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Tsipras privatise les chemins de fer et le port du Pirée
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
En l’espace d’une semaine, le gouvernement grec de Syriza a finalisé la privatisation de la gestion du port du Pirée et l’entreprise de trains publics, afin de satisfaire les exigences de l’Union Européenne.
Josefina Martinez
Traduction par Laura Varlet
Le premier ministre grec Alexis Tsipras a conclu le processus de privatisation des chemins de fer grecs, Trainosé, pour 45 millions d’euros. Cela a provoqué une importante polémique en raison du bas prix de la transaction.
« Trainosé est le seul fournisseur en transport ferroviaire de Grèce, aussi bien en fret qu’en transport de voyageurs, et il opère des routes suburbaines, régionales et interurbaines. Pour pouvoir opérer dans certaines routes qui sont considérées comme du service public (ce sont des lignes à basse rentabilité), il recevait, jusqu’à présent, une subvention annuelle de 50 millions d’euros », affirme The Economist.
La concession des trains grecs finit ainsi sous le contrôle de l’entreprise de trains publics italienne Ferrovie dello Stato Italiane SpA, la seule qui s’est proposée lors de la dernière sollicitation.
La Commission Européenne demandait à ce que les chemins de fer soient privatisés avant la fin de l’année 2016. Selon The Economist, « si la privatisation n’était pas effectuée avant cette date limite, la Commission Européenne reprendrait les aides reçues par l’entreprise ferroviaire à hauteur de 750 millions d’euros. Cette somme est tout simplement astronomique pour Trainosé. Lorsque l’entreprise a intégré le Fond responsable pour la concrétisation des privatisations, la Commission Européenne s’est engagé à éliminer la somme ».
Le prix de vente de l’entreprise des chemins de fer de l’Etat avait déjà provoqué un séisme politique en Grèce, lorsque le gouvernement précédent avait estimé le prix de la transaction à 300 millions d’euros. Cette somme avait été critiquée par l’actuel ministre de l’Economie de Syriza, Yorgos Stazakis, qui, à l’époque, affirmait que le prix était « beaucoup trop bas ».
Au mois de juillet, les cheminots ont fait plusieurs jours de grève contre la privatisation que le gouvernement a fini de faire passer en plein milieu de l’été.
En plus de cette capitulation supplémentaire du gouvernement Syriza concernant les chemins de fer, le gouvernement a également finalisé la privatisation de la gestion du port du Pirée. Il a donné la gestion du port à une entreprise chinoise pour une période de 36 ans, en cédant de la majorité des actions de l’entreprise publique OLP à Cosco, entreprise qui a son siège à Hong Kong.
L’entreprise chinoise est propriétaire maintenant de 67% de l’OLP pour un total de 365,5 millions d’euros en deux temps. La première phase a été achevée pendant le mois d’août, et une deuxième phase est prévue pour dans 5 ans. Le port du Pirée est le plus grand centre logistique de distribution de marchandises en Grèce et dans la Méditerranée Orientale. À partir de cette opération, l’entreprise chinoise obtient majoritairement le contrôle, même si elle avait déjà le contrôle dans certaines plateformes.
Le projet de l’Union Européenne pour la Grèce : privatisations et austérité
Le projet de l’UE qui est en train d’être mis en place par le gouvernement Tsipras a fini par placer les actifs de l’Etat dans un « fond » sous contrôle strict de l’ex-Troïka, avec l’objectif de récolter jusqu’à 50 milliards d’euros avec les privatisations.
Il suffit d’aller sur le site web du « Fond de développement de la République Hellénique » pour pouvoir connaître tous les « actifs » qui sont en vente : des terres, des plages touristiques, des bâtiments publics, les chemins de fer, le port du Pirée, etc. Sur le même site internet, il est possible de voir quels sont les « actifs » en cours de privatisation, ceux qui sont déjà privatisés, etc.
Le processus massif de privatisations a commencé en Grèce il y a deux ans, sous pression du FMI et de la Troïka. Il s’agissait d’une partie des engagements imposés par les mémorandum précédents, acceptés par les gouvernements du PASOK et de la Nouvelle Démocratie.
Depuis, on a pu voir la mise en vente de ressources telles que l’entreprise d’eau de Thessalonique, d’importantes extensions de terre, des services touristiques dans les îles grecques, 14 aéroports régionaux, l’entreprise des chemins de fer de Grèce, des bâtiments publics, des autoroutes, des courses de chevaux, des entreprises de distribution du gaz, d’énergie, des ports régionaux et le port du Pirée, un des plus grands de la Méditerranée, placé stratégiquement dans une des entrées vers l’Europe.
Le gouvernement de Syriza est arrivé pour la première fois au pouvoir après avoir gagné les élections en janvier 2015. Une de ses promesses était d’en finir avec le processus de privatisations, revenir sur celles qui étaient déjà en cours, en finir avec le paiement de la dette externe, etc, pour que le peuple grec ne soit plus obligé de payer les frais de la crise capitaliste. Au mois de juillet de la même année, Tsipras a entièrement capitulé face à la Troïka et a accepté le troisième mémorandum, qui impliquait encore plus d’austérité et de privatisations. Aujourd’hui, ce même gouvernement fait encore un pas supplémentaire dans la privatisation des biens publics, et dans l’application des mesures exigées par l’UE et le FMI. La Grèce est aujourd’hui la (tragique) confirmation de l’incapacité du « nouveau réformisme » européen pour faire face à l’offensive néolibérale, et encore moins pour obtenir des réformes progressistes et à long terme qui puissent pallier à la profonde crise sociale.




