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Un mois de grèves et de luttes : Juin 2026
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Le mois de juin a été très riche en grèves, dans de nombreux secteurs, mais les directions syndicales ont décidé de les laisser isolées.
Chaque mois, nous vous proposerons une brève présentation des conflits qui se déroulent ou se sont déroulés dans la période en question, en France mais aussi à l’international.
Nous savons parfaitement que la liste qui suit n’est que partielle. Eh oui ! L’information sur les grèves et les luttes n’est pas la mieux partagée par les médias, il faut aller la chercher. Et pourtant, des grèves, il y en a ! En France, et ailleurs dans le monde, y compris dans des pays que les médias mainstream nous présentent comme les modèles à suivre, États-Unis ou Allemagne, car les salarié.e.s y seraient dociles, pas comme les salarié.e.s français.es "réfractaires"! Si vous avez des informations à nous transmettre à propos de votre grève ou d’une grève dont vous avez connaissance, n’hésitez pas à nous en faire part en nous écrivant à netournonspaslapage@gmail.com
Clôture rédactionnelle de cet article : dimanche 26 juillet 2026
A L’INTERNATIONAL
Australie
Dans le secteur pétrolier et gazier, de la prospection à la commercialisation internationale, la société japonaise Inpex est confrontée en Australie avec un mouvement social qu’elle voulait voir s’arrêter le 23/6 dans le cadre d’un grand projet, Ichthys. Mais le tribunal du travail a rejeté sa demande de suspension des grèves. Les salarié.es exigent des garanties d’emploi et la grève pourrait se prolonger.
Belgique
Encore bon nombre de secteurs en grève ce mois-ci.
Une grève dans les aéroports de Liège et Charleroi, pour commencer, chez le contrôleur aérien Skeyes au soir du 1/6 et pour la nuit. L’aéroport de Zaventem (Bruxelles) s’y est mis aussi. Un autre arrêt de travail a eu lieu dans les heures suivantes, bloquant 140 vols au total. Les premiers avions bloqués de Ryan Air et autres compagnies opérant à Charleroi ont décollé le 2 au soir, après un accord. La grève, largement spontanée, refusait les conditions d’accompagnement des contrôleurs aériens dans leur mutation depuis les tours de Charleroi, Liège et Bruxelles vers une « tour numérique » pour la Wallonie.
La grève commencée en mai dans le secteur éducatif wallon et bruxellois s’est poursuivie en juin, contre un budget d’austérité particulièrement dévastateur dans le primaire comme le secondaire.
A Gand, grève début juin chez l’équipementier automobile Plasman (sous-traitant de Volvo Car qui produit notamment des pare-chocs) suite à la perte d’une commande importante de Volvo, ce qui assombrit sérieusement l’avenir du site gantois.
Le port d’Anvers-Zeebrugge, connaissait aussi une grève des pilotes, à partir du 5/6, contre la réforme des retraites du gouvernement Arizona, ralentissant la navigation sur la côte et bloquant des navires.
Enfin, le 29/06, grève de 24h des personnels pénitentiaires dans toutes les prisons belges, en opposition aux organes de concertation, où les syndicats se plaignent de ne pas être écoutés.
Bolivie
Le mois de mai avait vu se renforcer la mobilisation populaire, avec grève générale, manifs et blocages, contre les mesures de vol et d’austérité spoliant les classes exploitées, pour 20% de hausse des salaires, mais aussi pour l’autonomie des territoires indigènes, et contre l’ingérence des États-Unis et de l’extrême droite d’autres pays latino-américains. En juin, la répression capitaliste a « flexibilisé » l’usage de l’état d’urgence et déjà fait au minimum 6 morts, le leader de la COB (centrale ouvrière) est en état d’arrestation et doit se cacher. Le président Rodrigo Paz se maintient malgré l’exigence de son départ par le peuple en colère.
États-Unis
Après l’exemple de Samsung le mois passé, la menace d’une autre grève a suffi à faire plier les patrons, cette fois-ci au SoFi Stadium de Los Angeles. 96% des syndiqué.es des barmans, serveurs.ses, cuisinièr.es et plongeurs.ses avaient voté pour une grève avant le Mondial. A 48 heures du premier match de la Coupe, les salarié.es prêt.es à la grève ont obtenu un accord jugé très favorable sur l’ensemble des points soulevés, notamment : des salaires qui vont atteindre 40$ de l’heure, et une meilleure protection contre l’ICE, bête noire légitime des personnels mobilisés.
Grèce
Le secteur touristique pèse lourd en Grèce, a fortiori l’été. Or l’Union des agences de voyages et des bus touristiques de Santorin, île très prisée des touristes, a organisé une grève le 22/6, qui a grandement perturbé l’activité des croisiéristes (beaucoup d’escales annulées), contre le manque d’infrastructures minimales et une réorganisation désavantageuse décidée par l’autorité portuaire de l’île (créneaux horaires gênants, problème de stationnement…).
Mais c’est l’ensemble du secteur touristique qui craque et se mobilise : le 24/06, grève nationale de 24h des travailleurs.ses de l’hôtellerie et du tourisme contre des conditions de travail très pénibles et des salaires qui stagnent aux alentours de 1 000 euros.
Italie
Mouvement de grève original et qui en dit long en Italie : le personnel administratif de Giorgia Meloni (3500 personnes réparties entre une vingtaine de bâtiments) était en grève le 11/6 en opposition à une circulaire du cabinet réduisant le télétravail de moitié (de 104 à 52 jours par an, soit un jour par semaine). Des bureaux surpeuplés, sales et parfois infestés de rats, de pigeons et de frelons !
Chez Epta Costan, usine de la métallurgie en Vénétie, la comptabilité avait commis l’erreur de payer au personnel des sommes en excès (jusqu’à 600€). La direction a réclamé un remboursement. Fin juin, les salarié.es ont refusé et manifesté quatre heures pour réclamer. On s’achemine sans doute vers un remboursement échelonné sur une période assez longue.
Nigeria
Grève des enseignant.es pour une cause dramatique : dans le sud du pays, 39 élèves de 2 à 16 ans et 7 de leurs enseignant.es ont été enlevé.es dans l’État d’Oyo par des hommes armés présentés par la police comme appartenant à Boko Haram. Le 1/6, le syndicat a lancé une grève générale dans tous les établissements primaires et secondaires de cet État, pour assurer la sécurité et obtenir la libération des personnes kidnappées. Des manifestations ont eu lieu le 2/6 dans plusieurs villes nigérianes.
Portugal
Grève générale intersyndicale bien suivie contre la réforme du code du travail du gouvernement, le 3/6 : des transports (ferroviaires, fluviaux, aériens, métro…) à l’arrêt, des gares (à Lisbonne par exemple) vides, des vols annulés, des écoles fermées, des unités hospitalières quasiment à l’arrêt. Grève aussi dans des boites privées. Montenegro ignore le mouvement, prétendant qu’il n’est pas suivi.
Tunisie
18/6 : les avocats en grève dans le pays, contre la mise sous tutelle de leur profession ; un bras de fer qui se durcit contre le ministère, pour maintenir les droits de la défense et des procès équitables.
3 jours de grève des banques, des établissements financiers et des assurances, du 23 au 25/6 : agences fermées ou très perturbées, distributeurs sans billets… L’UGTT exige des hausses salariales.
OUTRE-MER
Guadeloupe
Dès le 8/6, grève du service de radiologie au tout nouveau CHU de Guadeloupe (aux Abymes). A l’origine : des problèmes matériels (panne des machines) et un manque de médecins. Grève suspendue le 9/6, car des discussions se sont engagées avec la direction du CHU. Mais la grève redémarre pour le même motif le 29/6, avec un service minimum mais une activité perturbée. A suivre…
Guyane
Au collège Concorde de Matoury, grève contre des conditions de travail dégradées le 11/6 : manque d’eau potable, nettoyage insuffisant, toilettes inutilisables pour les élèves et pour les enseignant.es…
Grève massive aussi à partir du 29/6 dans trois des quatre collèges de Kourou (Joseph Ho Ten You, Victor Schoelcher et Omeba Tobo) contre les suppressions de postes d’AED à la rentrée prochaine. Ho Ten You est fermé. Le syndicat FSU exige le maintien intégral des postes d’AED et veut un dialogue.
Martinique
Grève à la Poste, commencée le 12/5 et qui se poursuit en juin, contre les réorganisations de services, pour des hausses de salaires et contre la dégradation des conditions de travail. Au 1/6, une médiation a commencé, mais rien ne semble avoir bougé sur le terrain (distribution du courrier très perturbée dans plusieurs endroits, sites inaccessibles…). Les grévistes dénoncent la non-réaction de la direction.
Les AESH en grève ont manifesté devant le rectorat de Martinique le 9/6, pour dénoncer un manque de moyens, de mauvaises conditions de travail, et exiger une meilleure reconnaissance de leur métier.
A Fort-de-France, écoles, crèches et services municipaux (cuisine centrale etc.) étaient fermés le 18/6. Discussions avec la mairie, suivies d’une médiation, mais les recommandations de la médiation ont été ignorées par l’équipe municipale. Puis après 5 jours de grève, un accord a été trouvé le 22/6.
Grève chez le transporteur Madinina Trans Connect, les 29 et 30/6, le 30 un protocole de fin de conflit a été signé. Cela, vu les difficultés de la boite (factures impayées, pompes à essence vides...).
Mayotte
Grève illimitée à l’appel de l’intersyndicale le 13/6 dans le « pire aéroport de France » (selon elle). Conditions de travail dégradées, manque d’effectifs et infrastructures endommagées par le passage du dernier cyclone. La direction a remplacé les grévistes par des personnels extérieurs. Un accord de fin de grève a été signé le 18/6 avec le gestionnaire de l’aéroport, avec plusieurs engagements : plans d’actions ; remise à niveau des toilettes (!), prime d’intéressement, hausse salariale de 5%.
Les salarié.es des Apprentis d’Auteuil se sont mis.es en grève reconductible à partir du 17/6 face à la suppression de dispositifs d’insertion, une menace pesant sur 40 postes.
Polynésie
Mi-juin, grève à 70% à la société de restauration Newrest, qui continue à fournir des repas à l’armée, aux prestataires médicaux et à l’hôpital, mais pas aux écoles de Papara, en particulier pour le renouvellement de la concession de la cuisine centrale de Papara, justement, à l’échéance du 30/6.
Réunion
Les salarié.es de Canal+ Réunion-Mayotte ont démarré une grève reconductible et fortement suivie le 18/6 dans un cadre intersyndical, contre les modalités de calcul de leur prime d’intéressement.
EN FRANCE
Métallurgie
5/6 : nouvelle grève (après celle du 27/5) chez ATS (Action technologique sézannaise), entreprise de fabrication mécanique à Sézanne (51), sur 3 revendications : l’instauration de la médaille du travail avec 720€ bruts pour 20 ans de carrière (et non 240€) ; la prime de participation normalement versée avant le 1/5 et toujours pas reçue ; une prime de transport pour compenser la hausse des carburants.
Industrie automobile
Une grève a démarré fin mai chez Bosch à Vendôme (41), dans un cadre intersyndical CFDT, CFE-CGC, CGT. La boite doit être vendue et les salarié.es veulent des garanties en cas d’échec du processus de vente. Les grévistes veulent aussi le paiement des jours de grève et la prime liée à l’ancien accord. Au bout d’une semaine de grève, le 5/6, des négociations devaient s’engager. Mais ce n’est que le 9/6 au matin qu’elles ont réellement commencé, et que la grève s’est arrêtée.
Chez Dumarey à Andrézieux (42), en grève depuis début mai, la tension sur le piquet s’est accrue début juin. 256 emplois sont en jeu chez ce fabriquant de boites de vitesses pour poids lourds. Au 5/6, toujours pas de sortie de crise mais un rendez-vous pris à Bercy.
A compter du 16/6, grève bien suivie chez l’équipementier canadien Linamar à Saint-Chamond (42) pour un 13e mois, une prime exceptionnelle de 1000 € et une revalorisation salariale de 3,5% face à l’inflation. Après négociation et accord, le travail a repris le 22/6, et les grévistes ont obtenu une hausse de 3%, 1000 € de prime mais pas de 13e mois.
Chez Stellantis Mulhouse (68) où travaillent plus de 4500 salarié.es, la CGT a déposé un préavis de grève face aux conditions de travail insupportables dues à la canicule (38° ou 40°C dans certains ateliers), pour la semaine du 23/6 et appelé à cesser le travail plus tôt à la mi-journée et en soirée, à augmenter le nombre de pauses et à diminuer les cadences. Le syndicat réclame des mesures d’urgence (diminution générale des cadences, pauses plus fréquentes, baisse de la production, investissement dans des équipements protégeant de la chaleur). La CGT dénonce la direction qui ne fait rien d’autre que de distribuer des bouteilles d’eau.
En Normandie, à Cormelles-le-Royal (14), la température a dépassé 46°C dans plusieurs zones de l’usine Stellantis locale (1300 salarié.es), et le 25/6, la CGT a appelé à cesser le travail l’après-midi, sans gros impact apparemment.
A Poissy (78), c’est Sud qui a appelé à la grève chez Stellantis, exigeant l’arrêt de la production l’après-midi, et comme à Mulhouse, plus de pauses et une baisse des cadences. Là comme ailleurs, la direction invoque une « procédure chaleur » qui ne règle pas le problème. La grève a assez peu fonctionné, mais on a eu parfois recours au droit de retrait.
Industrie aéronautique - Airbus
Le 1/6, grève d’une centaine de travailleurs.ses chez Airbus Toulouse, contre la baisse de 2500€ de la prime de participation (alors que les dividendes sont super-élevés). Nouvelle grève (à l’appel de la CGT) le 8/6, la colère est toujours là malgré les minables 500€ finalement lâchés par la direction, soutenue par les syndicats pro-patronaux, dits « de l’Entente » (FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC).
Autre sujet de mécontentement chez Airbus : le télétravail. Le PDG a décidé de réduire de 50% le télétravail et de renforcer la présence de toustes sur le site, pour atteindre 4 jours par semaine, adressant une lettre à toustes ses employé.es. Cela touche notamment les cadres. Cette annonce a créé incompréhension et colère face à ce qui est vu comme un retour en arrière. L’Entente veut discuter, la CGT a appelé (notamment les ingénieur.es) à la grève le 18/6 pour défendre le télétravail.
Transports
Transports ferroviaires
Appelé par les 4 fédérations syndicales présentes à la SNCF (CGT, Unsa, Sud, CFDT), le 10/6 a été une journée de grève nationale assez bien suivie. C’est une grève pour augmenter les salaires, mais aussi pour de nombreuses autres revendications, alors que 13 cheminot.es se sont suicidé.es depuis le début de l’année : pour des moyens pour le service public, un moratoire contre l’arrivée de la concurrence, contre l’intensification des tâches, la dégradation des conditions de travail, les pressions de la hiérarchie, qui veut casser les collectifs de travail (réorganisations, suppressions de postes). Des actions avaient lieu en de nombreux endroits : Le Mans, Lyon, Marseille, Nantes, Rennes, St-Etienne, Valence... Des collectifs d’usager.es regroupant associations, syndicats et partis se sont manifestés en soutien, à Nantes par exemple. L’impact de cette grève n’a pas été négligeable, en particulier chez les roulants : près d’un.e cheminot.e sur deux en grève, 2 TGV en service sur 3, 1 Intercités sur 2 et un trafic régional fortement perturbé. Pour toute réponse, la direction de la SNCF annonçait, le 23/6, une prime de 100€ distribuée à chaque cheminot.e en juillet.
Aéroports
Grève le 18/6 dans les aéroports parisiens, pour protester contre le durcissement des examens des habilitations de sécurité par la police – habilitations nécessaires pour porter le badge dans les zones de travail réservées des aéroports (pistes notamment) – ce qui a conduit à la perte d’emplois de certain.es employé.es pour de simples affaires d’amendes…
Par ailleurs, les 9 et 16/6, les mêmes aéroports (Roissy et Orly) ont vu d’autres personnels en grève. Contre l’augmentation minable de 40€ bruts que le CSE d’ADP leur propose cette année et les conditions de travail qui se dégradent, les travailleurs.ses des restaurants, cafétérias et services culturels d’ADP sont en colère et ont débrayé à la pause de midi. Ils et elles veulent les mêmes salaires que les salarié.es d’ADP et exigent aussi des effectifs en hausse et du meilleur matériel. Et les 110 personnes concernées font face… aux syndicats !
Transports routiers de passagers
Grève chez Transdev Artésiens, sous l’impulsion de FO, le 26/6, reconduite les 29 et 30/06, face à des négociations qui piétinent. Rassemblements à Béthune et Auchel. Les chauffeurs.ses grévistes exigent une revalorisation des salaires, une prime carburant, une amélioration des conditions de travail et une meilleure reconnaissance de leur métier, alors que dans certains cas il a fallu conduire par 45°C !
Transports urbains
Bordeaux (33)
Sous-effectif chronique chez TBM (Keolis) à Bordeaux : selon la CGT, il manque 200 chauffeurs.ses de bus et de trams. D’où une grève (suivie à +/-20%) lancée par la CGT le 4/6, qui a rallongé les temps de passage.
Brest (29)
La grève-record chez Bibus, démarrée le 7/4, menée par la CFDT (très majoritaire) et suivie au quotidien par quelque 85% des agent.es, contre une direction accusée de « détruire le socle social de l’entreprise », sous sa forme particulière de grève tournante avec 59 minutes d’arrêt de travail par jour, n’était toujours pas terminée le 30/6.
Cherbourg (50)
Après des débrayages, la grève est partie le 13/6 chez Cap Cotentin à Cherbourg à propos de NAO à l’arrêt et de conditions de travail difficiles. Le 20, le mouvement paralysait encore une partie du réseau.
Fontenay-aux-Roses (92)
Les conducteurs.trices du dépôt ATM (650 salarié.es) ont fait grève du 1 au 7/6 à l’appel de l’intersyndicale CGT/CFDT/FO (pas Unsa). Le 1/3, l’Italien ATM a remplacé la RATP sur 18 lignes de bus. Il fait pression sur les salarié.es et s’attaque aux droits sociaux et aux salaires (nombreuses anomalies sur les fiches de paye, où il manque parfois jusqu’à 400€ sans justification) et dégrade le service public. A l’exploitation et à la maintenance ATM Croix du Sud, la colère n’a cessé de monter début juin contre une direction qui refuse tout dialogue. Le 12/6, une nouvelle journée de grève était organisée.
Le Mans (72)
Pendant un certain temps, on a pu croire que la grève des transports urbains (Setram) allait perturber les sacro-saintes 24 heures du Mans. Toutefois, le 5/6, FO a levé son préavis de grève pendant cette semaine de festivités fossiles (10 au 14/6). Une des raisons du mécontentement, c’est la mise en service de rames de trams rallongées (de 32 à 44 mètres) avec les enjeux de sécurité que cela induit. FO se dit toujours opposé à cette mise en place, mais renonce à l’arme redoutable consistant à gêner les 24h.
Rouen (76)
Depuis octobre 2025, tous les samedis, la CGT Transdev appelle le personnel à faire grève pour arracher le paiement des « temps annexes » pour les conducteurs.trices. La direction ne veut rien savoir mais le mouvement continuait en juin.
Secteur des services privés
Médias
Grève le 15/6, reconductible jusqu’au 18/6 votée par le personnel de Prisma Media. Ce groupe de 650 personnes est le numéro 1 de la presse magazine en France. Il appartient au groupe Hachette (Bolloré), et comprend Femme Actuelle, Voici, Capital, Geo, Télé Loisirs, Ça m’intéresse… Ce qui doit rester de Prisma est censé déménager fin 2026 dans les locaux de CNews ! Le personnel lutte contre un plan social qui prévoit de virer 40% des effectifs (279 licenciements).
Plus largement, les syndicats de presse ont appellé à une journée de grève avec manifestation nationale le 18/6 à Paris, face à la crise des médias (avec les licenciements en pagaille et les bouleversements causés par l’IA) et l’inaction du gouvernement dans ce contexte. Les journalistes ne sont pas seul.es touché.es, loin de là.
Le 29/6, Le Monde a connu une grève des éditeurs.trices et des correcteurs.trices opposé.es à une réorganisation du travail. Ce fort mouvement (100% des correcteurs.trices, 80-90% des éditeurs.trices) dénonce le manque d’effectifs et de reconnaissance de leur métier et exige plus de moyens. La direction a été prise au dépourvu, et la sortie du journal (papier et numérique) en date du 30 a été bloquée.
Le 30/6, une centaine de salarié.es de Milan Presse (filiale de Bayard, touchée par un plan d’une trentaine de suppressions de postes) ont débrayé à Toulouse. La CGT réclame de prendre du temps pour des négociations.
Nettoyage – Traitement des déchets
5 jours de grève de la collecte des déchets dans la Communauté d’agglomération Sophia Antipolis (06) chez Veolia, du 28/5 au 2/6, date à laquelle un protocole de sortie de grève a été signé, reprenant une partie des revendications : régularisation des coefficients, accords de groupe sur le handicap…
La Poste
Grève des facteurs.trices à Mauvezin (32) à partir du 21/5, en opposition à une réorganisation, et terminée le 1/6 après un accord La Poste-syndicats.
A Léré (18), juin commençait avec près de deux semaines de grève contre une réorganisation des sites à Léré et Sancerre. Un accord a été trouvé entre la direction et la CGT et d’autres syndicats le 3/6 (accompagnement financier des contraintes liées aux nouveaux horaires, prime sur objectifs…), mais le 4, la grève continuait. Le 19/6, 4 employé.es du bureau de Léré maintenaient toujours la grève.
Dans les bureaux de poste de Bron (69), Sud Poste a lancé une grève illimitée le 8/6, contre un projet de fusion avec le secteur de Genas, aux conséquences néfastes sur les conditions de travail, la santé et la sécurité des agent.es, et l’accueil du public.
Le 15/6, ce sont les postier.es de l’ouest de la Loire-Atlantique (5 sites de St Nazaire) qui se sont mis.es en grève reconductible, soutenu.es par Sud et la CGT, pour exiger l’arrêt des suppressions de tournées supplémentaires (St Nazaire, Pornic…) et des embauches sur les postes vacants. Une situation qui a déjà conduit à un nombre significatif d’arrêts maladie. Le 22, les négociations n’avaient toujours rien donné, la direction restant sourde, mais l’opposition municipale de gauche apportait son soutien à la grève. Et les facteurs.trices affluaient de nouveau vers les piquets. Le 24 et le 25, ça continuait.
La fin juin a aussi vu la grève à la Poste de Besançon (25). A partir du 23/6, cinq des six facteurs.trices de l’Ilot Proudhon ont cessé le travail environ une heure par jour suite à la mise en place, là encore, d’une réorganisation, et pour rejeter une baisse des effectifs et la dégradation des conditions de travail.
Éducation
Ministère
Grève de la notation à l’Inspection académique à Orléans-Tours commencée le 27/5 pour protester contre la réforme de la formation de professeur.es des écoles adoptée à l’automne 2025 et dont l’application est prévue pour la rentrée prochaine : baisse du nombre d’étudiant.es formé.es, du nombre d’heures de cours, dégradation des conditions de travail…
Premier degré
Grenoble (38) : grève, à partir du 5/6, de personnels au bout du rouleau aux écoles Le Lac et Anatole France, qui accueillent des enfants de milieux très défavorisés (parfois même sans abri), alors même qu’on leur promet des fermetures de classes…
A Peyruis (04), le 9/6, grève complète des deux écoles locales : enseignant.es, personnels éducatifs et périscolaires, parents d’élèves se rendent à Digne-les-Bains devant les locaux du ministère : de nombreux cas de violences sont signalés, notamment une enseignante giflée par un élève…
Second degré
Débrayage au collège de Marcigny (71) le 1/6 : une vingtaine d’enseignant.es, une dizaine de parents et deux élu.es contre la baisse de la dotation horaire globale (DHG) prévue à la rentrée.
Grève des précaires de l’Éducation nationale. La précarité demeure tant pour les AED que pour les AESH et les salaires sont minables. AED en grève le 2/6 (appel FSU/CGT/CFDT/ Unsa/Sud/Snalc), notamment contre les conditions de contractualisation et de renouvellement. Environ 1/4 de la profession était en grève (très bon résultat dans ce milieu). AESH en grève le 9/6 : une profession qui pourrait exploser entre différents métiers : le ministère veut faire un tri ségrégatif entre qui deviendra fonctionnaire (10% à 20% des effectifs) et qui restera précaire (les autres). Et les moyens diminuent…
A Amiens (80), plusieurs dizaines d’AED étaient en grève le 9/6 dans ce cadre national, dénonçant le non-renouvellement des AED au lycée Delambre-Montaigne devant celui-ci et réclamant un statut.
Grève (à 84%) au collège Françoise Dolto à Pont-à-Marcq (59), à partir du 4/6, contre les problèmes liés à la direction : manque de communication, non-remplacement des absences, emplois du temps non mis à jour, examens blancs changés au dernier moment… d’où des élèves qui vont en cours pour rien, la salle de permanence surchargée… Et aussi des cas de harcèlement gérés tardivement. Après les parents, qui soutiennent les profs, ces derniers, à bout, devaient être reçus au rectorat le 18/6.
Le 11/6, grève (à 70%) des profs le jour du bac français au lycée Thérèse Planiol de Loches (37), contre une dotation horaire en baisse de 25h à la rentrée.
Le 11/6, au collège Hector Berlioz de Nantes (44), 26 des 37 profs exigeaient plus de moyens et une nouvelle classe de cinquième, devant l’Inspection académique, afin d’éviter le passage à plus de 30 élèves dans certaines classes.
Dans l’Est lyonnais, plusieurs lycées se sont mis en grève le 15/6, jour de l’épreuve de philo du bac et promettent une grève dès la rentrée si le manque de moyens perdure et si les conditions d’enseignement ne s’améliorent pas. La rentrée 2026 était horrible et celle de 2027 promet d’être pire… Au lycée de la Côtière, les grévistes ont pu compter sur la présence de parents devant le lycée.
A Perpignan (66), le collège Camus, une grève de plus de 24h les 15-16/6 a permis aux profs d’obtenir le maintien d’un demi-poste de CPE qui devait être supprimé en septembre.
Après Camus, c’est le collège Saint-Exupéry de la même ville qui s’est mobilisé contre le manque de moyens (pour un public très défavorisé) le 17/6, avec blocage le 18, exigeant des classes limitées à 24 élèves. Une grève reconduite puis levée le 19 suite à des propos rassurants de l’Inspection.
A Lyon (69), le personnel du collège Clémenceau s’est mis en grève le 16/6 pour obtenir plus de moyens à la rentrée, sur fond de DHG en baisse.
Le collège Lazare-Carnot de Nolay (21) a connu une grève des enseignant.es le 19/6, soutenu.es par des élu.es, des parents et des élèves. Divers problèmes en sont à l’origine : invasion de puces, problèmes de sécurité et de violences non sanctionnées, problèmes d’organisation…
Le 18/6 à Tullins (38), opération collège mort à Condorcet, la grève faisant suite à la décision de la direction académique de fermer une classe de sixième, élevant les effectifs à 30 par classe.
Grève de diverses catégories de personnels le 22/06 au collège Jean-Monnet d’Yssingeaux (43) contre deux fermetures de classe à la rentrée et une brutale dégradation des conditions de travail et d’études.
Le même département (43) a aussi vu une grève au collège Lafayette du Puy en Velay. Démarrée le 22/6, elle visait à protester contre le refus du rectorat d’ouvrir une 3e classe de cinquième à la rentrée.
Dans l’Académie de Nantes, des examinateurs.trices avaient annoncé une grève reconductible à partir du 25/06, avec un soutien intersyndical, pour améliorer les conditions des épreuves de français du bac, par l’obtention de renforts et la diminution du nombre de candidat.es. La grève a eu lieu.
La canicule à la fin juin, générant des conditions de travail inacceptables et des dangers pour la santé des personnels et des élèves, a aussi poussé à mobiliser dans l’Éducation à partir du 25/6, avec des préavis de grève de l’ensemble des organisations syndicales. Celles-ci, toutefois, apportent une réponse limitée, avec mobilisations locales et grèves « là où c’est nécessaire » : pas de combat frontal.
On a observé des grèves pendant les épreuves du brevet aussi. Le 26/6 au collège Sarsan à Lourdes (65) avec refus de surveiller les épreuves (mission réalisée par d’autres personnels) : cela vient après l’agression d’une prof et la suppression d’un demi-poste de CPE, le dialogue étant rompu avec le rectorat. A Peyrehorade (40) c’est la rentrée avec des classes à 28 qui a conduit au dépôt d’un préavis de grève pour les 29 et 30/6 pour des ouvertures de classes et des moyens supplémentaires.
Supérieur
Sorbonne-Université, campus Saint-Antoine : grève de 3 jours début juin du service sécurité incendie ; victoire des agent.es : hausse des primes, agent embauché, reconnaissance d’un management toxique.
Enseignement privé
Au collège privé catholique du Mont-Roland à Dole (39), près de la moitié des personnels (enseignant.es et non enseignant.es) a fait grève le 16/6 contre une direction mise en place il y a 2 ans, avec laquelle le dialogue est difficile, et dont le management est jugé toxique.
Inquieté.es par des non-renouvellement de contrats, des enseignant.es de la filière psychologie de l’UCO (Université catholique de l’Ouest) sur le campus de Guingamp (22) ont débrayé le 30/6, pour obtenir plus de moyens pour leur filière.
Santé-social
Dans les hôpitaux
Le 18/6, l’ensemble des personnels de l’hôpital de Toulon-La Seyne (83) (déjà mobilisés en psychiatrie contre la perte annoncée de trois de ses quatre médecins) était appelé à la grève par FO, contre la dégradation des conditions de travail et la hausse de la charge de travail.
Le 21/6, c’est l’hôpital d’Alençon-Mamers (61) qui était en grève, pour des conditions de travail là aussi dégradées, en particulier aux urgences.
A Tours (37), des soignant.es se sont mis en grève le 3/6 au CHRU, pour l’abandon d’un projet de changement de fonctionnement de médecine intensive réanimation (MIR), impliquant une possible alternance obligatoire d’horaires jour/nuit.
Aux urgences psychiatriques de l’hôpital Sainte-Anne (Paris 14e), les 10 jours de grève des infirmier.es sur fin mai-début juin ont été payants. Là aussi, ce sont les conditions de travail et d’accueil des patient.es qui sont en cause (avec une occupation moyenne du service de 134%, 21 patient.es pour 5 lits !). Des postes d’aide-soignant.es et d’infirmier.es ont été obtenus.
Un préavis de grève illimitée a été lancé par la CGT à compter du 11/6 au centre hospitalier de Saint-Brieuc, Paimpol et Tréguier, contre une pénurie de personnel et une dégradation majeure des conditions de travail. Puis la section CFDT de l’hôpital de Lamballe s’est alignée avec un préavis du 17 au 19/6, et FO a appelé à la grève. Le 16/6, environ 70 personnes étaient devant l’entrée de l’hôpital de Paimpol. A Saint-Brieuc, la grève à 100% pour renforcer les équipes aux urgences dans la nuit du 11 au 12/6 a payé : 6 postes pérennes équivalent temps plein ont été obtenus aux urgences de nuit.
Bretagne toujours avec l’hôpital de Dinan, Saint-Malo et Cancale. Le 11/6, 500 personnes se sont rassemblées à Dinan contre la fermeture nocturne des urgences cet été. Puis un préavis de grève a été déposé par Sud et la CGT du 19/6 au 3/7, pour obtenir des réponses satisfaisantes sur les urgences et pour la transparence nécessaire sur le futur projet hospitalier.
Conditions de travail dégradées aussi, dans tous les services, à l’hôpital du Bailleul (72). D’où une grève 16/6, annoncée par les syndicats du Pôle Santé Sarthe et Loir et le rassemblement devant l’hosto, où 40% des lits ont été fermés depuis son ouverture en 2007. L’épuisement professionnel touche des personnels dont, par ailleurs, les salaires stagnent. Plus de 120 soignant.es ont participé.
En grève depuis le 5/6, le personnel du laboratoire de l’hôpital de Dreux (28) réclame le paiement de leurs primes de technicité (260€ bruts mensuels), impayées depuis l’année dernière.
A Bourgoin-Jallieu (38), à partir du 15/6, débrayage quotidien de 12h à 14h des agent.es de service hôtellerie logistique et lingerie du centre hospitalier Pierre-Oudot, contre une réorganisation des services lancée par la direction et qui bouleverse leur rythme de travail. Le conflit dure depuis janvier.
EHPAD
A Marcillac-Vallon (12), les personnels de l’Ehpad Saint-Joseph et le syndicat FO ont déclenché une grève le 5/6 contre la dégradation des conditions de travail et d’accueil des personnes âgées. 3 réunions de négociation ont permis des avancées sur les principales revendications. La grève a été levée.
A Poitiers (86), la grève à l’Ehpad des Feuillants, déjà évoquée, s’est arrêtée à son 107e jour. Un accord a été trouvé le 11/6, sur certaines revendications : hausse salariale de 75€ brut mensuel pour 3 catégories de personnel ; presque-doublement de l’indemnité pour travail les dimanches et jours fériés ; 4 jours de grève payés…
Aux trois Ehpad du centre hospitalier Loire Vendée Océan (Challans, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Machecoul), début de grève le 22/6 (préavis jusqu’au 26/6), avec piquet, à l’appel de FO, pour des recrutements (nombreux arrêts non remplacés) et de meilleures conditions de travail.
Santé privé
Aide à la personne
Dans la métropole grenobloise (38), les salarié.es du prestataire de santé à domicile AGIR à dom étaient en grève (avec piquet) le 22/6, pour des hausses de salaires, une meilleure prise en compte de l’ancienneté et le maintien des postes, contre la dégradation des conditions de travail.
Cliniques privées
Après 100 jours de grève et de mobilisation contre un projet de réorganisation de 3 services, des grévistes de la clinique Keraudren à Brest (29) ont rencontré la direction le 25/6 et le travail a repris.
370 grévistes à la clinique de l’Anjou, à Angers (49) le 9/6, pour 100€ net d’augmentation mensuelle et un 13e mois. La direction a refusé les deux, mais FO a été reçue. Le 12/6, la grève continuait et les grévistes appelaient à la démission de la directrice.
Ambulancier.es
Au 4/6, cela faisait près d’un mois que les ambulancier.es interhospitalier.es de Toulouse (31) étaient en grève illimitée. Face au mépris ressenti, ils et elles appelaient à manifester devant l’ARS, avec toujours les mêmes revendications : reconnaissance officielle de leurs missions ; réactualisation des fiches de postes ; renforcement des effectifs ; indemnités spécifiques ; prise en compte de la pénibilité physique et psychologique du métier.
Associations et autres non lucratifs
Au bout de 3 semaines, la grève d’une vingtaine de personnes à l’Adapei (Ajaccio, 2A), portant quelque 12 revendications dont la levée de sanctions contre 2 salariés, a conduit à une médiation préfectorale le 12/6, sur demande syndicale, faute d’obtenir un protocole d’accord. Mais cette réunion n’a rien donné et la grève s’est encore prolongée, paraissant s’enliser.
Grève au SAMU Social de Paris, contre la suppression par l’État de 1 200 nuitées en hôtels sociaux (ce qui veut dire autant de personnes mises dehors). Démarrée le 23/6, elle se poursuivait encore le 30. Les dispositifs d’hébergements d’urgence sont déjà archi-saturés. S’y ajoute la revendication d’une hausse salariale, et la CGT demande aussi une pause-débriefing de 45 mn en fin de vacation. Le 30/6, outre le soutien apporté par les bénéficiaires du 115, la mobilisation du Samu Social a été rejointe par les salarié.es de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) de Paris, par l’association Utopia56 (qui agit auprès des sans-abris) et par une partie du personnel de France Travail.
La Ligue havraise accueille les personnes en situation de handicap. Ses soignant.es et travailleurs.ses sociaux.ales se sont mis.es en grève les 24 et 25/6, et ont manifesté en marge de l’AG de l’association, notamment contre des salaires insuffisants.
Les salarié.es de la MSA (Mutualité sociale agricole) ont fait grève le 25/6 contre la menace de suppression de quelque 1000 postes de travail à la MSA dans tout le pays, à l’appel de l’intersyndicale CGT/FO/CFDT. Des rassemblements décentralisés étaient organisés.
Grève, le 25/6, à la CPAM 42 contre la suppression d’une journée de télétravail par semaine, décidée autoritairement par la direction.
Autres Fonction publique
Ministères
Le 11/6, les agent.es publics.ques de l’environnement étaient en grève. Les personnels de l’OFB (Office français de la biodiversité), des parcs nationaux, des agences de l’eau, du conservatoire du littoral étaient appelés par une intersyndicale à cesser le travail pour s’opposer à la casse du statut de leurs contractuels par le ministère de la Transition écologique.
Les agent.es de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) de Dieppe (76) étaient en grève le 4/6 puis le 23/6 avec manif devant le tribunal, contre une situation de l’unité éducative en milieu ouvert qui ne cesse de se dégrader : un personnel réduit ; une liste d’attente des jeunes en accompagnement qui s’allonge, augmentant le risque de récidive ; un temps consacré au suivi éducatif réduit au profit d’autres missions.
A Sarreguemines (57), grève des personnels pénitentiaires le 22/6 à l’appel de CGT/FO/Unsa pour dénoncer la surpopulation carcérale (192%) et la dégradation des conditions de travail.
Collectivités territoriales
Entre fin mai et début juin, grève dans les piscines nantaises. Les électrotechnicien.nes (agent.es chargé.es de la qualité de l’eau) exigent plus de personnel et réclament des hausses de salaires.
Grève du personnel municipal de Couëron (44) à partir du 10/6. L’Unsa avait déposé un préavis courant jusqu’au 13/7. Des réorganisations de services, décidées autoritairement, créent un état de sidération et de désespérance. Les exigences : arrêt des suppressions de postes, des externalisations dans les services d’entretien, l’éducation, la restauration ; fin de la désorganisation des services. Grève totale le 12/6 avec 200 personnes devant la mairie et réception de 4 élu.es CGT et 4 élu.es Unsa par le nouveau maire qui a promis de ne pas externaliser. La pierre d’achoppement, c’est la réintégration des 18 personnes mises à la porte. Mais après quelques promesses, et semble-t-il une certaine confusion, la grève a été suspendue le 16/6.
A Charleville-Mézières (08), le pôle restauration scolaire s’est mis en grève illimitée à partir du 15/6. Contre le sous-effectif et la surcharge de travail qui s’ensuit, l’intersyndicale (dont l’Unsa) a lancé un appel à la grève illimitée les lundis, mardis, jeudis et vendredis midi à compter de cette date. 16 des 27 agent.es étaient grévistes le 15.
Grève parmi les 14 000 animateurs.trices des écoles à Paris, du 8 au 16/6, pour exiger des créations de postes et dénoncer le climat de suspicion généralisée face au scandale des violences sexuelles. Une grève surtout à l’heure du déjeuner avec impact sur les cantines.
Le 10/6 à Dijon (21), grève des maitres-nageurs des piscines olympique et du Carrousel pour des hausses de salaires et une meilleure prise en compte du travail effectué les jours fériés. Rebelote le 25/6, cette fois en pleine canicule.
A Nancy (54), l’établissement Nancy thermal a aussi connu une grève des surveillant.es de bassins. Le motif est ici des incivilités subies par le personnel le 25/6 (rixe, malaise, blessures).
A Rives (38), grève des agent.es municipaux.ales le 30/6 avec 70 manifestant.es devant la mairie. Il s’agit de dénoncer la gestion des personnels et l’absence de dialogue social avec le maire et son équipe, dans un contexte de réorganisation des services. Conséquences : pas d’accueil périscolaire dans les écoles, pas de service minimum en place. La permanence d’inscriptions pour la rentrée est reportée.
Autres grèves, dans le secteur privé
Avocats
Les avocat.es du Mans (72) étaient appelé.es à une journée de grève le 29/6 par le barreau, dans le cadre du mouvement national ce jour. Toujours contre le projet de loi SURE.
Mandataires judiciaires indépendants
Grève à Nantes le 30/6 des mandataires judiciaires indépendant.es (accompagnant de majeur.es sous tutelle ou curatelle), rassemblé.es devant la préfecture, pour une revalorisation des salaires, figés depuis 2014...
Commerce
Décathlon
Forte grève nationale le 6/6, première de cette ampleur dans la boite, pour des augmentations de salaires (rongés par l’inflation, tandis que les bénéfices étaient en hausse de +16% en 2025). La charge de travail se fait plus lourde vu l’insuffisance des effectifs. Un appel intersyndical CFDT/CFTC/CGT/CFE-CGC/Unsa a été lancé. Malgré une pétition signée par 1400 employé.es fin mai, la direction ne veut pas répercuter sur les salaires la hausse du SMIC de 2,41% au 1/6, et la richissime famille Mulliez refuse de mettre la main à la poche. Il y a eu plus de 1000 grévistes chez Décathlon dans le pays le 6/6 selon la direction, 3000 selon la CFDT. Distribution de tracts et appel à signer une pétition en ligne pour les soutenir devant certains magasins (plus de 5300 signatures en milieu d’après-midi).
A noter, le 6/6, des cas d’intimidation, comme à la Porte de Montreuil à Paris ; ou de répression claire : à Montivilliers (76) près du Havre, la direction de Décathlon a envoyé les flics pour casser un piquet tenu par des grévistes très peu syndiqué.es, dont un a été interpellé.
Nouvelle grève nationale le 27/6, vu la ligne patronale dure. Journée appelée par la même intersyndicale, sur les mêmes motifs. Cette date coïncide avec le premier jour des soldes d’été. Le mouvement de colère des salarié.es semble parti pour s’ancrer dans la durée.
Conforama
Chez Conforama à Dax (40), la canicule et une climatisation en panne depuis plusieurs semaines, générant des conditions de travail dégradées, sont à l’origine d’une grève appelée par FO le 24/6 de 17 à 19h.
Brico Dépôt
Cette enseigne a aussi connu un mouvement de grève important fin juin. C’est le vendredi 26/6 qui a été choisi pour lancer la mobilisation à l’échelle nationale, à l’appel de la CGT. Près de la moitié des magasins du groupe ont été touchés par la grève. Là aussi, les salaires sont minables et progressent très peu avec l’ancienneté, et les conditions de travail se dégradent, notamment parce que les départs en retraite ne sont pas remplacés. Partout, l’exigence c’est : des embauches immédiates et une meilleure grille salariale. De plus, comme s’en plaignent les grévistes de Champniers (16), c’est l’IA qui gère maintenant les plannings et qui le fait de façon tout à fait déshumanisée, conduisant à des vies de famille chaotiques.
Autres industries
Materne
A Boué (02), à l’appel de la CGT, un mouvement de grève a commencé le 11/6 à l’usine Materne, pour rouvrir des négociations salariales et obtenir de meilleures conditions de travail.
Kyrnolia Corse
Grève illimitée lancée par la CGT chez Kyrnolia (Compagnie des Eaux et de l’Ozone-Corse) à Ajaccio (2A) à partir du 9/6. Le 11/6, les représentant.es syndicaux.ales ont été reçu.es par la direction. La cause immédiate, c’est le licenciement par la direction d’un délégué syndical. Mais celui-ci intervient dans le contexte de forte conflictualité sociale, avec une grève en juillet 2025, suivie d’un protocole d’accord jamais appliqué, explique la CGT.
Hydro Extrusion
C’est une entreprise norvégienne, leader des énergies renouvelables et dans l’aluminium, implantée notamment au Garric (81). Ce site a vu le lancement d’une grève illimitée le 11/6, pour augmenter les salaires et obtenir l’annulation de la nouvelle organisation du travail estival, qui fait perdre des jours de congés aux salarié.es.
Legrand
Ce géant a décidé de fermer certains sites. L’intégralité des salarié.es de celui de Lagord (17) s’est mis.es en grève contre la fermeture programmée de celui-ci. L’usine était à l’arrêt le 22/6 et les grévistes ont monté un piquet à l’entrée de la boite.
Jeu vidéo
Grève nationale dans tout le secteur le 25/06. Le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) considère la situation du secteur comme « exceptionnellement grave », avec 1000 emplois déjà détruits ou allant disparaitre, et dénonce à la fois le patronat pour son irresponsabilité et son antisyndicalisme, et le gouvernement pour ses subventions sans contrôle à une industrie mal dirigée. Le STJV met aussi en garde sur le rôle de l’IA et le développement de la sous-traitance, tout cela devant dégrader encore considérablement les conditions de travail. Un piquet de grève a été mis en place devant Quantic Dream à Paris, car c’est la boite qui connait actuellement le plus gros plan de licenciement du secteur. Ce PSE brutal et sans respect du code du travail, notamment pour les délais, propose des indemnités misérables, et vise 115 salarié.es, environ un quart des effectifs parisiens de Quantic Dream.




