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Grèce: les "frondeurs" de Syriza lancent leur propre parti
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
(Le Monde) Syriza a fait long feu. Alors que les déchirements internes au parti ont provoqué la démission du premier ministre grec, Alexis Tsipras, la frange la plus à gauche de la coalition a annoncé, vendredi 21 août, la création d’un nouveau parti indépendant, baptisé « Unité populaire ».
Cette nouvelle formation politique sera dirigée par l’ancien ministre de l’énergie Panagiotis Lafazanis. Celui-ci avait pris la tête de la fronde contre le troisième plan de renflouement financier de la Grèce négocié par Alexis Tsipras, qui avait été voté contre l’avis d’une partie des 149 députés Syriza, faisant perdre au premier ministre sa majorité. Selon le quotidien grec Ta Nea, vingt-cinq députés ont signé la lettre annonçant le lancement d’Unité populaire.
Le potentiel pour être le troisième parti au Parlement

Ni Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances qui avait été poussé à la démission au début de juillet, ni Zoé Konstantopulou, présidente du Parlement, ne figurent dans la liste des « frondeurs ». Tous deux avaient pourtant été très critiques envers l’attitude d’Alexis Tsipras, qu’ils accusaient d’avoir cédé aux exigences des créanciers d’Athènes trop facilement pour obtenir un plan d’aide de 86 milliards d’euros. Une quarantaine de députés de son parti n’a alors pas voté en faveur du nouveau prêt européen, réduisant sa majorité parlementaire à 119 députés sur 300.
Si cet effectif de 25 députés était confirmé, Unité populaire deviendrait la troisième formation du Parlement, derrière Syriza, en l’état actuel des choses, et le parti de droite Nouvelle démocratie, mais devant le parti centriste To Potami et le parti d’extrême droite Aube dorée qui comptent 17 élus chacun.
Selon la Constitution grecque, la démission du premier ministre entraîne automatiquement la procédure dite des « mandats exploratoires » : les trois premiers partis en nombre de députés sont appelés, l’un après l’autre, à tenter de former un gouvernement de coalition dans un délai de trois jours. Le président Prokopis Pavlopoulos a déjà rencontré le président de Nouvelle démocratie, Evangelos Meimarakis, pour lui confier cette mission.
Il n’y a que très peu de chance pour que ce processus aboutisse, tant le paysage politique grec est fragmenté. Plusieurs médias grecs indiquaient déjà que le scrutin pourrait avoir lieu dès le dimanche 20 septembre, soit huit mois à peine après l’arrivée au pouvoir de Syriza. Pour l’électeur grec, il s’agira de la cinquième élection en six ans.




