voir” : quand la Palestine gâche les vacances de touristes suédois (07/08)
- Michel Piron, Marc Dorcel, Xavier Niel… Portraits de ces pornographes en col blanc (06/08)
- L’ARCOM rappelle à l’ordre BFM sur ses mensonges anti-LFI (06/08)
- France, le grand déclassement économique en Europe ? (06/08)
Liens
Billet d’Arrêt sur images sur l’article de Lordon sur l’euro
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
"L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible." C’est le premier postulat de la dernière tribune de l’économiste Frédéric Lordon (bien connu des @sinautes). Dans ce long texte publié hier sur son blog, Lordon exhorte les gauches européennes à se réarmer idéologiquement en imaginant un "après-euro", qu’il ne faut pas "abandonner aux extrêmes droites".

"A ceux qui, sincèrement de gauche, se sont refusés si longtemps à voir l’impasse de l’euro, pour entretenir l’illusion d’un improbable "rapport de force" qui permettrait d’en changer la configuration, à ceux à qui il aura fallu le calvaire grec pour (commencer à) mesurer la radicalité idéologique des institutions européennes, il faut dire qu’après que cette erreur ait assommé les Grecs de Syriza, elle assommera les Espagnols de Podemos, et puis que nous y passerons tous", prévient-il.
Lordon revient sur "la brutalité aveugle" et "l’inaccessibilité à toute argumentation rationnelle" avec lesquelles l’Allemagne a, selon lui, "décidé de châtier la Grèce". Sur ce point, Lordon est rejoint par une autre tribune... plus inattendue. Dans une "lettre à ses amis allemands", également publiée hier samedi 18 juillet, Dominique Strauss Kahn estimait que l'Allemagne a préféré une victoire idéologique "sur un gouvernement d'extrême gauche" à la cohésion de l'Union européenne. "Sans discuter en détail les mesures imposées à la Grèce pour savoir si elles sont bienvenues, légitimes, efficaces, adaptées, ce que je veux souligner ici c'est que le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur", estime l’ex-président du FMI.
LA "PEUR PANIQUE" DE L'ALLEMAGNE
Lordon refuse toutefois de prêter à l’Allemagne un projet d’hégémonie en Europe, et décrit plutôt un pays pétri de peurs paniques : "Contrairement à ceux qui ne peuvent pas penser l’hégémonie allemande sans des images de Panzer ou de casque à pointe, il faut redire que l’Allemagne dans cette affaire n’a jamais poursuivi de projet positif de domination, et que ses comportements n’ont jamais été gouvernés que par la peur panique de souffrir, dans le partage communautaire, l’altération de principes qui lui sont plus chers que tout. Or il ne faut pas s’y tromper : une angoisse collective, surtout quand elle est de cette intensité, ne détermine pas moins à la violence que les menées conquérantes de l’hégémonie positive."
Et pour Lordon, "le vrai mystère européen" n’est de toute façon "pas en Allemagne — à laquelle, finalement, on ne saurait reprocher de vouloir vivre la monnaie selon l’idée qu’elle s’en fait, et d’après les traumas de son histoire" mais plutôt dans les autres pays, et notamment la France, qui s’est appropriée "la manie allemande hors de tout contexte propre".
"LE PODEMOS D’IGLESIAS LE REJOINDRA DANS LA MÊME CELLULE"
"Et ailleurs en Europe, du côté de la vraie gauche ?" s’interroge l'économiste. Inutile de chercher un quelconque salut du côté de Podemos, prévient-il. Le parti est trop obnubilé par l’idée de "changer l’euro". "Il n’y aura pas d’"autre euro" dans son périmètre actuel — avec l’Allemagne —, car tout autre euro possible sera inadmissible pour elle, et se fera sans elle."
Bref, pour Lordon Podemos ne "prendra pas ses pertes" après l’échec de Tsipras ("dans le langage de la finance, "prendre ses pertes" signifie accepter que ses actifs ne retrouveront pas leur valeur perdue, et consentir à les vendre à perte, sachant que toute attente supplémentaire les verra se déprécier davantage encore", précise l’économiste). "Il est donc avéré que Tsipras était mentalement prisonnier de l’euro, et l’on sait désormais où conduit ce type d’enfermement volontaire. Disons les choses tout de suite, quitte à ce que ce soit avec rudesse : le Podemos d’Iglesias le rejoindra dans la même cellule."
Conclusion ? "Ça n’est plus tel ou tel pays qu’il faut faire sortir de l’euro : c’est la gauche elle-même". Un concept auquel Lordon donne le nom, emprunté au Guardian, de Lexit (Left-Exit).




