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4 choses dont Macron aurait dû se souvenir à propos de Philippe de Villiers
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.

Emmanuel Macron et Philippe de Villiers au Puy du fou vendredi 19 août. (LOIC VENANCE / AFP)
Le ministre de l'Economie s'est affiché avec le très à droite fondateur du Puy du Fou. Etait-ce vraiment une bonne idée ?
"C’est un garçon extrêmement dangereux, avec un vrai fond de méchanceté". C'est ainsi que François Léotard parlait de Philippe de Villiers en 1995. Une mise en garde dont n’a semble-t-il, jamais eu connaissance Emmanuel Macron ! Le ministre de l’Economie, tenté par la présidentielle, s’est affiché vendredi avec l'homme politique vendéen. Sourires et parkas assortis.
Officiellement, le ministre était venu saluer la "formidable réussite culturelle" du Puy du Fou. Aux journalistes présents qui s’étonnaient de cette rencontre politique insolite, Macron a une nouvelle fois joué la carte de la provocation : "Pourquoi c'est étonnant ? L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste."
Pas socialiste certes, mais pour l’heure toujours membre d’un gouvernement de gauche. Peut-être n’avait-il pas en tête le flirt de plusieurs décennies de Philippe de Villiers avec le Front national, ses positions eurosceptiques ou encore ses déclarations sulfureuses sur l’Islam… Le ministre s'est simplement contenté de faire état de "divergences réelles", sans s'étendre sur le sujet. "L’Obs" lui rafraîchit la mémoire.
Fervent soutien de Marion Maréchal Le Pen
Philippe de Villiers n’a jamais fait alliance avec le Front national. En 2006 il avait d’ailleurs décliné la proposition de Jean-Marie Le Pen, évoquant notamment ses "dérapages insupportables" sur la Seconde guerre mondiale. Mais cela n’a pas empêché de nombreuses proximités. Ainsi, Guillaume Peltier (aujourd’hui membre de Les Républicains) ancien directeur national du Front national de la jeunesse (FNJ) est devenu par la suite son directeur de campagne.
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Le Vendéen entretient également une amitié de longue date avec Aymeric Chauprade, ex-député européen FN, lequel espère une recomposition de la "droite nationale" derrière lui en 2017.
Plus récemment, Philippe de Villiers n’a pas tari d’éloge à l’encontre de Marion Maréchal Le Pen, qu’il a rencontré plusieurs fois : "Marion scintille d’intelligence et de sens national" ou encore "elle semble avoir l’étoffe et être taillée pour la haute mer."
C’est en ces termes plus qu’admiratifs qu’il qualifiait la députée frontiste pendant la campagne des régionales en décembre 2015 dans les colonnes de "Valeurs Actuelles". "Je serais content de voter pour Marion Maréchal Le Pen !", poursuivait-il sur Radio Courtoisie.
La nièce de Marine Le Pen le lui rend bien puisqu'elle le cite parmi les personnalités qu’elle verrait bien dans son gouvernement rêvé.
Obsédé par "l’islamisation"
En avril 2006, il sort un essai intitulé "Les mosquées de Roissy". Le livre est barré d’un bandeau rouge : "Nouvelles révélations sur l'islamisation en France". Il est alors menacé de poursuites judiciaires pour avoir utilisé une note interne des Renseignements généraux dont l'authenticité est contestée.
Ce thème de "l’islamisation" sera ensuite récurrent dans la bouche de Philippe de Villiers. Ce sera le thème central de sa campagne pour la présidentielle de 2007. Sur le plateau de TF1, il déclare "L’islam est le terreau de l’islamisme et l’islamisme le terreau du terrorisme". Ce qui lui vaut plusieurs plaintes qui n’aboutiront pas en raison de vices de procédures.
L’ancien candidat souverainiste voit également d’un très mauvais œil l’accueil des réfugiés en France. Selon lui, "l'islamisation de la France, sous prétexte de multiculturalisme, n'est pas un lapsus. C'est le projet de sauvetage électoral (de François Hollande) et celui des bobos. Ils veulent faire de la France un grand Kosovo islamique, sous clé américaine."
Fan de Poutine
Comme une bonne partie de la droite de la droite Philippe de Villiers ne cache pas son admiration pour l'actuel président russe. "Vladimir Poutine, le plus grand chef d'Etat actuel", a-t-il même dit en avril 2014 dans "Valeurs Actuelles". Il a d’ailleurs vendu deux parcs d’attraction à la Russie sur le modèle du Puy du fou, consacrés à l’histoire russe, l'un en Crimée annexée par la Russie et l'autre à Moscou.
Le marché a été conclu avec l’investisseur Konstantin Valerevitch Malofeev, proche de Poutine soupçonné d’avoir financé des séparatistes prorusses et dans le viseur de l’Union Européenne. Philippe de Villiers avait alors pris la défense de "son ami" évoquant des sanctions qui "ne sont fondées que sur un délit d'opinion, on lui reproche des déclarations sur son amour de la Russie, l'Union européenne est revenue au temps de la Terreur".
Anti Avortement, anti mariage pour tous, anti-euthanasie
Officiellement retraité de la politique, Philippe de Villiers est pourtant sorti de son silence médiatique en janvier 2013 pour manifester contre le mariage pour tous. Une réforme qui selon lui "prétend créer de toute pièce une famille artificielle" et "met en péril le fondement et l’avenir de notre société".
Phillippe de Villiers a aussi toujours été un fervent opposant à l’IVG. Ce qui lui faisait dire récemment : "Je suis consterné, en revanche, que toute la droite, ou presque, défende aujourd'hui l'avortement [...]. La France ne peut pas continuer à abriter ces crimes".
Signe supplémentaire, s'il en fallait, que cet engagement est toujours central, en juillet 2015, le parc du Puy du fou a fait un don de 50.000 euros à la Fondation Jérôme Lejeune, connue pour ses combats contre l’avortement et l’euthanasie.
Estelle Gross




