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Mise à pied pour une lettre un peu trop véhémente à un député !
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Karine ne digère pas sa mise à pied après une lettre crue à son député samedi 31.03.2012, 05:29 - PAR ANNE-GAËLLE DUBOIS
En écrivant à son député de manière très crue, Karine n'imaginait pas passer ensuite devant un conseil de discipline.
Depuis Claude Allègre, Karine, agrégée d'allemand, ne se reconnaît plus dans la politique menée par l'Éducation nationale. Grèves, manifs : cette prof du lycée de Gondecourt de 53 ans y a goûté assez pour estimer les résultats non probants. Alors, elle a dit sa colère dans une lettre crue adressée à celui qu'elle estime être le représentant du peuple dans son secteur, le député Sébastien Huyghe. Son dérapage lui a coûtéune mise à pied de quinze jours, contestée au tribunal administratif.
Peut-on se confier sans réserve à son député ? « Non », répond Karine, professeur depuis 1983. Il y a un an, elle prend la décision de livrer son ras-le-bol sur la situation dans l'éducation à Sébastien Huyghe, député UMP de la 5e circonscription. « Certes, cette lettre était en des termes très rudes, très caustiques et satiriques. Je pensais qu'il allait soit la mettre à la poubelle, soit me contacter. » Le député choisit une troisième voie : la transmettre à la hiérarchie de la prof de Gondecourt, au rectorat.
Une procédure disciplinaire est engagée. Elle pensait en sortir avec un blâme. Mais écope de quinze jours de mise à pied, au mois d'août. « En clair, j'ai eu un demi-mois de salaire en moins, ça n'a pas eu de conséquence sur mes cours. » Karine, qui n'est pas militante politique et n'est plus syndiquée, reconnaît que son courrier de deux pages a pu choquer. Elle y accuse en effet le député d'être « un petit perroquet sarkozyste », le recteur en prend aussi pour son grade. Elle écrit par ailleurs « en avoir assez de perdre une journée de salaire par mois ou davantage pour aller manifester » et entendre dire ensuite par un représentant gouvernemental - désigné par un mot vulgaire - « que la rue ne gagnera pas ».
Elle ne renie cependant pas ses mots qui, selon elle, montrent un ras-le-bol généralisé du monde des profs. « J'exprime un mal-être qui ne s'apaise pas. Les conditions que j'y dénonçais n'ont pas changé, ça crée une ambiance délétère dans tous les établissements. Il y a une précarisation des personnels nouvellement arrivés, c'est un jeu de massacre. » Pourquoi avoir pris la plume pour l'exprimer en ces termes ? « On a épuisé un certain nombre de formes de contestation, avec les manifs, les grèves, les opérations lycée mort, sans avoir gain de cause. » L'enseignante n'imaginait pas que sa prose allait atterrir sur le bureau du recteur (elle s'est d'ailleurs excusée de l'avoir blessé). « C'est de la délation. Cette lettre était individuelle, pas publique, personne ne l'avait lue à part moi... Je ne pensais pas que c'était interdit d'écrire à un député ! Ça met en question le rapport du citoyen à celui qui le représente. » Par ailleurs, Karine estime exercer son travail correctement. Elle est arrivée au dernier échelon et ses appréciations ont toujours été « excellentes », note le rectorat dans son dossier, Elle pensait finir sa carrière à l'échelon « hors classe », elle n'y croit plus.




