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Brésil: la police tire sur des militants du Mouvement des sans-terres
Ces articles de la rubrique « Ailleurs sur le web » sont publiés à titre d'information et n'engagent pas la Tendance CLAIRE.
http://www.bastamag.net/Au-Bresil-la-police-s-en-prend-aux-Sans-terres
Ce 4 novembre au matin, la police brésilienne a envahi un centre de formation du mouvement des travailleurs sans-terres (MST) dans l’État de São Paulo. Les policiers ont agi sans mandat judiciaire, dénonce le mouvement. Ils ont même fait usage de leurs armes, blessant au passage deux personnes présentes dans l’école [1]. Le MST est l’un des principaux mouvements sociaux brésiliens. Créé en 1984, à la fin de la dictature, il fédère des centaines de milliers de petits paysans et revendiquent notamment une véritable réforme agraire face à la concentration de terres entre les mains de gros propriétaires. Le MST a également contribué à la naissance des Forums sociaux mondiaux.
D’autres opérations contre le Mouvement des sans-terres se sont déroulés cette semaine dans deux autres États brésiliens, au Paraná et dans le Mato Grosso do Sul, deux régions agricoles du centre. Lors de ces descentes de police, une douzaine de militants de ce mouvement historiquement proche du Parti des travailleurs (PT, parti de la présidente Dilma Roussef destituée en août) ont été arrêtés, ainsi qu’un conseiller municipal du PT.
Les sans-terres poursuivis sont accusés de faire partie d’une organisation criminelle, de vol, de dégradation de bien, de port d’armes illégal, d’invasion de propriété [2]… Le MST a dénoncé une nouvelle tentative du gouvernement de le criminaliser.« Nous sommes un mouvement qui lutte pour la démocratisation de l’accès à la terre, cette action de la police viole les droits constitutionnels et démocratiques », a réagi le mouvement.
Pour les sans-terres, les occupations de terrains destinés à être redistribués – mais accaparés par les grands propriétaires – font partie intégrante de leurs modes d’actions, pacifiques. Mais ils sont régulièrement qualifiés de « bandits » par les médias conservateurs. Avec le retour au pouvoir de la droite, après la destitution de Dilma Roussef, les sans-terre sont dans le viseur du pouvoir, comme les autres mouvements sociaux, tels les sans-toits ou celui des lycéens lycées qui contestent la nouvelle politique d’austérité en occupant plus d’un millier de lycées (lire ici).
« Les dernières élections législatives de 2014 ont vu émerger une chambre des députés composée dans sa majorité par les secteurs les plus conservateurs et réactionnaires de la société brésilienne, les plus importants étant les groupes liés aux églises évangéliques, à la police, à ceux qui soutiennent le port d’armes et aux secteurs de l’agro-industrie », nous confiaient cet été Douglas Estevam et Miguel Stedile, membres du MST et travaillant pour le centre de formation pris d’assaut le 4 novembre. « Après avoir écarté Dilma Roussef, ces secteurs économiques et politiques cherchent à éliminer les mouvements sociaux », prévenaient-ils.




