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A Bure, la chute d’un symbole
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/08/14/la-chute-d-un-symbole
Dimanche à Bure, les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires ont entrepris la destruction de la cloison de béton du bois Lejuc. Après la construction du mur, la démolition…
À chaque fois qu’un panneau de béton du mur de la discorde est jeté à terre, une ovation secoue les frondaisons du bois Lejuc. Sous un soleil de plomb, un autre chantier, mais de démolition cette fois a commencé. Tout un symbole.
À l’orée de la forêt, pas d’uniformes de gendarmerie ou de présence des vigiles de l’Andra. Les militaires sont là, mais déployés à l’écart. La préfecture de la Meuse a préféré laisser le champ libre à la manif. Il n’y aura donc pas d’affrontement. La décision se justifie par le risque de violents débordements, mais aussi parce qu’une ordonnance du juge des référés du tribunal de Bar-le-Duc a obligé l’Andra à cesser les travaux et à remettre les lieux en l’état.
Mais fort de cette victoire, la première en vingt ans de lutte, les opposants ont anticipé l’obligation à leur manière. « Nous agissons ainsi car l’Andra a poursuivi le défrichement du bois après la décision judiciaire », explique Angélique, l’une des porte-parole des collectifs anti-Cigéo. « Ils ont réalisé une tranchée de 15 mètres au cœur de la forêt et des remblais ont été déposés sur le sol ».
De l’enceinte de 2 m de hauteur qui doit s’étirer sur 3,8 km, un bon km avait déjà été effectué. C’est à cet obstacle que la colère antinucléaire s’est attaquée ce dimanche à l’aide de cordes, de masses, de béliers ou de pioches. Même l’encadrement du portail d’accès au périmètre a servi d’outil pour détruire une cloison de béton dont l’alignement n’a guère résisté face à la détermination des militants.
Plants de tomates…
La destruction du mur a débuté vers 13 h, lorsque 400 manifestants environ ont fait irruption à l’entrée du site après une marche organisée depuis la place de la mairie de Mandres-en-Barrois. Le lieu de départ de ce rassemblement programmé de longue date n’a pas été choisi au hasard. Cible des collectifs, le maire du village a pris un arrêté qui autorise le défrichement de cette forêt communale.
Certains manifestants s’en sont pris à la mairie. La porte d’entrée a été forcée et de la peinture jetée dans le sas d’accueil, ainsi que sur la façade. Une plainte doit être déposée.
La bataille se mène aussi sur le plan judiciaire: le défrichement est contesté par un recours déposé au tribunal administratif de Nancy. Il devrait être examiné mardi. D’ici là, l’action de démolition du mur devrait se poursuivre.
Ce dimanche, elle en a pris résolument le chemin et comme une remise en état de la flore a été aussi requise, nombre de participants sont venus chargés de plants de tomates, de potirons ou d’arbres, à l’image de Michèle, une habitante du secteur qui a opté pour un jeune frêne. « Il faut restaurer cette forêt où j’ai toujours eu l’habitude de me promener. Et pour effacer les cicatrices de tous ces dégâts, j’apporte mon petit bout de racine à l’édifice… », sourit-elle.
À Bure hier, la lutte a pris un nouveau virage et un nouveau visage. Reste à savoir désormais quelle sera l’attitude de l’Andra et de la préfecture. Car les opposants considèrent leur intervention légitime : « ce ne peut pas être un acte de sabotage puisque le défrichement et la construction du mur ont été jugés illégaux… ».
Patrice COSTA
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L'agence de gestion des déchets nucléaires ANDRA doit se rendre sur le site du bois Lejuc ce mardi 16 août pour évaluer l'ampleur de l'acte de sabotage des oppostants au projet Cigéo. Elle se réserve le droit de porter plainte.




