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Rentrée noire pour l’emploi dans les banques européennes
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
Plus de 20.000 suppressions de postes viennent d’être annoncées dans le secteur bancaire. En 2015, les groupes européens avaient déjà annoncé la suppression de 130.000 emplois.
En cette rentrée, les annonces de coupes massives dans les effectifs de banques européennes se succèdent à un rythme accéléré. En l'espace de quelques jours seulement, quatre établissements viennent de rendre public des plans de restructuration et de réduction de coûts qui se traduiront par la suppression de plus de 20.000 postes.
Série de plans annoncés
La deuxième banque allemande, Commerzbank a fait savoir fin septembre qu'elle allait supprimer 9.600 postes d'ici 2020 , soit près de 20 % de ses effectifs, pour améliorer sa rentabilité. Selon ses prévisions, ce plan devrait lui permettre d'atteindre en 2020 un rendement net des fonds propres d'au moins 6%, contre 4,2% en 2015.
Lundi dernier, c'est le bancassureur néerlandais ING qui annonçait la suppression d'environ 7.000 postes dans les cinq prochaines années en Belgique et aux Pays-Bas, dont 950 chez les fournisseurs extérieurs du groupe, pour réduire ses coûts annuels de 900 millions d'euros. De quoi déclencher une vague d'émotion en Belgique, où le groupe ING va faire disparaître 4 emplois sur 10 et 600 de ses 1.200 agences. Mi-septembre, c'est le fleuron bancaire néerlandais ABN AMRO qui dévoilait son nouveau plan stratégique « Simplify », avec 1.375 suppressions d'emplois à la clé , et l'espagnol Banco Popular qui annonçait la fermeture de 300 agences dans le cadre d'un plan qui affectera jusqu'à 3.000 emplois.
2015, encore plus sombre pour l'emploi
Si l'accumulation est spectaculaire, elle intervient après plusieurs annonces de réductions d'effectifs, qui ont émaillé l'année 2016 : en France, Société Générale , BNP Paribas et HSBC ont mis en place des plans de départ concernant chacun plusieurs centaines de postes. Au printemps, Credit Suisse a décidé de supprimer 2.000 postes supplémentaires , dans ses activités de marché, jugées « surdimensionnées » et aux résultats « décevants » . Et cet été, la banque britannique Lloyds a prévenu qu'elle allait durcir son programme de réduction des coûts en supprimant 3.000 emplois et en fermant 200 agences d'ici à fin 2017.
Au total, ce sont donc plus de 30.000 suppressions d'emplois qui ont été décidées par les grands noms de la finance européenne depuis le début de l'année. Surtout, cette vague intervient après une année 2015 encore plus sombre pour l'emploi, qui s'est traduite par la suppression de près de 130.000 postes dans les grandes banques européennes.
Ces pertes massives d'effectifs reflètent la période difficile que traversent les groupes bancaires, fragilisés par les taux négatifs appliqués par la BCE, par leurs obligations de renforcer leurs fonds propres et par l'impérieuse nécessité de prendre le virage du digital. « Toutes les banques ont fait un ou deux rounds de réduction de coûts, elles sont désormais rentrées dans le dur et s'attaquent aux effectifs », conclut un banquier d'affaire.




