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    Grèce: crise de désorientation

    Grèce international

    Brève publiée le 16 septembre 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    Source : Hebdo L’Anticapitaliste – 302 (10/09/2015)

    À quelques jours des élections législatives du 20 septembre, non seulement cette échéance décidée par Tsipras prend un autre tour que celui que le Premier ministre voulait lui assigner, mais en outre, elle brouille un peu plus l’orientation unitaire indispensable pour une véritable gauche fidèle au Non au diktat des instances européennes.

    Plus que les résultats électoraux, l’enjeu dans une période où pas mal de replis sectaires sont à craindre, est la capacité à proposer des perspectives d’action unitaire qui redonnent confiance en ses propres forces à un « peuple de gauche » assommé ou ulcéré par la confiscation de ses deux victoires électorales de janvier et juin.

    Une crise profonde de Syriza

    Des milliers de militantEs et sympathisantEs désorientés, qui avaient cru à la radicalité de Syriza, en viennent à douter de la possibilité d’inquiéter le capitalisme, et pourraient ne pas voter le 20. Tsipras s’adresse à eux, en rappelant le seul bilan positif qu’il peut aligner, quelques mesures de soulagement social, ajoutant que si le mémorandum doit être appliqué, le gouvernement prendra des mesures pour en neutraliser la portée ! Dragasakis, le vice Premier ministre, assume le retournement : « Quand Syriza était dans l’opposition, nous avons fait une erreur en diabolisant le terme de mémorandum »… Quand on se rappelle les discours de Tsipras avant le 25 janvier, on peut dire que le reniement est total.

    Tout cela explique la chute de Syriza dans les sondages, en tête à tête avec la droite qui était à 10 points il y a encore peu. En même temps, cette remontée de la droite sauvera peut être Syriza : la base militante, persuadée que Tsipras s’est battu seul contre la troïka, mais aussi bien des déçuEs de Syriza, voteront quand même contre le risque d’une droite « décomplexée » et encore plus qu’avant anti-immigréEs, anti-réfugiéEs. Ils penseront donner ainsi à leur vote un caractère de classe.

    À gauche de Syriza, l’enjeu de la période

    Le projet de la Plateforme de gauche/Unité populaire ne prend pas vraiment. Loin de retrouver la masse militante correspondant aux désaffections de Syriza, Lafazanis et sa direction, quelle que soit la radicalité du discours, souffrent d’un manque de crédibilité lié au fait que, tapant tardivement du poing par rapport à la dérive de leur gouvernement, ils restent perçus comme des hommes d’appareil.

    Au sein de la coalition Antarsya, une grande discussion a eu lieu, prenant en compte l’importance d’offrir des débouchés unitaires à gauche, mais l’absence de rupture anticapitaliste de la Plateforme de gauche/Unité populaire quant à l’Union européenne plus les conditions voulues pour des listes unitaires (ainsi la disparition du sigle Antarsya) ont entraîné la décision de construire des listes anticapitalistes autour d’Antarsya.

    Ce contexte semble donner un peu d’air au sectaire KKE, pour qui le vieux militant Glezos a déclaré vouloir voter ! Le plus important en ce moment reste que bien des militantEs, ou courants, hésitent et sur leur vote et sur le projet de construction. Ainsi la majorité de sa jeunesse quitte Syriza sur la base d’un très bon texte conclu sur des perspectives anticapitalistes larges.

    La situation est donc très fluctuante. La priorité en cette période est de développer une gauche anticapitaliste sur la base d’un bilan du projet Syriza, mais en même temps d’offrir une politique de large front unique pour rendre concret le Non au référendum, référence pour la période, mais aussi pour intensifier la lutte antiraciste et antinazie. Dans les sondages, Aube dorée reste le troisième parti…

    D’Athènes, A. Sartzekis