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Toulouse le Mirail / Psycho: "Nous sommes arrivés à un point de rupture"
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Depuis le lundi 19 septembre et la reprise des cours à l’université de Toulouse 2, les enseignants et le personnel de l’UFR de psychologie sont en grèves pour protester face à des conditions de travail intenables. Alors qu’une assemblée générale a réuni près de 300 personnes lundi, la direction de l’université ne semble pas enclin à satisfaire les revendications des grévistes. L’UFR entre ainsi dans son 3ème jour de lutte.
Julian Vadis
« Nous ne pouvons pas assurer les cours dans des conditions normales, ni respecter les consignes de sécurité »
Cette rentrée 2016/2017 devait être la mise en fonctionnement du bâtiment flambant neuf de psychologie. Pourtant, les conditions actuelles d’accueil des étudiants, la surcharge des TD et le manque de moyens en général, avaient conduit le personnel de l’UFR, réuni en assemblée générale vendredi dernier, à voter à l’unanimité la grève pour ce lundi. Une enseignante de neuropsychologie, présente sur le piquet de grève, témoigne : « En TD, nous avons à disposition des salles de cours prévues pour accueillir 25 étudiants. Pourtant, 35 à 40 étudiants sont inscrits par cours », avant de renchérir sur le cas spécifique des étudiants en master. « Alors que la loi stipule qu’un enseignant encadrant les étudiants en master ne peut accueillir plus de 16 étudiants, il y a en moyenne 33 étudiants inscrits ». Des conditions d’accueil et d’études qui ne permettent pas d’« assurer les cours dans des conditions normales, ni de respecter les consignes de sécurité », les temps d’évacuation étant naturellement rallongés par ce sureffectif. Une situation si dramatique que, ce lundi, le taux de grévistes frôlait les 100 %. Du jamais vu au Mirail depuis près de 10 ans !
À force de tendre la corde, elle casse : Les grévistes déterminés à obtenir la victoire !
« Nous sommes à un point de rupture. À force de tendre la corde, elle casse », ont ainsi expliqué les grévistes à l’assemblée générale de lundi, qui a réuni près de 300 étudiants (qui ont apportés un soutien massif au mouvement lors d’un vote indicatif), personnels et enseignants. « On refuse de refuser des étudiants ! Nous sommes un service public ! Ce n’est pas à nous de décider, avant même que vous ne commenciez vos études, de vous fermer les portes de l’université ! […] Pour peu que vous travaillez à côté, vous risquez d’être rapidement dégoûtés » assure aussi les grévistes, pointant du doigt le fait que les conditions de travail exécrable affecteraient irrémédiablement les conditions d’études des étudiants. Une situation dramatique également dénoncé par le CHSCT, qui a épinglé les conditions de travail imposées au personnel, estimant que les risques de burn-out ou autres maladies professionnelles risquaient, à l’avenir, de se multiplier. Les revendications du personnel, qui ont assuré être déterminé à maintenir le mouvement jusqu’à obtenir satisfaction, ont également été énumérées et expliquées aux étudiants durant les deux premiers jours du mouvement, à savoir :
– Utilisation immédiate des fonds disponibles dans le budget alloué à l’UFR ;
– Embauche d’un poste d’accueil, cette fonction n’étant assurée jusqu’à présent uniquement par des vacataires ;
– Un renfort en personnel de scolarité. Actuellement, une seule personne s’occupe de près de 2000 étudiants uniquement pour les 1ere année ;
– Obtention d’une dotation horaire pour accueillir les étudiants dans de bonnes conditions ;
– Augmenter le nombre de groupes de TD pour désengorger les cours ;
– L’application de la loi en ce qui concerne l’encadrement des étudiants en master ;
– Un plan de recrutement sur quatre ans ;
– Un réajustement des indicateurs d’analyse des besoins financiers.
Une journée contre la casse de l’ESR ce mercredi sur le campus.
« Nous ne lâcherons rien de nos revendications », ont assurés les grévistes avant d’insister sur le fait que « toute l’université est concernée ». En effet, l’élargissement de la grève à d’autres UFR du Mirail est une perspective forte avancé par les grévistes depuis le début du mouvement.
C’est ainsi que la journée prévu pour protester contre la casse de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, organisé par les syndicats sur le campus du Mirail ce mercredi 21 septembre, tombe à point nommé ! Outre des enseignants des divers UFR de la fac, des grévistes de l’Université Paul Sabatier seront aussi présents pour participer aux débats dès 10h à l’amphi S417 de la Maison de la Recherche avant que des prises de paroles soient organisées à 12h30, au grand air, devant l’Arche. Le programme complet de la journée est disponible ici. Une bonne occasion de pouvoir témoigner de la dégradation généralisée des conditions d’étude et d’ouvrir le débat sur les perspectives de lutte à venir. Alors que 30 millions d’euros ont été ponctionné à la caisse d’insertion des handicapés pour renforcer le budget "vigile", il est clair que l’objectif de rentabilisé le savoir tout en tentant à l’avance d’intimidé quiconque oserait se dressé face à la libéralisation des universités est aujourd’hui clairement assumé. En ce sens, il est clair que l’UFR de Psycho est un exemple à suivre, pour enrayer la machine infernale et revendiquer une université critique et populaire.




