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    Hollande, Charlie et Erdogan

    international Turquie

    Brève publiée le 4 novembre 2015

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    Les brèves publiées dans cette rubrique « Informations et analyses » le sont à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

    http://www.kedistan.net/2015/11/04/hollande-charlie-et-erdogan/

    Une dépêche de l’AFP que vous trouverez en « copier-coller » dans les médias mainstream turcs, européens et français

    hollande-erdogan-afpFrançois Hollande a appelé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan au « rassemblement et à l’unité » du pays après la victoire écrasante de son parti aux législatives, lors d’un entretien téléphonique lundi soir, a indiqué l’entourage du président français.

    Lors de cet entretien, les deux dirigeants ont « examiné comment continuer à coopérer sur la question des réfugiés et la Syrie », a-t-on ajouté de même source. L’attaque suicide perpétrée il y a trois semaines à Ankara par deux kamikazes proches du groupe Etat islamique (EI), qui a fait 102 morts, a ravivé dans le pays la peur de la violence djihadiste venue de Syrie. Cette dégradation de la situation sécuritaire inquiète de plus en plus les alliés occidentaux d’Ankara, à commencer par l’Union européenne (UE), confrontée à un flux croissant de réfugiés, pour l’essentiel syriens, en provenance de la Turquie.

    Ça c’est du journalisme ! Tout le monde copie la même dépêche sans commentaire…. Mais ce n’est pas le sujet…

    Qu’un président en appelle un autre après une élection, c’est paraît-il une coutume.

    message_erdogan

    Mais que François Hollande fasse du Charlie à cette occasion une fois de plus, alors qu’il connaît pertinemment la situation à l’est de la Turquie, et les projets présidentialistes d’Erdogan, qui justement divisent plus que jamais le Pays en le coupant en deux, en niant et réprimant de plus l’opposition démocratique, est une belle illustration de la désormais politique munichoise des dirigeants européens. Peu importe la nature politique des régimes que l’on soutient, pourvu qu’ils assurent le bouclier européen ou qu’ils favorisent la croissance de notre secteur armement et de nos vitrines sportives.

    Confirmer au passage la version « officielle », comme déjà cela avait été le cas pour Suruç, de la main djihadiste « extérieure » dans les attentats, alors que les enquêtes elles mêmes s’embrouillent, est également une belle manière de redoubler le soutien pour la « lutte anti terroriste » dont on sait qu’elle concerne précisément les mouvements armés kurdes. Le tout en échange de ce que la Dame Merkel avait en personne été confirmer au palais d’Erdogan, une retenue des réfugiés syriens, à n’importe quel prix, et surtout en milliards d’euros.

    L’appel à « l’unité nationale » revient à fermer à l’avance les yeux sur « l’unité forcée », sans reconnaissance, imposée par les militaires aux populations kurdes et par la répression policière aux diverses minorités du pays, comme de toute opposition en général, qui est la méthode AKP. On est prié de ne pas soulever le voile noir.

    Aucun étonnement à avoir, si on suit à la trace la diplomatie qui va des coupeurs de têtes du Golfe, en passant par le Sissi impérator d’Egypte, jusqu’à la réception prochaine du président iranien, spécialiste du fouet et des potences. Erdogan figure donc désormais officiellement à la table des criminels amis de la France.

    Quelle serait donc l’attitude des gouvernements européens, si demain au Kurdistant turc se levait, non une situation chaotique, mais une véritable insurrection armée, à laquelle, en l’état, les forces de répression turque ne pourraient faire face ? Que deviendraient les exigences sur les « réfugiés » qui ne manqueraient pas de doubler en cas de guerre civile à l’Est ? Et quid de Daech qui égorge déjà des opposants syriens impunément sur le sol turc comme il y a quelques jours ?

    Le semblant d’Europe politique, tourné vers son nombril, se tire des balles dans le pied, mois après mois. Mais après tout elle s’en moque, c’est elle même qui vend l’arme.